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CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES

Dans la suite Boémond fut relâché, moyennant une forte rançon.

A l'époque des Croisades, nous trouvons un écrivain très séduisant, qui n'est pas tout à fait un historien, mais qui a bien le droit d'être joint aux historiens : c'est l'émir Ousama, un auteur de mémoires. Ce genre si goûté parmi nous a été peu cultivé par les Arabes ; nous n'avons d'eux en ce genre que de courtes autobiographies de savants, comme celles d'Avicenne et de Baïhaqui, des anecdotes personnelles insérées par les historiens dans leurs œuvres, et un petit nombre de récits de voyages. Une longue autobiographie comme celle d'Ousâma, qui a l'étendue et la valeur d'un bel ouvrage, est dans cette httérature un exemple presque unique (1). M. H. Derenbourg a édité ce texte précieux et en a tiré une « Vie d'Ousâma », savamment commentée (2).

1. Cf. dans ce volume les articles sur Abou'1-Féda et Nésâwl.

2. Ousâma ibn Mounkidh (un émir syrien au premier siècle des Croisades), par H. Derenbourg, f^ partie. Vie (VOusâma, deux forts fascicules, publications de l'Ecole des langues orientales vivantes. Paris, 1889-93. Une simple traduction accompagnée d'une préface et de quelques notes aurait peut-être mieux valu.

Ousâma naquit en 1095 Ch. à Chaïzar, bourg de Syrie sur l'Oronte. Il appartenait à une famille princière de la féodalité syrienne, celle des Mounkidites, qui possédait la ville de Chaïzar et quelques autres localités voisines. Les émirs, ses ancêtres, avaient été des personnages pieux et distingués. Son père avait décliné le pouvoir dans la principauté et l'avait abandonné à un de ses frères, pour se consacrer à l'étude, à l'art et à la méditation. Doué d'un talent de calligraphe remarquable, il passait une partie de son temps à écrire des Corans ; il en copia, dit-on, quarante-six dont plusieurs étaient d'une grande beauté.

Le jeune Ousâma apprit donc de bonne heure les lettres ; il eut à apprendre presque aussitôt la guerre. Car le temps et la région étaient fort troublés. Dans le voisinage de Chaïzar passaient et se battaient les Francs, les Turcs Seldjoukides, les Ismaéliens. Les Francs venaient de prendre Antioche au moment où Ousâma naissait; ils prenaient Jérusalem peu après (1099). La principauté de Chaïzar n'était pas à l'abri de leurs incursions. En 1108, Tancrède en personne parut sous les murs de la ville ; il fit d\ butin dans la banlieue de la place et se détournî Une autre fois, ce furent les Ismaéliens qui fai| lirent s'emparer du bourg. Ils avaient quelques uns des leurs dans la ville. Ce jour-là l'ém

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