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A NOS FRÈRES DES ÉTATS-UNIS

À l’occasion de la grande célébration de la St. Jean- Baptiste, à Québec, le 24 juin 1880.

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implettes,

ettes,

7 Frères, vous revenez d’une terre lointaine Pour vous asscoir une heure aux foyer des aïeux Et revoir ce pays qu'un jour d'amère peine,

{1 vous fallut quitter pour chercher d’autres cieux.

Be cœur rempli des voix du passé. l'âme pleine Des anciens souvenirs, vous revenez, heureux, lespirer de nouveau l'atmosphère sereine

Bu sol natal, rêver sous ses grands bois ombreu:.,

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Que le Ciel nous donna pour cômmune patrie, Tous vos noms de chacun sont encore connus.

Si nous avons longtemps pleuré sur votre absence,

Nos cœurs sont au)

ouissance,

ourd’hui dans la ré Nos bras vous sont ouverts : soyez les bienvenus !:

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UN SOUVENIR ET UN HOMMAGE 4 absente; 1 issanCe; Inauguration de la statue de Mgr Déziel, fondateur de Lévis, envenus | le 27 septembre 1885.

A L. P., Hébert.

O peuples qui placez aux fastes de l’histoire Et qui, dès ici-bas, couronnez dans la gloire Ceux qui furent grands parmi vous ; Ceux qui, dans les conseils ou bien dans la bataillé, De leur parole ardente ou de leur haute taille Se dressèrent au nom de tous,

Pour relever partout la force qui décline,

Pour vous faire un rempart de leur forte poitrine, Pour vaincre ou mourir sous vos yeux;

[Ceux qui, dans les déserts des grands océans mornes,

Des continents perdus ont retrouvé les bornes,

Ou pris les mesures des cieux ;

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Ceux qui, portant au cœur la soif du sacrifice,

Et voyant resplendir, au loin, l’amer calice Dont le fond seul contient le miel,

S'en sont allés là-bas annoncer l’évangile,

Et, travailleurs hardis, changer un champ stérile En jardins fleuris pour le ciel ;

Vous voulez donc ainsi réveiller l'espérance, Et montrer qu’ici-bas même, la récompense Doit toujours suivre le bienfait; Mais vous voulez, surtout, proposer un exemple Que la postérité puisse suivre et contemple:

O peuples, vous avez bien fait !

Car, l'exemple de ceux qui, sentant dans leur âme

Je ne sais quelle vive et courageuse flamme, Furent les bons ou les vainqueurs,

C’est un phare élevé dont les feux illuminent

Ceux qui, perdus en bas, sous les ombres cheminent, | Loin des clartés, loin des hauteurs,

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C'est une main d'ami, prévoyante et discrète, Mystérieusement tendue et toujours prête

À relever, à soutenir ; C’est un regard qui vient, au fond des consciences, Doux et fort, rayonner sur les désespérances

Et sauver par le repentir.

Oui, ces grands noms que vous tirez de la poussière Pour les faire rentrer dans la pleine lumière Du couronnement immortel, Vous montrent le chemin qui mène sur les cimes Et deviennent pour vous ces arcs-en-ciel sublimes Qui joignent la terre et le ciel.

Et c’est pourquoi voilà que ce jour nous rassemble Ici, pour célébrer, pour acclamer ensemble Le grand et noble souvenir De celui qui pour nous fut le modèle même Des âmes à qui Dieu réserve un diadème Que jamais rion ne peut ternir.

Et quel autre aussi bien le mérita ? Quel autre

Eut jamais plus que lui ce grand zèle d’apôtre, Ou plus entier se consacra ;

A l'œuvre qui remplit toute son existence ? ,

Quel autre eut plus de droit à la reconnaissance ? Quel autre plus grand se montra ?

Le voyez-vous, déjà, dans l’ardeur du jeune âge,

Mesurer d’un coup d’œil fier comme son courage Le vaste champ à parcourir ?

Puis, sans jeter jamais un regard en arrière,

S’élancer, le front calme et haut, dans la carrière Que le ciel l’appeiic à fournir ?

