‹ Les Pensées de Pascal, disposées suivant l'ordre du cahier autographeChapitre 30 sur 299 · CARACTÈRES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES

(1. a.) Le cœur a son ordre de la main de Pascal, non rayé (dans A seul).

(I. b.) Le CŒltr a son ordre — de la main de Pascal, rayé (dans A seul).

(IL a.) * Le cœur a son ordre d'une main étrangère, revu par Pascal (dans

A seul).

(11. b.) Le cœur a son ordre - d'une main étrangère, non revu par Pascal,

non rayé (dans A et dans les copies).

(11. ci Le cœur a son ordre — d'une main étrangère, non revu par Pascal.

et rayé (ibid.).

(III. a. et b.) Le cœur a son ordre — conservé dans les imprimés seuls: conversations de Pascal.

MASQUE DE PASCAL (profil)

Pa '

Je soussigné, prêtre-chanoine de l église de Clermont, certifie .que le présent volume, contenant pages dont la première commence

par ces mots , et la dernière par ceux-ci

. est composé des petits papiers écrits d'un côté, ou de feuilles volantes, qui ont élé trouvées après la mort de Monsieur Pascal, mon oncle, parmi ses papiers et sont les originaux du livre des Pensées de M. Pascal, imprimé che^ Despre- à Paris, pour la première fois, en l'année . et sont écrits de sa main, hormis quelques-uns qu'il a

dictés aux personnes qui se sont trouvées auprès de lui: lequel volume j'ai déposé dans la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés. pour y être ,-conservé avec les autres manuscrits que l'on y garde.

Fait à Paris, ce vingt-cinq septembre mil-sept-cent-on-c.

PÊR1ER.

L'an de grâce 1654.

Lundi, 23 novembre, jour de saint Clément, pape et martyr, et autres au martyrologe '.

veille de saint Chrysogone, martyr et autres. Depuis environ dix heures et demie du soir, jusques environ minuit et demi.

Feu.

« Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob. »

non des philosophes et des savants -.

Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix :;. Dieu de Jésus-Christ '.

« Deum meum et Deum vestrum 5. »

« Ton Dieu sera mon Dieu ';. »

1. -A fol. D — A fol. E (copie) — A 495 (copie) — BOS Tome n, fin -

FAU 1, 239 — HAV Introduction, cvi — MOL n. 154.

C'est Condorcet le premier, qui a publié cet écrit, sous le nom <f amulette mystique. FAD l'appelle plus justement le Ravissement. — L'original se trouve en tète du manuscrit, folio coté I) : au perso, l'abbé Périer a signé l'attestation suivante : « Je soussigné, prêtre chanoine de l'église de Clermont, certifie que le papier de l'autre part collé sur cette feuille, est écrit de la main de M. Pascal, mon oncle, et fut trouvé après sa mort, cousu dans son pourpoint, sous la doublure, avec une bande de parchemin où étaient écrits les mêmes mots, et en la même forme qu'ils sont ici copiés. Fait à Paris, ce 25 septembre mil sept cent onze.» — Le fol. coté V. contient ta copie. — lue autre copie a été postérieurement insérée page j,g5 de A. — FAU en a vu deux autres: l'une dans le 3 '" man. du P. Guerrier; l'autre dans le 111:111. petit in-8 qui a appartenu à Sainte-Beuve.

- ' A fol. E : martyrologe romain. -' A fol. I'. : philosophes et savants.

;; A fol. /•.' : certitude, joie, certitude, sentiment, vue. joie. — A 495 : certitude, certitude, sentiment, vue. joie, paix. ' A ' fol. D : Dieu de Jésus-Christ, Dieu de

Jésus-Christ. •'■ A fol. E et A 495 : Vestrum. » (.Ion., xx, 17.) ' \ fol. I-'. et A

Oubli du monde et de tout, hormis Dieu :

il ne se trouve que par les voies enseignées dans 7 l'Evangile. Grandeur de l'âme humaine.

« Père juste, le monde ne t'a point connu s. mais je t'ai connu '■'. » Joie, joie, joie, pleurs de joie w.

Je m'en suis séparé.

« Dereliquerunt me fontem aquae vivae. »

« Mon Dieu, me quitterez-vous ? »

Que je n'en sois pas séparé éternellement ! « Cette est la vie éternelle, qu'ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »

Jésus-Christ.

Jésus-Christ.

Je m'en suis séparé ; je l'ai fui, renoncé, crucifié. Que je n'en sois jamais séparé !

11 ne se conserve que par les voies enseignées dans l'Evangile. Renonciation totale et douce ll.

Soumission 12 totale à Jésus-Christ et à mon directeur.

Eternellement en joie pour un jour d'exercice sur la terre. «. Non obliviscar sermones tuos. » Amen.

