‹ Les penseurs de l'Islam (volume 3)Chapitre 51 sur 122 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

beaucoup de goût pour la philosophie politique et les questions économiques. L’administration, les institutions l’intéressent. Il en parle fréquemment, et son livre serait une mine précieuse si l’on en essayait d’en reconstituer l’histoire.

Vers la même époque, entre les années 365 et 381 de l’hégire, un autre écrivain, inconnu du reste, Abou ‘Abd Allah Mohammed el-Khowârezmi, écrivit un livre de terminologie technique, intitulé Les Clés des sciences (1), où l’on trouve quelques bonnes pages sur l’administration. C’est un chapitre consacré aux termes employés dans la secrétairerie d’État. On trouve là l’énumération des ministères ou divâns. Il y en a six de cités : le ministère de l’impôt foncier ( Kharâdj ), le divan du trésor, le ministère de la poste, celui de l’armée, celui des dépenses et des frais, et celui de l'eau. Parmi ces termes techniques, qui sont nombreux, (environ 175 pour tout ce chapitre), il y en a une assez forte proportion de persans ; cela montre bien que cette administration des Abbassides était surtout empruntée à la Perse. Ainsi le mot qui désigne la poste, bérîd , vient, suivant ce traité, du persan borîdah donb qui signifie : à la queue coupée. En effet les mulets de poste avaient la queue rognée. Le mot bérîd s’applique

Page 1