L'OCÉAN
Imité de l'anglais du Col, Patten.
Sombre et fier Océan dont la crête écumeuse
Semble toujours la même et change à chaque-instant, Combien de voyageurs sur ta vague brumeuse
Vont chercher la fortune ou le nom éclatant !
La mère te maudit lorsque ton flot perfide Engloutit un enfant tendrement adoré;
La pauvre fiancée, ouvrant son œil humide, Explore longuement ton horizon doré
Hélas ! son désespoir entrevoit sous ton onde, Tout là bas, une tombe isolée et profonde ; Roule, roule ta vague et ton flot séducteur ;
Océan sans repos et qui grondes sans cesse, Brillant comme nos jours que le soleil caresse, Comme eux ton flot renferme un mirage trompeur |
IN
D CE ot ie
CONVENTION DES ANCIENS ÉLÈVES DU COLLÈGE STE MARIE, DE MONTRÉAL, EN JUILLET 1882,
A l'abbé H. R. Casgrain.
Nous voici revenus dans ces murs tutélaires Où s'élevaient jadis nos ferventes prières,
Nos chants et nos hymnes pieux ; Murs à l’ombre desquels s’écoula notre enfance, Loin de tous les dangers, pleine de confiance Dans un avenir radieux,
Salut ! temple sacré, salut ! maison bénie,
Sur ton vieux dôme, encor, ce bienfaisant génie Qui nous conduisait par la main,
Plane comme autrefois; et, sous ton haut portique,
Nos cœurs, soudain frappés d’un souvenir magique, On reconnu l’ancien chemin.
O mes vieux compagnons, dans ces immenses salles, Dans la chapelle sainte aux -Voûtes magistrales,
Et dans ces profonds corridors, Ne vous semble-t-il pas, à travers l’ombre épaisse Des ans, voir repasser notre heureuse jeunesse ! Et les brillants 1êves d'alors ?
Vous Les rappelez-vous, ces heures fortunées ? Hélas ! depuis ce temps, un grand nombre d'années
Ont passé sur nos fronts rêvenrs,
Sans pouvoir, cependant, effacer la mémoire
Des jours heureux vécus sous ce toit : leur histoire
Est écrite au fond de nos cœurs.