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CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES

Peu d'hommes ont été aussi favorisés de la fortune qu'ABOu'L-FÉDA. II eut l'intelligence vaste et prompte, la science sous ses divers aspects le don de poésie, la vaillance dans la guerre, le charme dans les relations, avec assez d'esprit d'intrigue pour s'attirer et se garder la laveur de ses souverains, étant prince luimême et fort riche. Dans des temps extrêmement troublés, où tous les grands seigneurs féodaux disparaissaient et où les principautés particulières sombraient devant le pouvoir des Sultans, il sut conserver la situation de ses pères, qu'il accrut encore par de nouvelles richesses et de nouveaux honneurs. Goûté, admiré et aimé pendant sa vie, il paraît aux yeux de la postérité avec la double couronne de l'historien et du géographe, et son nom est deux fois l'un des premiers dans une grande littérature.

La chronique d'Abou'1-Fédâ, pubhée en 1754, par Reiske (1), a été longtemps l'œuvre historique musulmane la plus importante que l'on connût en Occident. Cette chronique est intéressante surtout lorsque l'auteur raconte les événements auxquels il s'est trouvé mêié. Ellea

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