D’après Abôu’l-Mahâsin, t. I, pp
LES PENSEURS DE L’iSLAM
Il faisait chaque jour, dit Abou’l-Mahâsin, 200 génuflexions. Le jour de sa mort, il prononça ces paroles : « Mon Dieu, tu sais que dans les jugements que j’ai rendus, je n’ai jamais été injuste de propos délibéré, que je me suis efforcé de juger toujours conformément à ton livre et à la Sunnah de ton Prophète. » Il fut en droit un peu moins rationaliste que son maître. Sur plusieurs points où Abou Hanîfah avait jugé d’après l’opinion, le raï, il en revint à la tradition. Par son influence, observe Macdonald, l’école hanéfite gagna une importance officielle, qu’elle n’a jamais perdue depuis.
Chéïbâni (Mohammed fils d’el-Hasan) que les jurisconsultes appellent simplement Mohammed, autre gloire de l’école hanéfite, naquit à Wâsit en 132 (749). Sa famille était originaire de la Goutah de Damas. Il fut élevé à Koufah et apprit le droit avec Abou Yousof et avec Abou Hanîfah. Il entendit aussi l’imam Mâlik à Médine. Devenu maître, il eut parmi ses élèves Châffi. Ce docteur constitue donc un lien entre les trois grandes écoles de jurisprudence islamique.
Chéïbâni fut, dit Abou’l-Mahâsin (1), le prince de la science en son temps, après la mort d’Abou
1. Abou’l-Mahâsin, t. I, p. 534. — Zofar est un autre jurisconsulte vénéré de l’école Hanéfite.