‹ Les perce-neige [microforme]Chapitre 39 sur 49 · CHANT DE L’EMIGRANT INDIEN · texte numérisé non relu

CHANT DE L’EMIGRANT INDIEN

Imité de l'anglais du Col. Patten.

A Melle À. M.

And atreaty was entered into between the Commisaioners and the tribes of the Sacs ând Foxes wherein the latter obligated themselives to retire beyond the Mississippi and never again to return.

Il nous faut passer la rivière, Objets de haine, aux blancs soumis; Notre aïc a perdu la lanière Qui foudroyuit nos ennemis.

La voix qui s'élevait, terrible, S’'est éteinte en un flot de sang; Le bras qui semblait invincible Ne tiendra plus le yatagan.

Et les blancs foulent cette terre

Où nos guerriers, dans leur orgueil, S’assemblaient, La chanson de guerre S’est changée en un chant Ge deuil.

Le cerf peut courir dans la plaine

Et j'homme blanc s'asseoir sans peur :

Du chasseur la fin est prochaine,

Le guerrier n'a plus sa vigueur,

Il nous faut passer la rivière, Epouses, vieillards et guerriers, Pendant que l'ombre sur le terre Dérobe nos nouveaux sentiers,

© Nous abandonnons nos cabanes, À:

Nous sommes bannis ici-bas ; és Nous habiterons les savanes : a Qui peut savoir où vont nos pas ?

Le loup peut hanter la montagne, La loutre, sortir de ses eaux, Le castor, en pleine campagne To Bâtir ses solides châteaux.

Le chasseur a brisé sa lance, Le trappeur a rompu ses rêts ; L'homme blanc a fait le silence Sur nos lacs et dans nos forêts,

Et, dans la nuit, le chien qui filaire, N'attendra plus notre retour ; La torche, au wigwan solitaire,

En vain brûlera jusqu’au jour.

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