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CHAPITRE IV. LES HISTORIENS ARABES

leurs amis ; ils ont lu ensemble les lettres de Nour ed-Dîn en pleurant et en me maudissant. C'est pourquoi je me vois contraint de marcher contre les Francs. »

Après ce morceau, où le mouvement psychologique est si bien indiqué, l'historien passe au récit des faits de guerre, Nour ed-Dîn, à la tête de ces diverses troupes, marche contre Harem et en commence le siège. Il dresse contre le château des mangonneaux et lui livre des assauts répétés. « Ceux des Francs qui étaient restés dans la Syrie maritime se rassemblent et accourent avec toutes leurs forces, conduits par leurs princes, leurs chevaliers, leurs évêques et leurs moines. Ils s'avancent vers Nour ed- Dîn, se précipitant de tous les Ueux élevés. Ils avaient pour chef Boémond, prince d'Antioche, le comte de Tripoli, le fils de Josselin, qui était 1 un des Francs les plus illustres, et le Duc, chef puissant du pays de Roum... »

A l'approche de cette armée, Nour ed-Din feint de lever le siège de Hârem. Les Francs n'osent pas le poursuivre, comme il l'avait espéré, mais se retirent sous la protection du bourg. Le prince musulman leur livre bataille.

Les Francs commencèrent par faire une charge sur l'aile droite des Musulmans. > Ceux-ci prirent la fuite ; mais cette nouvelle retraite n'était encore quune feinte, ruse habituelle aux Orien-

taux, et souvent eiïicace : « Il s'agissait, explique l'historien, d'entraîner les cavaliers francs à la poursuite de l'aile droite, loin de leurs fantassins, afin qu'alors les Musulmans qui auraient tenu ferme fondissent sur ceux-ci, i'épée à la main, et les exterminassent. » Les cavaliers revenant ensuite, ne trouvant plus l'appui des fantassins, seraient facilement détruits.

« Le résultat fut conforme à ce qui avait été prévu. Lorsque les cavaliers francs furent partis à la poursuite des fuyards, Zeyn ed-Dîn, à la tête des troupes de Mosoul, chargea leur infanterie et la détruisit ou la fit prisonnière. La cavalerie chrétienne revint alors... Les fuyards reparurent sur ses traces. Les cavaliers francs, voyant leurs fantassins morts ou prisonniers, sont saisis de découragement. Ils se sentent perdus, entourés comme ils l'étaient de tous côtés par les Musulmans. Leur défense fut néanmoins très vive ; mais beaucoup d'entre eux périrent, et leur déroute fut complète. Les Musulmans cessant alors le carnage, se mirent à faire des captifs. Ils en firent une quantité énorme. Au nombre de ceux-ci se trouvaient le prince d'Antioche, le comte de Tripoh, qui était le Satan des Francs et celui d'entre eux qui montrait le plus de haine contre les Musulmans, le Duc, chef des Grecs, et le fils de Josselin. Le nombre des morts dépassait dix mille. »

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