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MI RAMMEXTO
A Mlle S. P.
Je me rappelle une charmante enfant.
Dans sa robe blanche drapée,
Laissant flotter ses longs cheveux au vent, Et jouant même à la poupée.
Je me souviens encor de ses grands yeux
A la soyeuse frange noire, Fixant sur moi leur regard curieux,
Quand je racontais une histoire.
Souvent, le soir, quand tardif je partais, Je voyais ses paupières closes ;
Et, doucement, tout songeur, je mettais Un baiser sur ses lè^Tes roses.
Elle a grandi ; je n'ai plus, maintenant, Le droit de trop vous parler d'elle ;
La jeune fille a remplacé l'enfant, On l'appelle : " Mademoiselle."
Elle sait bien, pourtant, que, dans mon cœur Malgré le froid des ans qui passe,
Son souvenir a la même fraîcheur Et garde la meilleure place.