‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 86 sur 192 · CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES

nistres et conseillers qui parlèrent en ce sens : « L'ennemi reçoit chaque jour des renforts ; nous, nous n'avons point de secours. Nous avions pensé qu'il s'éloignerait pendant l'hiver ; mais cet espoir a été déçu : il a bâti, il a fondé et est demeuré, et il s'est rapproché de nous ; considérez-vous, vous-mêmes et vos enfants. « On fut d'accord qu'il fallait choisir le moindre mal. On sut alors que des négociations avaient été déjà engagées entre les Chrétiens et les chefs des troupes musulmanes pour livrer la ville, par crainte pour eux-mêmes et pour leurs hommes. Ensuite les chefs préparèrent les requêtes et conditions qu'ils désiraient, et ils ajoutèrent certaines clauses à celles qui avaient été mises à la capitulation de Wâdi Ach, dont celle-ci : que le roi de Roumah conviendrait d'observer fidèlement le pacte lorsque les Musulmans l'auraient rendu maître de l'Alhambra de Grenade, et qu'il jurerait, selon la coutume des Chrétiens, sur les Testaments. Les habitants discutèrent là-dessus, et dirent que lorsque les chefs des armées musulmanes étaient sortis pour négocier, les Chrétiens leur avaient imposé beaucoup d'argent et des trésors. Ensuite on rédigea par écrit les conditions qui furent lues au peuple de Grenade ; il s'y soumit et les accepta. Puis les chefs écrivirent l'investiture au roi de Castille, qui la reçut d'eux.

Le Sultan de Grenade sortit alors de l'Alhambra ; et le 2 de Rébî' 1er çje l'année 897, les Chrétiens furent maîtres de la forteresse. Ils y entrèrent après s'être assurés d'environ cinq cents des notables de la ville comme otages, par crainte de trahison.

Les conditions étaient au nombre de 67, parmi lesquelles : Assurance aux grands et aux petits pour leur vie, leurs familles et leurs biens ; maintenance des habitants dans leurs maisons, leurs quartiers et leurs propriétés ; leur loi subsisterait telle qu'elle était, et ils ne seraient Jugés que selon elle ; les églises resteraient telles qu'elles étaient, et de même les fondations pieuses. Les Chrétiens ne devraient pas entrer dans les maisons des Musulmans, ni faire violence à aucun d'eux. Les Musulmans ne pourraient être administrés que par un Musulman ou par un Juif, de ceux qui les administraient auparavant de la part de leur sultan. On rendrait la liberté à tous les captifs qui se trouvaient à Grenade ; et pour les captifs musulmans qui s'étaient enfuis et étaient rentrés dans la ville, leur maître n'aurait point de recours contre eux,mais le Sultan lui paierait leur rançon. Qui voudrait passer en Afrique le pourrait, et s'il faisait le passage dans un certain laps de temps sur les vaisseaux du Sultan, on ne lui demanderait que le louage ; après ce temps ils

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