‹ Les Pensées de Pascal, disposées suivant l'ordre du cahier autographeChapitre 65 sur 299 · i] La 1 religion païenne est sans fondement · texte numérisé non relu

i] La 1 religion païenne est sans fondement

[2] aujourd'hui. On dit qu'autrefois elle en a eu par les oracles qui ont parlé. Mais quels sont les livres qui nous en assurent ? Sont-ils si dignes de foi par la i>crtu de leurs auteurs? Sont-ils conservés avec tant de soin qu'on puisse s'assurer qu'ils ne sont point corrompus ?

[3] La religion mahométane a pour fondement LAlcoran et Mahomet. Mais ce prophète qui devait être la dernière attente du monde, a-t-il été prédit - ? Quelle marque a-t-il que n'ait aussi tout homme qui se voudra dire prophète ? Quels miracles dit-il lui-même avoir faits ? Quels mystères 3 a-t-il enseignés selon sa tradition même ? Quelle morale et quelle félicité ?

[4] La religion juive doit être regardée différemment dans la tradition des Livres Saints 4 et dans la tradition du peuple : la morale et la félicité en est ridicule dans la tradition du peuple : mais elle est admirable dans celle [des Livres Saints] 5. [5] (Et 6 toute religion est de même : car la 7 chrétienne est bien différente dans les Livres Saints et dans les casuistes.) [6] Le fondement en est admirable : c'est le plus ancien livre du monde et le plus authentique : et, au lieu que Mahomet, pour faire subsister le sien, a défendu de le lire, Moïse, pour faire subsister le sien, a ordonné à tout le monde de le lire.

[7] Notre religion est si divine, qu'une autre religion divine n*en a été que le fondement.

1 II ! y a assez de clarté pour éclairer les élus et assez d'obscurité

144. A 55 (d'une main étrangère, revue par Pascal. Le % 2 rayé.) — B 121 — C [48 — POR xvii. 1 — BOS II. xii, 7 -- FAU 11, 335 — HAV xix, 7 - MOL 1, 177.

- ' A1 et MOI.. Fondement de notre foi. 1 Titre rayé.) '-' FAU prédit, et

quelle. :; FAU quel mystère a-t-il enseigné. 4 A1 leurs saints. ' A. HAV,

MOL leurs saints. /Mais le copiste qui avait antérieurement fait la même faute s'était corrigé {note 4) et dans la phrase que Pascal a écrite de sa main (§ 5) il y a « Livres Saints », ce qui montre bien qu'il faut encore corriger celte seconde faute). i; Note

en marge de la main de Pascal. Placée par IIAY après tradition du peuple, par l'Ai et MOL après le % 6. ' FAU le christianisme est bien différent.

145. A 57 — B 1 19 - C 145 — POR xviii, 2 et 17 et 18; et xi. 2 - BOS II. mu. 2 et in ; et II, vin. 18 — FAU 11, 263 - HAV \x. 1 1% 1) : et \\, i3 (| 21 ; et xw, 1 58 (§ 3> : et w. i5 (§ 5)— MOL 11, 1 3 1% 21 : et 1, 271 (§ 3); et 1. 324 1% 4) : et 1. 190 (| 5). HAV et MOL ont fait une pensée différente de chaque alinéa. Il n'y a là cependant qu'une série d'exemples de ce mélange de clai'té et d'obscurité, dont parlent les premières lignes. HAV soude le % 1 à la pensée 14-7. MOL le supprime.

— ' C Aveugler; éclairer. Il y a.

pour les humilier. Il y a assez d'obscurité pour aveugler les réprouvés et assez de clarté pour les condamner et les rendre inexcusables. (Saint Augustin, Montaigne. Sebonde.)

2 La généalogie de Jésus-Christ dans l'Ancien Testament est mêlée parmi tant d'autres inutiles, qu'elle ne peut être discernée. Si .Moïse n'eût tenu registre que des ancêtres de Jésus-Christ, cela eût été trop visible. S'il n'eût pas marqué celle de Jésus-Christ, cela n'eût pas été assez visible. Mais, après tout, qui 2 y regarde de près voit celle de Jésus-Christ, bien discernée par Thamar Gen., xxxvih, 29], Ruth Ruth, iv. 17-22 , etc. 3.

