‹ Les penseurs de l'Islam (volume 3)Chapitre 14 sur 122 · CHAPITRE PREMIER. - LES SOUVERAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. - LES SOUVERAINS

En 583, Renaud de Châtillon enleva en pleine paix une caravane musulmane; Saladin profita de cette injure pour reprendre la guerre contre les Chrétiens. Il les défit auprès de Tibériade, dans un combat que les Chrétiens appellent bataille de Tibériade et les Musulmans bataille de Hittîn. Au cours de la bataille, il fit mettre le feu aux bruyères et aux herbes sèches qui couvraient le sol. Il fit prisonniers le roi de Jérusalem, le grand maître des Templiers, Renaud de Châtillon et d’autres seigneurs. Les captifs ordinaires, liés par groupe de trente ou quarante, furent vendus dans les marchés du voisinage. Les prisonniers de marque furent traités avec égard, sauf Renaud qu’il tua de sa propre main, pour venger les affronts faits à l’islam. Il fit aussi massacrer les Templiers et les Hospitaliers, ennemis trop irréductibles de la foi du prophète. Leur exécution fut considérée comme une œuvre pie : il en chargea les docteurs et les pieux personnages de son armée.

La Palestine tomba à la suite de cette bataille et Jérusalem fut rendue à l’islam. Cette dernière conquête est, aux yeux des croyants, la plus grande gloire de Saladin. Les mosquées de la ville sainte qui avaientété transformées en églises, furent purifiées à l’eau de rose et restituées au culte musulman. On respecta l’église du Saint- Sépulcre. Tous les chrétiens du rite latin furent

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considérés comme captifs ; mais on les laissa sortir et on pourvut de vivres et d’une escorte ceux qui payèrent tribut.

Les Chrétiens, reprenant l’offensive, vinrent mettre le siège devant Saint-Jean d’Acre. Saladin les attaque pendant qu’ils poursuivent les travaux du siège. La lutte est menée avec ardeur de part et d’autre. La tâche des Musulmans n’est pas toujours facile. Saladin écrit un jour au Khalife : « Les Chrétiens reçoivent sans cesse de nouveaux renforts. Plus nombreux que les flots de la mer, plus amers que ses eaux saumâtres, pour un qui périt sur terre, ils arrivent mille par mer. La semence est plus abondante que la moisson ; l’arbre produit plus de branches que le fer n’en peut couper... Voilà que le Pape des Francs vient d’imposer aux Chrétiens des pénitences et des dîmes. Il les fait revêtir de deuil jusqu’à l’entière délivrance du tombeau de leur Dieu. Vous qui êtes du sang de notre Prophète Mahomet, c’est à vous de faire dans cette circonstance ce qu’il ferait lui-même s’il était au milieu de son peuple. »

Mais parfois la santé trahit Saladin ; malade, il pleure de ne pouvoir prendre part à l’action. A la fin Saint-Jean d’Acre tombe aux mains des Francs. Ceux-ci, enhardis par ce succès, entraînés par le fameux Richard Cœur de Lion, veulent tenter de reprendre Jérusalem. Ils battent

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