CHAPITRE IV
LES HISTORIENS ARABES (suite)
Historiens des Croisades. — Historiens de Syrie, d’Egypte et d’Espagne.
Ibn el-Athir. — Syrie : Ousama ; Abou’l- Féda. — Egypte: Makrizi. — Espagne :
Makkari.
Un autre historien très considérable et depuis longtemps célèbre en Occ dent est Ibn el-Athîr , le continuateur de Tabari. Il est de l’époque des Croisades (1). Né en 555 à Djéziret ibn ‘Omar, ville de Mésopotamie, il appartenait à une famille riche. Il vint en 576 habiter Mosoul qui fut sa résidence toute sa vie, et où il enseigna à titre privé. Il fit seulement quelques déplacements
1. V. sur cet auteur une note détaillée par de Slane dans le recueil des Historiens arabes des Croisades, t. I, p. 752.
LES PENSEURS DE L’iSLAM
en Mésopotamie, en Syrie et dans le Hedjâz, soit pour accomplir le pèlerinage, soit comme envoyé des princes de Mosoul. Sa mort arriva en l’an 630.
A l’époque d’Ibn el-Athîr, la chronique de Tabari n’était plus un ouvrage à la portée du grand public. Les exemplaires en étaient rares ; l’étendue de l’œuvre et sa rédaction trop massive écartaient beaucoup de ecteurs. Ibn el- Athîr en fit un abrégé clair et coulant, auquel il ajouta quelques faits puisés à d’autres sources. En particulier il y joignit un important morceau sur les « journées », ou combats entre tribus, des Arabes préislamiques. Puis il continua cette chronique et la mena jusqu’à son temps, soit jusqu’à 628. Un des mérites de cette œuvre est qu’elle contient de nombreux renseignements sur la partie occidentale du monde musulman, en général peu connue des auteurs arabes orientaux. La chronique d’Ibn el-Athîr, ordinairement appelée Kâmil, a été éditée dès 1851 à Leyde par Tornberg en 14 volumes.
Outre ce grand ouvrage, le même auteur a écrit une histoire des princes atabecks de Mosoul, qui a été éditée en France dans le tome II du beau recueil des Historiens arabes des Croisades.
L’œuvre d’Ibn el-Athîr a été utilisée par le savant italien Amari pour son grand travail