CHAPITRE II
LES SOUVERAINS
poussa de nouveau ses hommes et nous chargea. Emir Huséïn et nos compagnons restant, nous nous dévouâmes à la mort ; et quand les ennemis essayèrent de nous saisir, je me défendis si bien que je renversai plusieurs de leurs champions. A ce moment le cheval d’Emir Huséïn ayant été atteint d’une flèche, le jeta à terre. Sa femme, Dil Ghad Agha, descendit immédiatement de son propre cheval et le lui donna. Je remontai Dil Chad Agha sur le même cheval que ma femme, la sœur d’Emir Huséïn. Nous commençâmes alors à tirer nos flèches, dont aucune ne manquait son but, jusqu’à ce que nos carquois fussent vidés. Il ne restait plus de notre troupe que sept personnes montées ; mais nos ennemis étant aussi très réduits en nombre, quittèrent le combat et mirent pied à terre dans la plaine. Notre petit parti saisit l’occasion pour continuer son chemin. Nous fûmes bientôt suivis par nos adversaires ; mais ils nous manquèrent et perdirent leur route dans le désert. Après que nous eûmes marché longtemps dans les vastes plaines, nous arrivâmes à un puits, et ayant très faim et très soif, nous mîmes pied à terre. Heureusement pour nous, l’eau de ce puits était délicieuse. » Les fugitifs rencontrent alors un berger qui leur donne des chèvres qu’ils rôtissent, et ils passent deux nuits à se reposer et à se réjouir ;
LES PENSEURS DE L’iSLAM
les poutres qui avaient servi à soutenir les galeries de mine. On ferma le port en prolongeant les jetées au moyen d’énormes blocs de pierre ; ce travail fut accompli avec une étonnante célérité. Au milieu même du port, on construisit un môle supporté par de gros pilotis, et les soldats tartares passèrent par cett e route artificielle pour se jeter sur la ville. Celle-ci avait été défendue par les chevaliers de Rhodes, avec l’héroïsme bien connu de cet ordre. — Lors de la prise de la citadelle de Damas, les Tartares pratiquèrent des saignées pour faire écouler l’eau des fossés. Ils creusèrent, comme à Smyrne, des mines sous les murailles, et incendièrent les bois de soutènement. — Pendant quelques mois de repos que prit Timour avant la guerre contre les Ottomans, il fit réparer par les troupes un ancien canal de l’Araxe, qu’il nomma canal de Berlas, en l’honneur d’un des chefs les plus éminents de sa tribu.
Tamerlan aimait la chasse : on le représente, avant l’expédition contre les Kiptchaks, chassant les cygnes sur les marais voisins de Boukhara. Il reçut une fois des ambassadeurs de Bayézid dans son camp de Karabagh, et il leur donna le spectacle d’une grande chasse, dans la plaine de l’Araxe. Les animaux furent cernés par les soldats disposés en un vaste cercle sur six hommes de profondeur.