CHAPITRE VIII. - LES PROVERBES ET LES CONTES
le xiiie siècle (le treizième musulman qui correspond à notre dix-neuvième) : siècle de ténèbres sans un seul point lumineux ; les vêtements seront encore des vêtements de musulmans ; mais les cœurs seront des cœurs de chrétiens. » Il semble se moderniser aussi, lorsque, réagissant un instant contre le fatalisme, il recommanmande l’effort et le travail : « La nécessité, dit-il, ne frappe personne injustement ; elle n’atteint que celui qui l’attire sur sa tête, celui qui, en hiver, dit : le froid m’empêche de travailler, ou qui, en été, se laisse vaincre par le sommeil » ; ou encore : « Ne soyez pas soucieux dans l’adversité ; songez qu’à Dieu tout est facile. Le malheur écrase les lâches ; mais les hommes courageux, il ne les renverse pas. »
Sa philosophie est donc un peu plus énergique, moins fataliste et moins résignée, que n’est la plupart du temps celle des proverbes. Comme celle-ci, il préconise le silence : « Le silence est une sagesse ; de lui procèdent toutes les sagesses ; si le fils de la tourterelle ne roucoulait pas, il n’attirerait pas vers lui le fils du serpent qui erre. » Mais il n’ose pas aller jusqu’au mépris de la fortune : « O Fortune, s’écrie-t-il, ô fortune! toi qui tournes la tête aux filles... Celui qui est sans fortune, fasse que mon chien lui-même ne lui ressemble pas ! » (1)