495 : mon Dieu. » (Ruth.) = = ' A1 fol. D : par l'Evangile. = n A fol. D : connu a été deux fois rayé, puis rétabli. = s A fol. E et A 495 : connu. (Jean, xvii.) = 10 A fol. E : joie et pleurs. " A fol. D : et douce, etc. - '-' L'authenticité des

dernières lignes (Soumission totale tuos. Amen.) n'est pas certaine. Elles ne se

trouvent pas. en effet, dans le papier original (A fol. D), mais seulement dans la copie (A fol. E). II faudrait donc admettre que le parchemin, qui a disparu, était plus complet que la copie, et que c'est sur le parchemin que cette copie a été prise. Le P. Guerrier dit le contraire (Edit. FAT Tome 1 , p. 241-2421 mais par une erreur évidente. De plus, la lecture de ces lignes est douteuse, car l'abbé Périer a écrit en marge de la copie (A. fol. E) : « On n'a pu voir distinctement que certains mots de ces deux lignes » : et le P. Guerrier (Edit. FAU, ibid.) atteste que ces lignes « plutôt devinées que lues » n'ont été ajoutées à l'écrit que « trente ans après la mort » de Pascal.

— Pour les citations, voir: « Dieu d'Abraham », Exode m, 6. — « Deum

meum », Jean, xx, 17. — « Ton Dieu sera » Ruth, i, 16. — « Père juste »

Jean, xvii, 25. — « Dereliquerunt », Jeremie, 11. 1 3. — « Mon Dieu, me quitterez.. .. »

Matthieu, xxvii, 46. — « Cette est la ». Jean, xviii. 3. — «■ Non obliviscar »

Psai vie cxviii, 1 6. (HAY)

— Sur le sens et la portée de cet écrit, voir /'Introduction.

Guerre intestine de l'homme entre la raison et les passions. S'il

n'avait que la raison, sans passions : s'il n'avait que les passions

sans raison : mais, ayant l'un et l'autre1, il ne peut être sans guerre,

ne pouvant avoir paix avec l'un qu'avant guerre avec l'autre : aussi -, il est toujours divisé et contraire à lui-même.

H. 5 '. [i] En voyant l'aveuglement et la misère de l'homme, en regardant tout l'univers muet, et l'homme sans lumière, abandonné à lui-même, et comme égaré dans ce recoin de l'univers, sans savoir qui l'y a mis. ce qu'il y est venu faire, ce qu'il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j'entre en eh'roi, comme un homme ' qu'on aurait porté endormi dans une île déserte et effroyable :i. et qui s'éveillerait sans connaître où il est. et sans moyen d'en sortir l. [2] Et, sur cela •"'. j'admire comment on n'entre point en désespoir d'un si misérable état. Je vois d'autres personnes auprès de moi, d'une semblable nature 6 : je leur demande s'ils sont mieux instruits que moi : ils me disent que non : et, sur cela, ces misérables égarés, avant regardé autour d'eux et avant vu quelques objets plaisants, s'y sont donnés et s'y sont attachés. Pour moi. je n'ai pu y prendre d'attache, et, considérant combien il v a plus d'apparence qu'il y a autre chose que ce que je vois, j'ai recherché si ce Dieu n'aurait point laissé quelque marque de soi '.

[3] Je vois plusieurs religions contraires, et partant toutes fausses, excepté une. Chacune veut être crue par sa propre autorité, et menace les incrédules. Je ne les crois donc pas là-dessus: chacun peut dire cela,

'2.. A i (une petite croix en tète) — B 358 — C 3 1 5 — POK ix. X —

BOS II, xvn, 68 — FAU 11, 79 — HAV sxiv, 5; MOL 1. 82.

— ' A1 ayant l'un et l'autre, il ne peut avoir paix, etc. (il ne peut pouvant :

en surchargé). - MOL ainsi.

3. A 1 (une petite croix en tête) - B 90 — C 1 16 — POR vin, 1. Le % 3

qui manquait d'abord a été inséré plus tard au chapitre II. — BOS II. VII, 1 : et II, iv, s — FAU ir, 269 - HAV \i. 8 - MOI. 1. 281.

' HAV et MOL suppriment ce litre. ' V comme un enfant. ' ,V dans

un bois effroyable, ' A1 sans connaître où il est. sans force pour en sortir, sans

compagnie pour assistance. ' A1 et sur cela, voyant d'autres personnes auprès

de moi. de même nature... (j'admire comment... état : en surcharge). ,; A1 nature.

et ce qui est prodigieux, et que... ' FAU quelques marques en soi.

chacun peut se dire prophète. Mais je vois la chrétienne où se trouvent 6 des prophéties, et c'est ce que chacun ne peut pas !) faire.

La concupiscence nous est devenue naturelle et a fait notre seconde nature. Ainsi, il a deux natures en nous : l'une bonne — l'autre mauvaise. Où est Dieu ? où vous n'êtes pas — et le royaume de Dieu est dans vous. (Rabbins.)

Figuratif. — Dieu s'est servi de la concupiscence des Juifs, pour les faire servir à Jésus-Christ 1.

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