‹ Les penseurs de l'Islam (volume 3)Chapitre 44 sur 122 · India , trad. Sachau, p. 3-4, préface d’Al-Bîrouni · texte numérisé non relu

India , trad. Sachau, p. 3-4, préface d’Al-Bîrouni

réunir des traditions. Ils recueillent ces traditions, les mettent côte à côte et laissent la lecteur juge. C’est à ce dernier à faire le métier de critique, s’il lui plaît ; l’historien n’est qu’un agent d’informations.

Cette façon de comprendre l’histoire n’est peutêtre pas si mauvaise. Elle a évidemment pour conséquence que l’auteur transmet beaucoup plus de documents qu’il n’en aurait transmis s’il avait pris parti entre eux et éliminé ceux qui lui semblaient faux ; elle a aussi pour corollaire que l’unique devoir de l’écrivain est de répéter les traditions telles qu’on les lui rapporte, et non pas de les interpréter, expliquer ou déformer dans le sens qui lui convient. Il est certain que les grands recueils des traditionnistes arabes ont aujourd’hui pour nous plus de valeur relative que les célèbres histoires littéraires de l’antiquité. L’histoire arabe n’est pas unifiée, elle n’est pas composée, elle n’est pas « stylisée » ; ce n’est qu’un amas de renseignements répétés avec conscience ; mais que pourrait-elle être de mieux ?

Les historiens arabes ont été en très grand nombre. Dès le temps des Oméyades, leur activité se manifeste. Mas'oudi, qui n’est que du

ive siècle de l’hégire, commençant son livre (Les Prairies d’Or) par une énumération des plus notables de ses prédécesseurs, en cite environ quatre-vingts (1). Le second qu’il nomme est Abou Mikhnaf, mort à peu près en 130 de l’hégire. Nous possédons sous le nom de cet auteur deux œuvres, qui, d’après certains savants, sont les plus anciennes productions historiques de langue arabe que nous ayons (2), mais que d’autres érudits considèrent comme apocryphes. Celui de tous ses devanciers auquel Mas'oudi donne le plus d’éloges est le célèbre Tabari.

« La Chronique d’Abou Dja'far Mohammed, fils de Djérîr et-TABARi, dit-il, brille entre toutes les autres œuvres historiques et leur est bien supérieure. La vérité des renseignements, des traditions, des documents scientifiques qu’il renferme, le rend aussi utile qu’instructif. Comment pourrait-il en être autrement, puisque fauteur était le premier jurisconsulte et le plus saint personnage de son siècle, et qu’il réunissait à la connaissance de toutes les écoles de

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