‹ Les penseurs de l'Islam (volume 3)Chapitre 66 sur 122 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de planches. Il amoncelle des bois dans les fossés de la place pour les combler ; mais les Francs y mettent le feu. Il pratique des excavations depuis les mines jusqu’à la mer ; il creuse sous terre plusieurs autres mines, qui sont poussées jusque sous les murs du fossé de l’ennemi. « Des géomètres que l’on avait appelés » règlent les travaux. Ceux-ci sont poussés avec une extrême activité. « Le Sultan se livrait en personne à un labeur assez dur, s’occupant tantôt à creuser la terre, tantôt à traîner les machines, à jeter la terre, à transporter des pierres, afin d’exciter par son exemple le zèle des autres. » Le camp était très bien tenu. « On n’y vit, dit Makrîzi, ni vin, ni aucun genre d’action honteuse. Des femmes vertueuses venaient au milieu du combat donner à boire aux soldats et traîner elles-mêmes les machines. »

Nous ne pouvons étudier ici les autres historiens de l’Égypte ; mais il est juste de ne pas finir cet article sans nommer au moins Abou’l-Mahâsin (1), l’auteur du Nodjoum , et le fécond polygraphe Soyouti (2).

1. Abou’l-Mahâsin ibn Tagriberdi, m. 815. Son ouvrage a été édité en partie par Juynboll et Matthes. Leyde, 1852, 2 vol.

2. Djélâl ed-Dîn Suyûti (849-911), jurisconsulte, traditionniste, historien. La liste de ses œuvres dans YHistoire de la littérature arabe de C. Brockelmann (II, p. 143) comprend 316 numéros.

LES PENSEURS DE L’iSLAM

Le plus important historien arabe de F Espagne est Makkari. Son grand ouvrage intitulé Analectes sur l’histoire et la littérature des Arabes d’Espagne , a été publié à une date déjà ancienne, de 1855 à 1859. C’était l’époque où le grand orientaliste hollandais Dozv consacrait sa science et son activité à l’histoire de cette contrée. Il avait édité en 1847 l’ouvrage d’‘Abd el-Wâhid de Merrâkech dont nous parlerons plus loin, de 1848 à 1851 l’histoire de l’Afrique et de l’Espagne intitulée el-Bayân ul-Moghrib par Ibn Adhâri, également de Merrâkech, suivie de fragments de la Chronique d’Arîb de Cordoue, et commencé en 1849 la publication de ses « Recherches sur l’histoire politique et littéraire de l’Espagne pendant le Moyen Age » . D’autre part W. Wright avait donné au public en 1852 l’intéressante relation du voyageur espagnol Ibn Dj obéir, dont nous aurons à parler. L’édition de Makkari était une grosse entreprise ; quatre savants s’y consacrèrent : Dozy, William Wright, Ludolf Krehl, et un français Gustave Dugat (1).

1. Analectes sur l'histoire et la littérature des Arabes d'Espagne par Al-Makkari, t. Ier, lre partie, éd. W. Wright, 1855 ; seconde partie, éd. Ludolf Krehl, 1856 ; t. II, lre partie, éd. R. Dozy, 1858 ; seconde partie, éd. G. Dugat, 1859. Plus l’Introduction s. d., le toutàLeyde.

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