3 Ceux qui ordonnaient ces sacrifices en savaient l'inutilité; et ceux qui en ont déclaré l'inutilité n'ont pas laissé de les pratiquer ad Hebr., 5- 12 '.

4] Si Dieu n'eût permis qu'une seule religion, elle eût été trop reconnaissable ; mais, qu'on y regarde de près, on discerne bien la vérité dans cette confusion.

5 Principe : Moïse était habile homme : si donc il se gouvernait par son esprit, il ne dirait rien 4 nettement qui fût directement contre l'esprit. Ainsi, toutes les faiblesses très apparentes sont des forces. Exemple : les deux généalogies de saint Matthieu 5 [1], et de saint Luc m . qu'y a-t-il de plus clair, que cela n'a pas été fait de concert ?

Tout homme peut faire ce qu'a fait Mahomet ; car il n'a point fait de miracles : il n'a point été prédit. Nul ne peut faire ce qu'a fait Jksi's-Christ.

A Po-R» (Commencement ; après avoir expliqué l'incomprèhensibilité.) — I [1] Les grandeurs et les misèresde l'homme sont tellement

- FAU qui regarde. - = :! A1 Ruth. etc. Si les Evangiles se sont contredits, c'est

que ' Il AV. MOL il ne devait rien [dire]. Mais devait me parait très lisible

dans A. "■ MOL Matthieu et S' Luc.

446. A 57 (d'une main étrangère) — B 164 — G iq5 — POR xvtr. 6 —

BOS IL xii. 10 — FAU 11. 335 — IIAV xix. 10 — MOL 1. 179.

147. A 317 recto (§ 1-6) et 3 1 8 verso (§ 7-9) et 32 1 recto (§ 10-11

et 12 bis) et 322 perso (§ 1 2-1 5) et 325 recl<> (§ 16-19) ct ^2f) verso (I 20-21) et 57 (| 22) — B 69 (| 1-2 1) et 121 (| 22) — G g5 (1-2 1) ct 147 (| 22') — POR tu. 1 et 2 et 3 et 10 et 11 et 12 et i3: et xvm, 1 : et iv 1 : et wvm. 06 — BOS IL v. 1 et 2 et 5 et 12 : et IL xvu. 60 : et IL xm. 1 — FAU 11. [52 (f 1-9) ; et n. 147 (f 10-22) —

visibles, qu'il faut nécessairement que la véritable religion nous enseigne 1. et qu'il y a quelque grand principe de grandeur en l'homme, et qu'il y a un grand principe de misère. Il faut donc qu'elle nous rende raison de ces étonnantes contrariétés.

[2] Il faut que, pour rendre l'homme heureux, elle lui montre qu'il y a un Dieu : qu'on est obligé de l'aimer ; que notre vraie félicité est d'être en lui, et notre unique mal d'être séparé de lui ; qu'elle reconnaisse que nous sommes pleins de ténèbres qui nous empêchent de le connaître et de l'aimer: et qu'ainsi nos devoirs nous obligeant d'aimer Dieu, et nos concupiscences nous en détournant, nous sommes pleins d'injustice. [3] II faut qu'elle nous rende raison de ces oppositions que nous avons à Dieu et à notre propre bien. Il faut qu'elle nous enseigne les remèdes à ces impuissances, et les moyens d'obtenir ces remèdes -. Qu'on examine sur cela toutes les religions du monde 3, et qu'on voie s'il y en a une autre que la chrétienne qui y satisfasse. 4 Sera-ce les philosophes, qui nous proposent pour tout bien les biens qui sont en nous ? Est-ce là le vrai bien 4? Ont-ils trouvé le remède à nos maux? Est-ce avoir guéri la présomption de l'homme que de l'avoir mis à l'égal de Dieu ? Ceux qui nous ont égalés aux bêtes 5, et les mahométans qui nous ont donné les

HAV xu, 1 (| 1-9) et 2 (| 11); et xn. 3 1% i3)et 4 (§ \\) et 20 (§ i5-i8) et 5 (f 19); et xx. 1 (| 20-22) — MOI. r. 274 (§ 1-141; et r. 285 (| i5-i8); et 1, 27K (§ tg); et 1. 3 16 (| 20-22).