Oubliant tout, famille, amis, honneurs, richesse, Tout ce que peut rêver un cœur plein de tendresse, Il n’a plus qu’un seul rêve au cœur :

Glorifier le Dieu dont il s’est fait le prêtre Et conduire au salut ceux que son divin Maître A confiés à son honneur.

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courage

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richesse, à tendresse, ar :

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Aux accents généreux de sa voix qui demande Au nom de Dieu, les cœurs sont émus et l’offrande Tombe, riche, de chaque main; Sur le coteau désert, 6 merveilleux spectacle, Voyez grandir les murs du pieux tabernacle Où Dieu s’immolera demain,

Voyez monter la flèche où la croix salutaire, Symbole consolant d’un auguste mystère, Va, tout à l'heure, rayonner ; Ecoutez, dans la tour, la grande .voix vibrante Du bronze harmonieux dont la note touchante Sur vos têtes va résonner,

Le front nu, franchissez les portes de l'enceinte, Partout, sur les parois de la demeure sainte. Où rien, hier, n’était encor, Le grand nom du Seigneur, les maximes sacrées, Et du livre divin les pages vénérées Apparaissent en lettres d’or.

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Ecoutez les échos des voûtes qui frémissent

Sous les accents pieux de ces voix qui bénissent La tendresse du Créateur ;

Puis, au-dessus, la voix grave, majestueuse

De l’orguo s'élevant, prière harmonieuse, Comme un encens vers le Seigneur,

Voyez, se détachant, non loin du sanctuaire,

Au-dessus de la nef, comme un phare, la chaire, Cette compagne de l'autel ;

C’est là que si longtemps retentit sa parole,

Que la main qui bénit, et la voix qui console Nous montraient le chemin du ciel.

C touchante grandeur de nos temples augustes Où, duns un même élan, les pécheurs et les justes Viennent chercher la paix du cœur ;

Où l'enfant innocent murmure sa prière, Où le veillard courbé verse sa peine amère Devant le regard du Seigneur |

it à Et pour faire surgir cette maison sacrée, sissent Ce temple où, tant de fois, l'âme désespérée, D: Chacun de nous s'est abrité,

18e : Il suffit de la voix de ce pasteur fidèle Dont les accents ont su vous inspirer le zèle le L D'une admirable charité !

Aire, Mais, ce n’est pas assez; car, dans cette grande âme a chaire, La soif du bien ne peut s'étancher, et la flamme E

Du dévoñüment brûle toujours ; ole, À D'autres dans les plaisirs chercheront leurs délices : À lui, c’est le travail qu'il faut; les sacrifices Sont un besoin de tous les jovrs.

Ag ustes les justes

Il a glorifié Dieu; mais il doit encore, Penser à ceux pour qui, chaque jour, il implore, ". À genoux, l’aide du Seigneur ; Il a surtout au cœur un désir qui le presse : re C'est le bien, le salut de la chère jeunesse Dont il s’est fait le protecteur,

À son appel pressant, on voit bientôt paraître Un homme, humble, vêtu tout de noir; est-ce un prêtre Qael est-il, d'où vient-il ? Je vois Quand il passe, les yeux baissés, sur sa figure Quelque chose de bon, de grand; à sa ceinture Se cache une modeste croix.

Quel est-il ?—Vous l’avez tous reconnu, cet homme

Que le monde méprise et que le savant nomme Avec un souris de pitié:

C’est un humble, mais c’est le fils d’un noble père,

C'est l’enfant de La Salle; appelez-le: ‘ Mon frère,” Et méritez son amitié.

Car, celui que la foule a méconnu, peut-être,

Celui que les savants, sans G2igner le connaître, Ont vu d’un œil indifférent,

Cet homme qui les fait sourire quand il passe,

Moi qui le connais bien, je vous dis que sa place Est tout en haut, au premier rang.

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>ble père, Mon frère,”

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C’est celui-là qui vint et qui dit: ‘“O mon père,

- Vous voulez des gardiens: c’est notre ministère,

‘“ Nous sommes prêts dès aujourd'hui.” Et ce fut lui qui prit soin de notre jeune âge; C’est avec lui que j'ai commencé le voyage:

Si j'ai marché, c’est grâce à lui !

