‹ Les perce-neige [microforme]Chapitre 40 sur 49 · LES ANNALES DE LA PAUVRETÉ · texte numérisé non relu

LES ANNALES DE LA PAUVRETÉ

Iité de l'anglais. *

A À. B. Routhier.

Chut! parlez bas, monsieur, s’il vous plait :—pauvre.enfant!. , .. Veuillez vous asseoir là, tout auprès de la porte:

Elle dort d’un sommeil si léger. qu’elle entend

Le moindre bruit qu’on fait, car, elle n’est plus forte,

Un rien l’agite.

Hélas! ce qu’elle peut avoir,

Dieu le sait; voilà bien des mois que cela dure, [Et qu’elle s’affaiblit sans qu’on puisse savoir | Que faire. , !' Oh! croyez-moi, monsieur, ce que j sndure ne

A voir ma pauvre enfant ainsi se consumer Est impossible à dire, et d’autres qu’une mère Ne le comprennent point.

Hélas ! Tant les aimer Ces chers petits pour qui l’on souffre la misère

Avec joie ! Ët les voir chaque jour devenir Plus faibles que la veille, et, dans leur pauvre œil sombre Voir le voile fatal s'étendre et le ternir,

C’est trop ! ,.. Regardez-là, ce n’est plus que son ombre. Le beau soleil d’été,—je ne sais pas comment

Cela se fait, — l’abat, la mine, la dévore; Cette chaleur la tue. —

Est-ce mon seul enfant ? , Dites-vous. —

Hélas ! oui; Dieu m’en avait encore

Donné trois autres, tous presqu’aussi beaux que ceux Des riches. Ils sont morts à peu près au même âge Et tous du même mal. C’est un mal dangereux Et qui détruit souvent le bonheur d’un ménage : La pauvreté. Le manque et de pain et d’air pur Les a tous fait périr, comme la sécheresse | Fait aux fleurs.

: Ah! monsieur, j'ai trouvé cela dur, Et j'ai pleuré : c’était plus que de la tristesse, J’ai pensé que mon cœur éclaterait. Pourtant, I] vient de ces moments où je suis presque heureuse De les avoir perdus: c’est qu’ils souffriraient tant !

— 197 = —Leur père ? dites-voüs —

Je ne suis Pas causeuse, écrier les siens ;

Vouer, la boisson et Ja grève

le pauvre homme,

Et je sais qu’il est mal de d Mais il faut l’a

L'ont changé,

Il suffit, je soutiens} Ma moitié du fardean tant que Je puis : j’achève mbre Tard le soir et Je suis debout de grand matin : R Toute seule j'a nore.

—Et celle-ci, du moins, Voudrais-je la garder ?

—Comment, 8i vous avez des entrailles de père, Avez-vous Pu songer à me le derffander ?

Pauvre ange : c’est, hélas! la seule et la plus Chère Qui me reste; et vou

8 me demandez! . 27 x Qu'est-ce 1à ?

Des remèdes, du lait e Pour l’e

c de ceux Qui cherchent les petits malades et leur mère,

Le désespoir au Cœur, travaillant auprès d’ Hélas ! que vous devez avoi

Que je vous dois.—Mon Dieu! je ne-puis:qu'à genoux: Vous en remercier: . ....

Elle était assoupie Quand vous êtes entré; voulez-vous, au moins; voir: Celle que vous avez...

Misère ! Désespoir !

Quand le secours-était sur le’ seuil de-la porte, Mon Dieu ! c’est donc fini ! Morte ! mon enfant! morte 4!

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