On trouve à la page 5-j de A, une fin de phrase (tempère, etc.) avec celte indication : à Port-Royal pour demain 2. Le morceau intitulé : A Port-Royal pour demain se trouve a la page 32 1 et se termine a la page 3 26. précisément par la phrase interrompue qu'on lit A 5j. Ce morceau se compose de trois parties : d'abord un discours, une prosopopée. comme dit le titre — puis des noies plus ou moins développées, qui résument évidemment les idées qui devaient être exprimées dans le corps du discours — enfin de nouveau le discours suivi. Mais ce fragment lui-même se rattache clairement à un autre morceau intitulé : A Port-Royal, Commencement, après avoir expliqué l'incrédulité, qui se trouve A 3lj et 3 iH, sur même papier, et de la même écriture. Il est impossible d'en douter quand on remarque que ce dernier fragment introduit la prosopopée de l'autre, et nous explique dans la bouche de quelle personnification elle est mise. Il est d'ailleurs facile de voir que la fin du premier morceau (§ 6-g) et le commencement du second (§ 10-18) nous offrent deux rédactions du discours, différentes seulement par la forme, mais identiques quant au fond, et que Pascal aurait plus tard ou préférées l'une à l'autre, ou combinées ensemble. Je crois donc que FAU, HAV et MOI. ont eut tort de voir l'a un nombre plus ou moins grand de pensées différentes, qu'il n'en faut au contraire faire qu'une, et en présenter les parties dans l'ordre où je les présente.

1 A1 enseigne et qu'elle lui apprenne qu'il y a. - A' ces remèdes. Il tant.

et c'est là A1 toutes les religions et les sectes du monde. ' A1 bien ?

Kst-ce apporter \' aux bêtes, et nous ont déclarés incapables de toute commu-

nication divine V nous ont égalés aux bétes ont-ils apporté (et les maho-

plaisirs de la terre pour tout bien, même dans l'éternité, ont-ils apporté le remède à nos concupiscences ?

[51 Quelle religion nous enseignera donc à guérir 6 l'orgueil et la concupiscence ? Quelle religion enfin nous enseignera notre bien, nos devoirs, les faiblesses qui nous en détournent, la cause de ces faiblesses, les remèdes qui les peuvent guérir, et le moyen d'obtenir ces remèdes ? Toutes les autres religions ne l'ont pu. Voyons ce que fera la Sagesse de Dieu.

6 « N'attendez pas ', dit-elle, ni vérité ni consolation des hommes. Je suis celle qui vous ai formés, et qui puis seule vous apprendre qui vous êtes. Mais vous n'êtes plus maintenant en l'état où je vous ai formés. J'ai s créé l'homme saint, innocent, parfait; je l'ai rempli de lumière et d'intelligence: je lui ai communiqué ma gloire et mes merveilles. L'œil de l'homme voyait alors la majesté de Dieu :'. Il n'était pas alors dans les ténèbres qui l'aveuglent, ni dans la mortalité et dans les misères qui l'affligent. [7] Mais il n'a pu soutenir tant de gloire sans tomber dans la présomption. Il a voulu se rendre centre de lui-même et indépendant de mon secours. Il s'est soustrait de ma domination ; et, s'égalant à moi par le désir de trouver sa félicité en lui-même 10, je l'ai abandonné à lui, et révoltant les créatures qui lui étaient soumises, je les lui ai rendues ennemies : en u sorte qu'aujourd'hui l'homme est devenu semblable aux bêtes, et dans un tel éloignement de moi qu'à peine lui reste-t-il une lumière confuse de son auteur : tant toutes ses connaissances ont été éteintes ou troublées ! [8] Les sens indépendants de la raison, et souvent maîtres de la raison, l'ont emporté à la recherche des plaisirs. Toutes les créatures ou l'affligent ou le tentent, et dominent sur lui I2, ou en le soumettant par leur force, ou en le charmant par leur douceur, — ce qui est une domination plus terrible et plus impérieuse. Voilà l'état où les hommes sont aujourd'hui. Il leur reste quelque instinct impuissant du bonheur de leur première nature, et ils sont plongés dans les misères de leur aveuglement et de leur concupiscence, qui est devenue leur seconde nature. »

