‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 13 sur 192 · CHAPITRE PREMIER. LES SOUVERAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. LES SOUVERAINS

Houlâgou ; elle leur donna une excellentée ducation et sut maintenir les officiers dans le devoir. Cette princesse était chrétienne ; elle honorait, dit Abou'l-Faradj, les évêques et les moines ; elle apprenait leurs prières et leurs bénédictions ; et on aurait pu lui appliquer cette parole d'une poète : « Si toutes les femmes étaient « semblables à celle-là, leur sexe s'élèverait au- « dessus de celui des hommes. »

En 649, les membres de la famille de Djenghîz Khan et les grands de la nation s'assemblèrent en une diète et donnèrent le pouvoir à Mongou Khan, frère aîné de Houlâgou. « Ils découvrirent leurs têtes et rejetèrent leurs ceintures sur leurs épaules, puis le placèrent sur le trône et s'agenouillèrent neuf fois devant lui. » Mongou Khan établit ses frères, qui étaient au nombre de sept, sur différentes parties de son empire. A Houlâgou il donna l'Occident et le chargea de poursuivre la conquête mongole de ce côté.

En 651, Houlâgou se dirigea des frontières du Karakoroum vers l'Occident, emmenant avec lui une partie del'armée mongole ; on lui avait donné deux hommes sur dix.Il combattit les Ismaéliens, alors très puissants en Perse, assiégea leurs châteaux et demanda l'aide du Khahfe de Bagdad ; mais les vizirs s'y refusèrent, disant qu'il était un homme sans foi, et qu'il cherchait seulement à dégarnir la capitale de troupes,

pour la prendre ensuite plus facilement. Lorsqu'il se fut rendu maître des châteaux des Ismaéliens, il envoya au Khalife une seconde ambassade pour lui reprocher son refus. Le vizir craignant sa colère, songea à l'apaiser par de riches présents ; mais un conseiller dit : le vizir ne cherche qu'à se gagner à lui-même la faveur d'Houlâgou et à s'arranger avec lui aux dépens du Khalife. On n'envoya alors au conquérant que des objets sans valeur ; celuici blessé se dirigea sur Bagdad.

La ville était alors en proie à des troubles perpétuels occasionnés par les rivalités confessionnelles entre Chiites et Sunnites. Les Chiites étaient persécutés, et le Khalife, dit-on, avait été jusqu'à les proscrire et à permettre aux Sunnites de piller leurs biens, de démolir leurs maisons et même de traîner en esclavage leurs femmes et leurs enfants. Làdessus le ministre Alkami, sympathique en secret aux Chiites, aurait appelé Houlâgou. Le chef mongol défit sans peine l'armée de Bagdad et vint mettre le siège devant la ville. Les travaux furent poussés avec ardeur. En un jour et une nuit, les Mongols bâtirent du côté oriental de la ville un mur élevé ; ils en firent autant du côté occidental. Ils creusèrent un fossé profond à l'intérieur de ces murs ; puis de tous côtés ils dressèrent les machines et disposèrent

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