‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 125 sur 192 · CHAPITRE VI. LES HISTORIENS TURCS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. LES HISTORIENS TURCS

ché une préférence que n'ont heureusement pas tous les biographes turcs. Cet éloge est écrit avec plus d'effort que de goût. Il montre cependant que les Turcs ont eu le mérite d'aimer le travail d'ornementation littéraire, bien qu'ils l'aient quelquefois appliquée mal à propos :

« Il naquit ('Abd ou'1-Bâki) dans la capitale sublime — que les vicissitudes du temps ne la renversent pas ! — Il y grandit suçant le lait des arts, tournant rapidement dans leur arène ; et lorsque les mains de l'intelligence eurent dénoué les amulettes de l'enfance, et que l'âge du discernement eut fait souffler sur lui l'aquilon et l'eurus, il s'accrocha aux pans du manteau de l'honneur et à ses manches, il cueillit les fruits des sciences selon leurs espèces, et se hâta avec un redoublement de zèle. Il demanda de l'eau aux abreuvoirs des meilleurs maîtres, et en tira profit, jusqu'au moment où brillèrent sur lui les lumières de celui qui était le soleil de son âge et la gloire de sa ville, le mawlaAbou es-So'oud el-'Imâdi — que les nuées du ciel arrosent sa poussière ! — Il fut assidu à ses leçons et s'attacha à lui et eut l'honneur de lui être étroitement lié. Il enivra les intelligences de sa poésie aux douces harmonies, et elle tourna sur les langues des gens comme la coupe tourne dans une société d'amis. Cette poé ie renfermait en elle tous les sens de l'ivresse ; celui

qui en avait appris par cœur un distique ne pouvait l'oublier. Soleïman lui-même fut enivré du parfum de ses vers, et il répandit sur les belles ordonnances de son style les perles de sa générosité et de ses bienfaits. La situation du poète devint brillante, sa gloire poétique grandit. La munificence de Soleïman le revêtit comme d'un manteau et le chargea d'une école avec... Il ne cessa d'être entouré de la faveur du prince, conduisant les écoles par les voies les plus florissantes, jusqu'à ce que l'une des universités de Soleïman fût éclairée des lumières de sa science et que le cou du temps fût décoré du collier de ses vers et de sa prose. Ensuite il quitta ce poste sous quelque prétexte, pris tout entier par le métier des belles-lettres ; et le cou de la capitale perdit la parure de sa personnalité et les séances où l'on goûtait le plaisir de ses causeries devinrent désertes. Puis l'oiseau de son bonheur déploya ses ailes au-dessus de l'université Soleïmanienne dans la capitale bien fortifiée. Et la faveur l'atteignit de nouveau ; il fut honoré du poste de Kâdi dans La Mecque vénérable, (que Dieu accroisse sa gloire et sa puissance, et qu'elle ne cesse d'être la pleine lune dans la sphère de la protection divine). — Puis il se transporta de territoire saint en territoire saint, sans dépasser le Nedjd et Dou Salem. Ensuite il fut nommé Kâdi dans

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