CHAPITRE VII. — LA PHILOSOPHIE POLITIQUE
ques-uns, comme les célèbres Prolégomènes d'Ibn Khaldoun, sont des œuvres d'historiens profonds et observateurs. D'autres sont dus à des ministres philosophes qui ont tiré leurs théories de la pratique ou qui se sont efforcés de les y faire entrer ; c'est le cas des ouvrages de Nizâm el-Moulk et d'Abou'1-Fazl. On en trouverait encore qui sont dus à des poètes mystiques comme Sa'adi, ou à des moralistes populaires comme le Kalilah et Dimnah ; quelques-uns même sont l'œuvre de citoyens d'esprit perspicace et libre, qui ont réfléchi sur le gouvernement et la destinée de leur pays ; tel celui du Kadi Abou Yousof qui vécut sous Haroun er-Réchîd, ou celui de Qoutchi Bey, auteur du xvije siècle qu'on a appelé le Montesquieu des Turcs. Il serait donc aisé de faire tout un volume sur ce sujet ; nous devrons nous contenter de lui consacrer ces quelques articles.
El-Maverdi est un jurisconsulte de Basrah et de Koufah qui fut grand Kâdi à Ostowâ près de Nîsâbour, puis se fixa à Bagdad. Il mourut en 450 (1058) à l'âge de 86 ans, laissant un volume intitulé les règles du pouvoir, elahkârn es-Sultânie, qui ne fut vraisemblablement publié qu'après lui (1). On trouve dans cet