Trad. en français par G. Macridès, Paris
qui devait être une œuvre monumentale ; le premier volume a seul paru ; mais ce volume est consacré aux Janissaires.
Parmi les pièces relatives à cette milice célèbre, Djevad Bey donne le firman qui en décréta la suppression (1). Cet acte fut rédigé par le Beylektchi Pertew Efendi. Le style en est fort beau ; on peut prendre ce morceau comme un exemple typique de l'éloquence officielle des Turcs.
« Les Janissaires, jadis régulièrement organisés, ont rendu à l'État de grands services. Le courage avec lequel ils exposaient leurs poitrines aux coups de leurs adversaires, leur constance inébranlable sur le champ de bataille, leur soumission à leurs chefs, ontprocurésouvent la victoire à nos armes. Mais ensuite un mauvais esprit s'est introduit parmi eux. Leur obéissance s'est changée en insubordination. Depuis un siècle, dans toutes les campagnes qu'ils ont faites, semant de faux bruits contre leurs généraux, ils ont refusé d'obéir à leurs ordres. Ils ont pris honteusement la fuite et ont livré, par leur lâcheté et leur indiscipline, nos places fortes et nos provinces aux ennemis de l'Empire.
1. Il y a un livre d'Essad Efendi, historiographe du règne du sultan Mahmoud II, intitulé Ussi-Zaffer, qui traite exclusivement de la suppression des Janissaires. Trad. par Caussin de Perceval, Paris, 1833.