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CHAPITRE VII. LA PHILOSOPHIE POLITIQUE

arts, les sciences, les hauts commandements et l'empire. Ce sont eux qui ont reçu des prophètes ; c'est chez eux que se trouvent la royauté, des dynasties, des lois, des sciences, des villes, des capitales, des édifices, des plantations, des beauxarts et tout ce qui concourt à un état d'existence bien réglé. Les peuples qui ont habité ces climats, et dont nous connaissons l'histoire, sont les Arabes, les Romains, les Perses, les Israélites, les Grecs, la population du Sind et celle de la Chine ».

L'étude du caractère des peuples donne lieu il des remarques intéressantes. Ibn Khaldoun ^'' demande, par exemple, pourquoi les nègres wiit gais et légers. Masoudi, dit-il, avait déjà cherché cette cause ; pour lui il la place dans la facihté que ces peuples ont à se nourrir. La légèreté d'esprit et l'imprévoyance sont les caractères des peuples qui vivent dans des climats où la culture est aisée. Le contraire s'observe dans des climats durs : « La ville de Fez, dans le Magreb, offre un exemple tout contraire au précédent : Étant entourée de plateaux très froids, on y voit les habitants marcher la tête baissée comme des gens accablés de tristesse, et l'on peut remarquer jusqu'à quel point extrême ils portent la prévoyance. Cela va si loin qu'un individu chez eux mettra en réserve une provision de blé suffisante pour plusieurs années,

et plutôt que de l'entamer, il ira chaque matin au marché acheter sa nourriture. » Ibn Khaldoun ajoute : a Si l'on continue ces observations en les faisant porter sur les autres climats, on trouvera partout que les qualités de l'air exercent une grande influence sur celles de l'homme. »

L'alimentation a aussi un effet sur le tempérament des peuples : Il y a des populations qui ont en abondance les céréales et les fruits : « Elles le doivent à la force de la végétation, à la bonne qualité du sol et aux grands progrès accomplis par la civilisation. » Mais chez d'autres le grain et les assaisonnements manquent tout à fait ; leur seul aliment est le lait et la chair des troupeaux. Or ces peuples soumis à des privations surpassent, en qualités physiques et morales, ceux dont l'existence est aisée : « Leur teint est plus frais ; leurs corps sont plus sains et mieux proportionnés ; ils ont le caractère plus égal et l'intelligence plus vive. » Et Ibn Khaldoun conclut de là aux avantages de la sobriété.

Ce philosophe admire beaucoup la vie simple. Quoique versé dans de nombreuses sciences, et habile à discerner ce qui contribue au prc grès des arts, il loue la vie pastorale et sympa-^ thise avec les primitifs. La vie nomade et la vi< sédentaire sont pour lui toutes deux conforme^ à la nature ; mais la première a précédé. Lî

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