‹ Les perce-neige [microforme]Chapitre 15 sur 49 · FLEURS D'HIVER · texte numérisé non relu

FLEURS D'HIVER

À Eudore Evanturel,

Petites fleurs qui, sur vos tiges frêles, Tremblez au souffle de l'hiver,

Vous n’avez pas, comme l'oiseau, des ailes Pour fuir loin du jardin désert,

Le givre étend sur vous sa gaze blanche Qui voile votre éclat vermeil ;

Et, sous son poids, votre tête se penche, Cherchant un rayon de soleil.

ER 4 ns

Petites fleurs, là-haut, dans ma mansarde, L'hiver n’est pas encor monté;

Le soleil luit, et mon foyer vous garde Un peu des chaleurs de l'été,

Avec le coin de sol qui vous vit naître, Là-haut je vous emporterai,

Et doucement, au bord de ma fenêtre, Près de moi je vous placerai.

Vous tiendrez lieu de la famille absente Et des vieux amis dispersés; Vous parlerez à mon âme souffrante Du souvenir des jours passés,

Car notre hiver, à nous, c’est la vieillesse, Et la neige, nos cheveux blancs ;

Comme vous, fleurs, notre tête s'affaisse Et nos pieds deviennent tremblants.

nts.

À mon foyer vous aurez une place, Mais, en retour, petites fleurs,

Vous donnerez au logis votre grâce, Votre parfum et vos couleurs,

Page 1