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JCOURNALISTE ET ABONNES
Depuis tout près de quarante ans Je viens frapper à votre porte, Chaque jour; beau temps, mauvais tomps, Fidèle ami, je vous apporte Tout ce qui peut intéresser Votre cœur, votre intelligence, di Tâchant de ne jamais blesser # La plus sensible conscience.
J'ai passé par.des chemins durs.
Et j'ai, bien souvent, dans la route, —Mes yeux n'étant pas encor sûrs,— Hésité dans l’ombre du doute.
Mais mon courage a tenu pié,
Et l’aide de la Providence
Avec votre bonne amitié,
A soutenu ma confiance.
Je n'ai pas flatté les puissants,
J'ai toujours dénoncé le vice; Quand les chemins étaient glissants Je m'appuyais sur la justice.
Fidèle soldat du devoir,
J'ai, bien souvent, étant honnête,
Refusé l'argent, pour pouvoir Avec vous porter haut la tête,
me 19 —
J'ai travaillé, lutté longtemps, Ayant la force et la jeunesse, Croyant toujours qu'avec le temps, Si je n’avais pas la richesse,
Dans l'avenir du moins j'aurais Une modeste indépendance :
Car, dans les jours les plus mauvais, On ne perd jamais l’espérance.
Mais voilà que l’âge s’en vient,
Et la lutte est plus difficile ;
Si le courage se soutient,
Le bras est un peu moins docile.
Il nous faut, pour ne pas plier, Nous assister les uns les autres :
Souffrez que je vienne appuyer Quelquefois ma main sur les vôtres.
Dieu qui nous a toujours bénis, Veut éprouver notre courage ; Si nous savons rester unis
Nous pourrons soutenir l'orage.
Et, quand viendra le temps meilleur, Vous aurez cette douce joie
D'avoir mêlé votre bonheur
Aux épreuves que Dieu m'envoie.