CHAPITRE VII. LA PHILOSOPHIE POLITIQUE
militaire. Il eut à prendre part comme général à la guerre dans le Dakhin «t il y remporta quelques succès. Mais Akbar, pouvant difficilement se passer de lui, le rappela à la cour. En chemin, le prince Salim, le futur Djihanguîr, qui le haïssait, le fit assassiner (1011, 1602).
U Akbar Nâmeh (livre d'Akbar), le grand ouvrage de Cheïkh Abou'1-Fazl, est l'œuvre la plus considérable de l'histoire mahométane de l'Inde. Il est divisé en trois parties : Le premier volume contient l'histoire de la famille de Timour dans ses rapports avec l'Inde, le règne de Bàber, ceux des rois Sur et celui de Humayoun. Le second volume renferme l'histoire détaillée d'environ 46 ans du règne d'Akbar ; et la troisième partie, qui forme à elle seule un fort gros livre portant le titre de 'Aïn-i-Akbari, contient les informations sur le règne d'Akbar qui ne sont pas strictement historiques, mais qui regardent plutôt l'administration, soit les rapports administratifs et les statistiques. On a là le tableau du gouvernement d'Akbar vers l'an 1590 du Christ.
Cette troisième partie est divisée en cinq livres. Le premier traite de la personne même de l'empereur, de l'idée qu'on doit s'en faire, de sa maison et de sa cour. Le second, des officiers chargés des services militaires et civils et de
ces personnages attirés à la cour, « dont le génie littéraire ou la virtuosité musicale reçoivent un lustre des encouragements de l'empereur, en même temps qu'ils jettent de l'éclat sur son règne ». Le troisième livre de Y Aïn-i-Akbari contient les règlements pour les départements judiciaires et exécutifs, l'établissement d'une ère nouvelle et « plus pratique », la mesure des terres, la division des classes et le tableau des revenus de l'empire. Le quatrième livre parle de la condition sociale des Hindous, ainsi que de leur philosophie et de leur jurisprudence. On y trouve aussi des chapitres sur les envahisseurs de l'Inde, sur les voyageurs distingués qui ont parcouru le pays, sur certains saints mahométans et sur les sectes auxquelles ils ont appartenu. Enfin le cinquième livre renferme les sentences morales, les épigrammes, les observations et préceptes de l'empereur, qu'Abou '1- Fazl recueillait au jour le jour, « comme un disciple recueille les paroles de son maître ». Voici quelques extraits de ce grand ouvrage : «Tout le monde sait, dit l'auteur, en commençant le chapitre sur le trésor impérial, que la meilleure manière d'honorer Dieu consiste à diminuer la détresse du temps et à améliorer la condition de l'homme. Ce résultat dépend de l'avancement de l'agriculture, de l'ordre gardé dans la maison du roi, de la préparation des