‹ Les perce-neige [microforme]Chapitre 28 sur 49 · TEA · texte numérisé non relu

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Elle est écrite aussi partout: sur chaque pierre,

E L’œil du souvenir lit un brillant caractère, 3%

Qui se détache à chaque pas.

Elle est dans cet écho dormant sous chaque voûte Qui s'éveille soud:ix: et que le cœur écoute, Si l'oreille ne l’entend pas.

Elle est écrite ici, surtout, dans cette enceinte ()

Où la voix des adieux n’est pas encore éteinte, Où nous nous sommes séparés, Un jour, le cœur ému, mais rempli d'espérance, Pour nous aventurer sur l'océan immense Et dans des pays ignorés.

Longtemps nous avons vu notre nef vagabonde Explorer en tous sens la mer vaste et profonde, Lorsqu'un jour, une grande voix,

Comme un chant maternel, à l’accent doux et tendre, Vint frapper notre oreille et sembla faire entendre

Un écho des jours d'autrefois.

(1) La salle des promotions.

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Aux sons mystérieux de cet écho d'enfance, A ce cri de rappel, une vive espérance Remplit nos cœurs d’un doux émoi ; | Quittant pour un moment la pénible carrière, : Nous avons retourné nos regards en arrière, Mes amis, et voilà pourquoi

Nous sommes revenus dans ces murs tutélaires Où s'élevaient jadis nos ferventes prières,

Nos chants et nos hymnes pieux, Murs à l'ombre desquels s'écoula notre enfance, Loin de tous les dangers, pleine de confiance Dans un avenir radieux.

Nous sommes revenus, à la voix paternelle

Qui nous a rappelés, rendre un compte fidèle Des talents qu’on nous a donnés ;

Nous sommes revenus sous nos vielles bannières,

Raconter simplement à nos plus jeunes frères

Ce qü’on pu faire leurs sinés.

Vos aînés, Mes amis,.au livre de l’histoire N'ont pas pu tous inscrire une page de gloire, Mais, s'ils n’ont pas eu ce bonheur, Tous ceux que vous voyez ont cette joie immense: D'avoir pu coûserver au livre de l’enfance La page blanche de l'honneur.

Ils peuvent porter haut et le cœur et la tête, Et si tous n’ont pas pu s'élever jusqu'au faîte, Du moins, on pourrait voir encor, Sur ces fronts qu’autrefois ceignit mainte couronne, Un sillon lumineux où, brillante, rayonne L’Aima mater en lettres d’or.

C'est sous ce nom sacré qu’ils marchent dans la vie, C’est l'étoilé de mèr qu’ils ont toujours suivie

Et qu'ils suivront sans dévier.

La route, quelquefois, est montante et pénible, Mais ils savent qu’ici, l'erreur est impossible, Et qu’ils s6nt dans le droit sentier,

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Pour vous, qui commencez ici-bas la carrière,

Partout où vous irez, sur cette immense terre, Vous trouverez, sur le chemin,

Ferme dans le devoir et le cœur et l'ouvrage,

Quelqu'un de vos aînés, luttant avec courage Et prêt à vous tendre la main.

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Celui-là, vous pourrez le regarder en face:

Si, sur son front, des ans vous romarquez la trace, Du moins jamais vous n’y verrez

Le regard hésitant du fourbe qui se cache,

Car il a conservé sa dignité sans tache Et ses souvenirs vénérés.

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Plusieurs d’entre eux, hélas ! ot des meilleurs, sans doute,

Qui manquent à l’appel, sont tombés sur la route, Comme des soldats pleins de cœur;

De ceux-là vous pourrez en toute confiance

Garder au fond du cœur la chère souvenance :

Ils sont morts au champ de l'honneur.

loute,

Et maintenant, vus, dont dont la constante tendresse. Entoura de ses soins notre faible jeunesse, à Vous, nos professeurs bien aimés, Qui, vous faisant petits pour être à notre taille, Nous avez préparés pour la grande bataille Et de votre courage armés;

Vous qui, même du sein de votre solitude, Sur nous veillez encore avec sollicitude, Et qui nous avez réunis Pour réchauffer nos cœurs à la flamme qui brille Vive comme toujours au foyer de famille, De nous tous, ah ! soyez bénis |

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Vous poursuivrez toujours votre œuvre si féconde,

Kt vous travaillerez, loin des regards du monde, Au bonheur de l'humanité ;

Et, lorsque les méchants, que tout succès irrite

Ches les autres, viendront ternir votre mérite

Et votre nom si haut porté,

. Nous-serous là, nous:tous, pour leur crier : ‘Arrière! “ Nous ne permaettons pes qu'une voix:téméraire ‘“ Sonne ici-sa vaine clameur; “ Allez porter ailleurs votre plainte inutile, ‘ Ceux que vous-attaquez ont, chez nous, droit d'asile, “ Et leur honneur-estnotre-honneur |

‘ Ils ont souffert la faimet la soif:sans: murmure, “ Ils ont suivi l'Indien sous la forêt.obscure, Le front meurtri, les pieds saignants ; “ Ils ont versé leur:sang sur les champs de ‘bataille, “ Ils ont porté la croix à travers la mitraille, ‘ Pour offrir son:baume.aux mourants.

‘ Sur tout ce continent, on voit leur robe noire *{ Passer majestueuse à travers notre histoire, ‘ Comme un drapeau de ralliement ; Partout, nous les voyons poursuivre avec:constançge 4 L'Evangile à la main, cette œuvre.qui:commence ‘ Par de Brébeufet Tallemant,

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