CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES
cjue parce qu'on y jette ce doigt, qu'il ne monte pas î Mais si c'est Dieu qui le dirige, nous infligerons un démenti aux Chrétiens. » La fête fut donc interdite, et la défense subsista jusqu'en l'an 738.
Makrîzi s'intéresse aux questions d'origine ; il touche incidemment aux problèmes géologiques dans un chapitre sur l'état de l'Egypte dans les premiers temps. Le Nil, pense-t-il, couvrait primitivement toute la terre d'Egypte et s'y étendait comme une mer. « L'eau se retirant sans cesse, laissa peu à peu à découvert les endroits élevés. Le pays commença à se peupler, et finalement se rempht de villes et de villages. » Avant la fondation de Memphis, les Égyptiens vivaient dans des grottes. « Ces grottes se voient encore, dit notre auteur, dans la montagne qui fait face à Memphis, au sud du Moqattam... Quand, partant de Tourah, on gravit la montagne, on rencontre ces grottes, et l'on peut y pénétrer facilement. Ce sont de vastes cavernes dans lesquelles s'ouvrent d'autres souterrains qui conduisent à Kolzoum ; une seule d'entre elles pourrait contenir les habitants de toute une ville. ))
L'administration, le mode de répartition et de perception des impôts, leur rendement, sont des sujets sur lesquels notre historien fournit
d'abondants renseignements. Il connaît la situation des tenanciers et les divers régimes par lesquels la terre a passé. « Sous le gouvernement des Fâtimides, dit-il entre autres choses, et de même avant eux sous l'administration des émirs, il n'y avait point en Egypte de fiefs pour l'armée, comme il en existe aujourd'hui pour l'armée du gouvernement turc. Le pays, divisé par parcelles, était loué à ceux qui le désiraient, émirs, soldats, nobles ou paysans, Arabes ou Coptes, etc. On ne connaissait pas alors ce genre de fermage appelé félâhai, où les travailleurs attachés à la terre sont nommés « fellahs purs » et sont dans la situation d'esclaves fils d'esclaves vis-à-vis de celui à qui le domaine est concédé... Ceux qui louaient alors des terres les recevaient aux conditions que nous avons exposées, et les impôts en étaient versés au trésor. »
Et plus loin, Makrîzi retrace l'histoire des impôts de l'Egypte ; il en donne la liste détaillée avec la somme que chacun d'eux produisait au moment où Saladin s'empara de cette contrée.
« Il y avait, dit-il encore, ,un hôtel des monnaies au Caire, un second à Alexandrie et un troisième à Qous. Seul le Kâdi des Kâdis ou son agent avait le droit de vérifier le titre de l'hôtel des monnaies. De notre temps, cette