‹ Les perce-neige [microforme]Chapitre 23 sur 49 · A CORINNE ET MARIETTE · texte numérisé non relu

A CORINNE ET MARIETTE

O petites, je n’écris bien

Qu'en vous regardant l’une et l’autre ; Car, si j'en prends un peu du mien, J'y mets aussi beaucoup du vôtre.

Avec vous, je n'ai pas besoin De chercher les grandes pensées ; Et je ne vais jamais bien loin Trouver vos âmes empressées,

Nous nous parlons très librement, —Nous connaissant de vieille date, — Et j'apprends, avec vous, comment Dire une chose délicate.

Et puis, je suis toujours certain D'intéresser mon auditoire :

Je parlcrais jusqu’au matin Qu'on écouterait mon histoire.

Je suis fier, au fond, savez-vous,

De ces petits succès d'estime ;

Car, on peut le dire, entre nous :

Le simple est tout près du sublime.

Vous êtes là, tantôt riant,

Tantôt toutes effarouchées ;

Et je suis sûr, en vous voyant, Que, du coup, je vous ai touchées.

Ah! si, pour écrire ou parler,

On regardait toujours l'enfance,

Que de traits on saurait voiler,

Qui font plus de mal qu'on ne pense !

Petites, puissiez-vous toujours, —Pour éviter toute blessure, —

Vous contenter de mes discours Pauvres, mais au moins sans souillure,

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