‹ Les perce-neige [microforme]Chapitre 11 sur 49 · RAYONS ET OMBRES · texte numérisé non relu

RAYONS ET OMBRES

Imité de l'anglais du Col. Patten.

All that's bright must fade The brightest still the fleetest,

C’est quand le ciel revêt sa plus riche couleur Que le soleil pâli vers son couchant décline ; Quand la rose à nos yeux ouvre toute sa fleur, Sur la tige on peut voir sa tête qui s'incline,

L'oiseau trouve toujours son plus touchant refrain | À cette heure où le soir vient fermer sa paupière ; | Et l’écharpe qu'Iris fait flotter dans sa main Jette en disparaissant sa plus vive lumière,

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Les gouttes de cristal que le matin répand S’allument au rayon qui les fait disparaître ;

Et l'étoile du soir projette, en s’éteignant,

De tous ses rayons d’or le plus brillant peut-être.

De nos jours tel, hélas! est le cruel destin :

La paix que nous goûtons précède les alarmes ; Le soir vient nous ôter le bonheur du matin, L’œil à peine a souri qu'il se voile de larmes !

Bien loin de notre sphère, il est pourtant an lieu Où notre âme n’a plus à redouter l’épreuve,

Où, contemplant de près les splendeurs de son Dieu, Dans l’amour infini le cœur nage et s’abreuve.

On y respire en paix le souffle du bonheur Sans que le doute amer y mêle sa tristesse ; Fasse le ciel clément, un jour, que notre cœur Se plonge dans ces flots d'éternelle allégresse !

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