[9] « De ce principe que je vous ouvre, vous pouvez reconnaître la cause de tant de contrariétés qui ont étonné tous les hommes, et qui les

métans... éternité : en surcharge.) = ,: A1 guérir notre orgueil et notre concupiscence. 7 A1 n'attendez point, ô hommes. = s A1 je vous ai créés saints. !l A1 la majesté

de Dieu, mais n'a pu supporter. =. 10 FAU ponctue de ma domination (virgule') en

lui-même (point 1. - " HAV de sorte. '-' A' sur lui par leur force ou par leur

ont partagés 13 en de si divers sentiments. Observez 14 maintenant tous les mouvements de grandeur et de gloire 15 que l'épreuve de tant de misères 16 ne peut étouffer, et voyez s'il ne faut pas que la cause en soit en une autre nature. »

Il A Po-R. pour demain (Prosopopée) l. — io1 «C'est en vain, ô hommes, que vous cherchez dans vous-mêmes le remède à vos misères -. Toutes vos lumières ne peuvent arriver qu'à connaître que ce n'est point dans vous-mêmes que vous trouverez ni la vérité ni le bien 3. Les philosophes vous l'ont promis, et ils n'ont pu le faire : ils ne savent ni quel est votre véritable bien, ni quel est votre véritable état '. »

[12 bis] « Je suis la i i « Comment auraient-ils donné

seule qui peut vous apprendre des remèdes à vos maux, qu'ils n'ont 5 pas ces choses: je les enseigne à seulement connus ? Vos maladies princiceux qui m écoutent. Les livres pales sont l'orgueil '' qui vous soustrait que j'ai mis entre les mains des de Dieu, la concupiscence, qui vous hommes les découvrent bien attache à la terre 7, et ils n'ont fait autre nettement. Mais je n'ai pas chose qu'entretenir au moins l'une de ces voulu que cette connaissance maladies. S'ils vous ont donné Dieu pour fût si ouverte. J'apprends objet, ce n'a été que pour exercer votre aux hommes ce qui les peut superbe : ils vous ont fait penser que rendre heureux : pourquoi vous lui étiez semblables et conformes refusez-vous de m'ouïr? Ne par votre nature. Et ceux qui ont vu la cherche^ pas de satisfaction vanité de cette prétention vous ont jetés dans la terre : ri espère % rien dans l'autre précipice, en vous faisant des hommes. Votre bien n'est entendre que votre nature était pareille à qu'en Dieu, et la souveraine celle des bêtes \ et vous ont portés à cher-

1 V partagés en tant de divisions. - " A1 Suivez maintenant '• A1 de grandeur

et d'ambition. ls A1 de misère. Vous n'y trouverez pas cette vive — A- misère,

ne vous est pas. — A3 misère doit vous servir

— II ' Ce mot prosopopée me paraît bien constituer un renvoi aux pages

précédentes. - A' misères : vous ne trouverez que leur 3 A' le bien et

qu'ainsi ' Ici, Pascal avait d'abord écrit les lignes qui forment la colonne de

gauche. Il les a ensuite rayées pour compléter le développement commencé sur l'impuissance des philosophes : et il allait les reprendre sous une autre forme (je puis seule vous faire entendre, etc.) quand il a cessé de rédiger le discours. Ces lignes correspondent donc au paragraphe 12: c'est pourquoi je les ai numérotées 12 bis. "' F AU maux, puisqu'ils ne les ont pas. (l A1 l'orgueil et la concupiscence

