CHAPITRE IV. — LES HISTORIENS ARABES
ievraient payer la dîme de leur fortune, plus le louage. On ne forcerait pas celui qui aurait embrassé l'islam à redevenir chrétien. Pour les Musulmans qui s'étaient faits Chrétiens, on leur accorderait quelques jours pour se décider ; on les mettrait en présence d'un docteur musulman et d'un docteur chrétien, et s'ils refusaient de revenir à l'islam, il en serait selon leur volonté. Il n'y aurait pas de blâme sur quiconque aurait tué un Chrétien pendant le temps de la guerre, et l'on ne réclamerait pas ce qui aurait été enlevé aux Chrétiens pendant la même période. Les Musulmans ne seraient pas obligés d'être les hôtes des armées chrétiennes, ni à aucun voyage. On n'ajouterait rien aux taxes habituelles et on remettrait aux Musulmans les taxes et amendes récentes. Les Chrétiens ne monteraient pas sur les murailles, n'observeraient pas les maisons des Musulmans et n'entreraient pas dans leurs mosquées. Les Musulmans iraient en sécurité dans les pays chrétiens et ne porteraient pas de marques distinctives comme on en imposait aux Juifs et aux domestiques. On ne troublerait pas les Muezzin, ni la prière, ni le jeûne, et quiconque rirait de la religion musulmane serait châtié. On abandonnerait des taxes un certain nombre d'années. »
Le roi de Roumah approuva ces conditions et apposa sa signature. Les Chrétiens entrèrent
dans la ville et à l'Alhambra, et firent réparer et renouveler les bâtiments de la forteresse. Cette capitulation de Grenade est un modèle de modération et de libéralisme, et un des plus beaux documents de l'histoire des conquêtes. On sait comment elle fut suivie, au bout de peu d'années, d'une vague de fanatisme, où ne furent plus respectées ni la foi ni l'œuvre intellectuelle de l'Islam.