Un peu plus tard, voici venir la sainte fille Qui parmi les petits se fait une famille

À laquelle eile ouvre son cœur.

Pleine de dévoûüment, riche de patience, Chaque jour, on la voit faire épeler l'enfance : Qui l'appelle tout bas: Mu sœur.

Puis, au déclin du jour, quand sa tâche est finie,

Elle s’en va, vaillante, au lit où l’agonie Sombre et terrible va venir ;

Auprès de la douleur elle prie, elle veille

Sans cèsse; au moindre appel qui frappe son oreille, Elle est là, prête à secourir.

Sa voix a des accents qui rendent l’asnérance,

Sa main verse le baume à l’amère souffrance Que Dieu lui commande d'aimer :

Et si, las de lutter, votre cœur se désole,

Elle trou e toujours un mot qui le console, Un regard qui vient le calmer.

Quand vous la rencontrez, avec sa robe grise,

L'air sérieux et doux, dans sa modeste mise, Le regard plein de dignité; Inclinez-vous bien bas devant cette humble femme, Car c’est un dévoûment sans borne, une grande âme : C’est une ‘ Sœur de Charité.”

Or, c’est lui qui fonda ces maisons où l’enfance Vient apprendre et prier ; ces toits où la souffrance, Où la faim et la nudité Viennent, l’une, chercher le baume qui soulage, Les autres, un morceau de pain et le courage Pour supporter leur pauvreté.

ance, Ah! qu’il a bien compris, dans son cœur magnanime, nce Ce prêtre dévoué, la mission sublime

Qu'il était Chargé d'accomplir!

Des volontés de Dieu ministre infatigable, Le, Rien n’arréta jamais son zèle inépuisable, Devant un devoir à remplir.

grise, O toi qui, de là-haut, nous regardes, sans doute, mise, Du séjour glorieux où tu règnes, écoute Ceux qui vers toi lèvent leurs voix!

ble femme, A tous ces cœurs émus qu’une même pensée > grande âme : Fait battre au souvenir de ta grandeur passée,

‘ Viens sourire comme autrefois.

enfance NH Tu fus leur nère à tous, et ta longue carrière a souffrance, Fut un apostolat; tu passas sur la terre, Comme Jésus, faisant le bien ; soulage, Tu laisses après toi des traces glorieuses rage Dans ces travaux nombreux, dans ces œuvres pieuses

Dont tu fus l’auteur, le soutien,

Partout.où le regard se tourne, il voit paraître Les souvenirs vivants de ton zèle de prêtre Et ton nom écrit de ta main; Puis, comme un résumé de cette grande vie, Il contemple aujourd’hui ta figure bénie Gravée à jamais sur l’airain.

Oui, ces grands monuments aux traits ineffaçgables Mettent sous nos regards les fastes admirables De tes longs et nobles labeurs ; Mais, pour faire revivre et consacrer ta gloire, Le plus beau monument qui garde ta mémoire, Tu l’as élevé dans nos cœurs |

ineffagables LES ÉTRENNES irables

Ÿ gloire, \émoire,

La foule circule joyeuse,

Et tous les marchands Ont la figure r

Près de leurs Piles de gros SOUS, Les reverbères, sur 1 neige, Jettent leurs reflets tremblotants, Et les boutique Ouvrent leur P

de joujoux adieuse,

S qu’on assiège

orte à deux battants

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C’est la veille du jour de l'an;

Et, pendant que Bébé sommeille,

Soit le papa, soit la maman

S'en va de boutique en boutique

Choisir, de l’œil et de la main,

Quelque chose de magnifique

Pour surprendre Bébé demain.

L'’emplette se fait et s'emporte, On arrive, on ouvre la porte

Et puis, mystérieusement,

Sans faire de bruit. Doucemeut Sous les oreillers on dépose

La bonbonnière, et, près du lit,

Les jouets dont le bébé rose

Va rêver pendant cette nuit.

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o, Car, depuis la Noël, on songe Aux étrennes. Tous les enfants Trouvent que cela se prolonge Et comptent, pensifs, les instants, Mais, c’est la dernière journée, Ils se sont endormis joyeux ; Demain, c’est la nouvelle année,

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