'qui vous soustrait de Dieu : en surcharge). • A1 la concupiscence qui vous

soustrait de l'obéissance. A- qui vous soustrait de la dépendance. - A:1 qui vous

attache à la terre: or tous les remèdes à l'orgueil est l'humilité — A1 qui vous

attache à la terre, or tous les remèdes à ces maux sont l'humilité et s A1 des

bètes. Les uns vous ont égalés à Dieu, les autres vous ont assimilés aux bètes

félicite consiste à connaître cher votre bien dans les concupiscences Dieu, à s'unir à lui dans qui sont le partage des animaux. i 2 Ce !l l'éternité. Votre devoir est à n'est pas là le moyen de vous guérir de l'aimer de tout votre cœur. Il vos injustices 10. que ces sages n"ont point

vous a créés » connues. Je puis seule vous faire entendre

qui vous êtes n »

III [i3] Adam — Jésus-Christ l.

Si on vous unit à Dieu, c'est par grâce, non par nature : si on vous abaisse, c'est par pénitence, non par nature : ainsi, cette double capacité...

[14] Vous n'êtes pas dans l'état de votre création.

Ces deux états étant ouverts, il est impossible que vous ne les reconnaissiez pas. Suivez vos mouvements, observez-vous vous-mêmes, et voyez si vous n'y trouverez pas les caractères vivants de ces deux natures. Tant de contradictions se trouveraient-elles dans un sujet simple ?

ii:>j Incompréhensible2? — Tout ce qui est incompréhensible ne laisse pas d'être : le nombre infini, un espace infini égal au fini.

Incroyable que Dieu s'unisse à nous 2? — Cette considération n'est tirée que de la vue de notre bassesse. Mais si vous l'avez bien sincère, suivez-la aussi loin que moi, et reconnaissez que nous sommes en effet si bas, que nous sommes par nous-mêmes incapables [16] de connaître 3 si sa miséricorde ne peut pas nous rendre capables de lui. Car je voudrais savoir d'où cet animal !, qui se reconnaît si faible, a le droit de mesurer la miséricorde de Dieu, et d'y mettre les bornes que sa fantaisie lui suggère. Il sait 5 si peu ce que c'est que Dieu, qu'il ne sait pas ce qu'il est lui-même : et, tout troublé de la vue de son propre état, il ose dire que Dieu ne le peut pas rendre capable de sa communication 6. [17 Mais je voudrais lui 7 demander si Dieu demande autre chose de lui, sinon qu'il l'aime en le connaissant; et pourquoi il croit que Dieu ne peut se

8 ,4 partir d'ici, A 322. - 10 A' de vos injustices, vous devez bien " Pascal

avait écrit en marge : je ne demande pas de vous une créance aveugle, annonçant ainsi le développement qui viendra plus loin : je n'entends pas que vous soumettiez

votre créance Puis il l'a rayé.

— III J [ci, s'interrompt le discours. Pascal note seulement les idées qu'il doit développer. Adam — Jésus-Christ annonce évidemment un développement à faire sur l'idée de la double nature de l'homme, ta concupiscence et la grâce. {Cf les pensées c)02 et ioy.) = - Incompréhensible, incroyable sont évidemment des objections. Me dire-y-vous, dit Pascal, que cela est incompréhensible ? je réponds, etc.

:! A' connaître si nous sommes incapables de Dieu et si - ' .V d'où l'on prend

l'assurance. = ■"' A1 II ne sait ce qu'il est lui-même. - - i: A1 capables de venir à

lui. - 7 A1 lui demander s'il n'est pas capable d'amour (Si Dieu demande aimable

à lui, puisqu'il est naturellement : en surcharge).

rendre connaissable et aimable à lui. puisqu'il est naturellement capable d'amour et de connaissance. Il est sans doute qu'il connaît au moins qu'il est, et qu'il aime quelque chose s. i8"j Donc s'il voit quelque chose dans les ténèbres où il est, et s'il trouve quelque sujet d'amour parmi les choses de la terre ;' pourquoi, si Dieu lui donne quelque rayon de son essence, ne sera-t-il pas capable de le connaître 10 et de l'aimer en la manière qu'il lui plaira se communiquer à nous. Il y a donc sans doute une présomption insupportable dans ces sortes de raisonnements, quoiqu'ils paraissent fondés sur une humilité apparente, qui n'est ni sincère, ni raisonnable, si elle ne nous fait confesser que, ne sachant de nous-mêmes qui nous sommes, nous ne pouvons, l'apprendre que de Dieu.

