‹ Les penseurs de l'Islam (volume 2)Chapitre 98 sur 192 · CHAPITRE V. — HISTORIENS PERSANS ET MONGOLS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — HISTORIENS PERSANS ET MONGOLS

SOUS les Mongole, cette ville fut plus florissante que jamais. Sa population augmenta si rapidement que de vastes faubourgs s'élevèrent auprès des 10 portes extérieures. Ghazân-Khân les entoura d'une autre muraille, de sorte que les Jardins environnants et les monts Véliân ; et Sendjân furent enclavés dans cette nouvelle f enceinte, qui avait six portes et 5.000 pas de ] tour. La mort de Ghazân interrompit ces tra- ; vaux. Au-dessous de cette même muraille, dans : un endroit nommé Cham, Ghazân construisit I pour sa propre sépulture un vaste faubourg i qu'il orna d'édifices élevés et d'une incompa- 1 rable beauté... Cette ville est environnée de I jardins et arrosée par la rivière Mehrân-Roud j qui sort du mont Sehend. On y compte en outre fl plus de 900 conduits d'eau, dus à la munificence ii des particuliers et à peine suffisants pour l'arrosement de tous ces jardins ; à l'exception de deux ou trois, ils sont tous propriété réservée. Le climat est froid, l'eau douce et saine... l'eau de puits se trouve en ville à 30 guez de profondeur, à 10 guez dans le quartier de Cham et à 17 dans le faubourg de Réchîd. »

C'en est assez pour montrer que la lecture des ouvrages de Mustaufi n'est pas sans fruit, et que cet estimable auteur mériterait de nouvelles études.

La Perse a un écrivain populaire et souvent cité, MiRKHOND, dont l'œuvre est assurément importante, mais que nous ne saurions regarder comme un très grand historien. II a peu de critique, un style souvent précieux ; le récit n'est pas toujours conduit d'une façon très claire, et le détail des faits est inégal : à côté de passages très fouillés se rencontrent de graves lacunes. C'est cependant un auteur sur lequel ont été faits de nombreux travaux, et dont les écrits sont regardés comme classiques, en Orient comme parmi nous.

On sait peu de choses de la vie de Mirkhond. Il s'appelait Mohammed fils de Khâvendchâh fils de Mahmoud. Il composa son œuvre pour 'Ah Chir,émir de Hérat. 11 mourut en 903 (1498). L'historien Khondémir, auteur du Habib es- Siyar, est son petit-fils ou son petit-neveu. C'est aussi un écrivain important, mais jusqu'ici assez peu étudié, et peu accessible (1).

L'œuvre de Mirkhond, intitulée Raudzat es- Safâ ou « jardin de la Sincérité », est une histoire universelle divisée en sept parties (2).

1. Khondémir, le Habibus-Siyar, histoire générale-i du monde depuis les premiers temps jusqu'à 930 H. (1523) ; publié sous le patronage de Lord J. Elphinstone, par Aga Mohammed Hosine Kashanay ; 2 vol.] Bombay, 1847 ; ouvrage d'un prix très élevé. On a| publié à part la vie de Tamerlan, Bombay, 1891.

Page 1