‹ Les penseurs de l'Islam (volume 3)Chapitre 4 sur 122 · CHAPITRE PREMIER. - LES SOUVERAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. - LES SOUVERAINS

des murailles et les principales places, et il posa lui-même la première pierre. La ville avait quatre portes donnant accès aux rues principales ; elles étaient voûtées en ogives, et surmontées de pavillons dans lesquels s’ouvraient des baies également ogivales, et d’où la vue s’étendait sur tout le pays environnant. De la porte de Khorâsan, regardant à l’est, on dominait la vallée du Tigre ; cette porte était appelée aussi porte de la Félicité, parce que la fortune des Abbassides avait commencé dans le Khorâsan. Les autres regardaient la Syrie, Koufah et Basrah. La nouvelle ville fut appelée Médinet el-Mansour ou ville de Mansour, du nom de son fondateur.

Haroun er-Raghid était petit-fils de Mansour ; sa mère Khaïzouran était une esclave originaire de l’Yémen. Il succéda à son frère Hâdi au moment où celui-ci se disposait à le faire périr ; il est probable que Hâdi fut empoisonné par la mère de Réchîd. Hâroun fit la prière sur le corps de son frère, et fut proclamé fan 170, H. Dans la neuvième ou dixième année de son règne, il quitta Bagdad, qu’il n’aimait pas, et s’installa à Rakkah. Il lui était plus facile ainsi de contenir la Syrie et de surveiller les frontières grecques. Sans être précisément un conquérant, Réchîd déploya dans

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tout son règne une grande activité militaire. Il eut à réprimer des soulèvements continuels dans différentes parties de son empire, et il ne cessa de lutter, avec des alternatives de succès et de revers, contre les Grecs. L’étendue des territoires musulmans dépassait alors la science de l’ administration ; le Khalife ne pouvait maintenir ses immenses possessions unies et tranquilles sur tous les points. L’Espagne s’était déjà détachée sous le règne de Mansour ; l’Afrique se sépara en fait sous celui de Réchîd.

Du côté des Grecs, Réchîd avait en Nicéphore un digne adversaire. En 181, profitant de troubles à Constantinople, il avait conduit lui-même des forces importantes en Asie- Mineure et remporté une victoire près d’Angora. Les prisonniers furent ensuite échangés, et Irène, en payant un tribut, obtint une trêve de quatre ans. Quelques temps après, Nicéphore écrivit au Khalife une lettre insultante : « Nicéphore, roi des Grecs, à Hâroun, roi des Arabes. Irène a échangé la tour contre le pion ; elle t’a donné de l’argent, deux fois ce que tu aurais dû lui en donner toi-même. Ce n’est qu’une faiblesse de femme. Rends maintenant ce que tu as reçu, ou que le glaive décide. »

Hâroun répondit : « Hâroun commandeur des croyants, à Nicéphore chien des Grecs. J’ai lu ta lettre, fils d’une mère infidèle. La

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