IV [19] « Je n'entends 1 pas que vous soumettiez votre créance à moi sans raison, et ne prétends pas vous assujettir avec tyrannie. Je ne prétends pas aussi vous rendre raison de toutes choses ; et pour accorder ces contrariétés j'entends vous faire voir clairement, par des preuves convaincantes, des marques divines en moi. qui vous convainquent de ce que je suis 2 et m'attirent autorité par des merveilles et des preuves que vous ne puissiez refuser: et3 qu'ensuite vous croyiez sûrement les choses que je vous enseigne, quand vous n'y trouverez autre sujet de les refuser, sinon que vous ne pouvez par vous-même connaître si elles sont ou non. »

20] « Dieu * a voulu racheter les hommes, et ouvrir le salut à ceux qui le chercheraient. Mais les hommes s'en rendent si indignes 5 qu'il est juste que Dieu refuse à quelques-uns, à cause de leur endurcissement, ce qu'il accorde aux autres par une miséricorde qui ne leur est pas due ,;. S'il eût voulu surmonter l'obstination des plus endurcis, il l'eût pu. en se découvrant si manifestement à eux qu'ils n'eussent pu douter de la vérité de son essence, comme il paraîtra au dernier jour, avec un tel éclat de foudres et un tel renversement de la nature, que les morts ressusciteront 7 et les plus aveugles le verront. »

2i «Ce n'est pas en cette sorte qu'il a voulu paraître dans son

s A1 et qu'il aime des choses si peu aimables, puisqu'il ne pourra pas connaître Dieu. :' A1 des choses si peu aimables. '" A1 pourquoi il ne pourra pas connaître que Dieu

qui est le

— IV ' [ci la prosopopée reprend. '-' A1 suis, et qu'ensuite (et m'attirent

puissiez refuser : en marge après coup). ; A1 afin qu'ensuite. .MOI. et

qu'ensuite vous croyiez sciemment. ' \' Dieu ayant voulu racheter les hommes et

produire. A1 si indignes et si iniques. ,; A1 due. Il ne serait donc pas juste

7 l'Ai ' ressuscites.

avènement de douceur; parce que, tant d'hommes se rendant indignes de sa clémence, il a voulu les laisser dans la privation du bien qu'ils ne veulent pas s. Il n'était donc pas juste qu'il parût d'une manière manifestement divine et absolument capable de convaincre tous les hommes; mais il n'était pas juste aussi qu'il vînt d'une manière si cachée, qu'il ne put être reconnu de ceux qui le chercheraient sincèrement. Il a voulu se rendre parfaitement connaissable à ceux-là; et ainsi, voulant paraître à découvert à ceux qui le cherchent de tout leur cœur et caché à ceux qui le fuient de tout leur cœur, [22] il tempère sa connaissance en sorte qu'il a donné des marques de soi visibles 9 à ceux qui le cherchent, et 10 non à ceux qui ne le cherchent pas. »

« Il y a assez de lumière pour ceux u qui ne désirent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux qui 12 ont une disposition contraire 13. »

Jésus-Christ est venu aveugler ceux qui voyaient clair — et donner la vue aux aveugles : guérir les malades — et laisser mourir les sains J ; appeler à pénitence et justifier les pécheurs — et laisser les justes dans leurs péchés : remplir les indigents — et laisser les riches vides.

Sainteté. — « Effundam spiritum meum. » [Joël ri, 28]. Tous les peuples étaient dans l'infidélité et dans la concupiscence ; — toute la terre fut ardente de charité : les princes quittent leurs grandeurs, les filles souffrent le martyre. D'où vient cette force ? c'est que le Messie est arrivé : voilà l'effet et les marques de sa venue.

* V veulent pas rechercher. "A1 des marques visibles de soi aux uns. '" A1 et

invisibles à ceux qui ne le cherchent pas. — FAU et obscures à ceux. " A1 lumière

pour ceux qui veulent voir. '-' A1 qui ne désirent pas. — A- qui n'ont pas

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