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CHAPITRE VIII LES PROVERBES ET LES CONTES

Leur intérêt pour la philosophie politique et la morale.

Quelques mots sur la poésie arabe. — Les recueils de proverbes: Zamakhchari ; Méi- DANi ; Les gnomes du Medjdoub (le fou). — Les fables : Le Lokman ; la légende de Buzurdjmihr et le Kalilah. — Les Mille et une Nuits.

Nous ne croyons pas devoir consacrer un chapitre spécial auxPoÈTES arabes. Quoiqu'ils aient été fort admirés de leurs compatriotes, il ne nous semble pas qu'on trouve dans leurs œuvres des qualités d'un intérêt général. On ne voit pas chez eux le lyrisme large, ni la passion ardente, ni le merveilleux coloris des grands poètes persans, et, bien qu'ils soient assez fins,

ils n'ont cependant pas l'exquise délicatesse des bons poètes turcs modernes. D'ailleurs les plus appréciés d'entre eux, même par les Arabes, ne sont pas Musulmans.

Les plus célèbres sont en effet les sept poètes antéislamiques, auteurs des poésies appelées les Mo'allaqât, c'est-à-dire les précieuses.

Parmi ceux-ci est Antar (exactement 'Antarah), un mulâtre fils d'une esclave noire, qui prit une grande part aux luttes de tribus dans lesquelles se consumait à ces époques primitives l'activité des nomades, et qui finit par être tué dans un combat contre la tribu de Tayi. 'Antar est devenu le héros de tout un cycle épique, connu dans son ensemble sous le nom de « Roman d' Antar <), qui fut développé et colporté par les chanteurs populaires dans les villes de l'Orient plusieurs siècles après l'islam.

A l'époque de la première dynastie musulmane, celle des Oméyades, la poésie fut très florissante. Trois poètes brillent alors dans le monde arabe : Ahtal, Djérîr et Farazdaq. Le premier, Ahtal, était un arabe de la tribu de Taghb, tribu en grande majorité chrétienne. Il était chrétien lui-même : « C'était, dit le, Livre des chansons, un chrétien de Hîra, fermement attaché à sa religion. » Il en portait lesj insignes en public et ne craignait pas de paraîtrej à la cour du Khalife avec une croix d'or sus-

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