‹ Les penseurs de l'Islam (volume 3)Chapitre 46 sur 122 · Nœldeke, loc. cit ., p · texte numérisé non relu

Nœldeke, loc. cit ., p

violence devrait payer une dot, afin de satisfaire la famille ; et la femme aurait le droit ou de rester avec lui, ou d’épouser quelqu’autre. Si elle était auparavant mariée, elle devrait retourner à son premier mari. Ensuite il ordonna que quiconque avait nui à un homme dans ses biens, ou lui avait extorqué quelque chose, lui donnerait pleine compensation et serait en outre puni en proportion de son méfait. Il fit inscrire comme siens les fils d’hommes distingués qui avaient perdu ceux qui les nourrissaient ; il maria les filles des mêmes à des époux de leur rang et les établit avec les ressources de l’Etat. Il maria les nobles à des femmes de famille noble pour lesquelles il paya la dot, et il les enrichit en leur ordonnant de rester à sa cour pour y servir dans les hauts emplois. Aux femmes de son père il laissa le choix de rester avec ses propres femmes, étant nourries et rentées comme elles, ou de se remarier selon leur condition. — Puis il fit creuser des canaux, poser des aqueducs, payer des avances aux agriculteurs qu’il soutint encore d’autres manières. Les ponts de bois détruits, les ponts de pierre effondrés, les villages dévastés, il les fit restaurer et rétablir dans leur premier état. Il passa en revue les cavaliers, et ceux qu’il trouva sans ressources, il leur fit des présents en chevaux ou en équipement, et il leur assigna une solde

LES PENSEURS DE L’iSLAM

fixe. Il nomma des inspecteurs pour les temples du feu et prit soin que les routes fussent entretenues en bon état. Le long des chemins, il bâtit des châteaux et des bourgs. Il choisit des gouverneurs et des administrateurs capables et donna à chacun des ordres énergiques. Il étudia la vie d’Ardéchîr, ses lettres et ses sentences ; il les prit pour modèle et donna avis à ses représentants d’en faire de même. »

Suit un résumé du règne de ce roi, où le premier fait cité est celui-ci : qu’Anochirwân après avoir pris Antioche, en fit relever le plan dans tous ses détails et fit bâtir auprès de Médaïn une autre ville toute semblable ; on y transporta les habitants d’Antioche, c«t chacun en arrivant dans la ville nouvelle, y retrouva une copie de sa maison... « Ainsi Chosrau fut toujours couronné par la victoire et craint de tous les peuples, en sorte qu’on voyait à sa cour de nombreux envoyés des Turcs, des Chinois, des Khazars et d’autres peuples éloignés. Il honorait les savants. Son règne fut de 48 ans. »

La Chronique de Tabari a été abrégée en persan par Bel’ami, un vizir du prince samanide Mansour ibn Nouh, vers l’an 352. L’adaptateur choisit en général pour chaque fait une seule tradition, parmi toutes celles que rapporte Tabari, et il supprime les noms des transmetteurs. En outre il remanie un peu la forme des récits

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