‹ Les perce-neige; premières poésiesChapitre 4 sur 21 · IR · texte numérisé non relu

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MI RAMMEXTO

A Mlle S. P.

Je me rappelle une charmante enfant.

Dans sa robe blanche drapée,

Laissant flotter ses longs cheveux au vent, Et jouant même à la poupée.

Je me souviens encor de ses grands yeux

A la soyeuse frange noire, Fixant sur moi leur regard curieux,

Quand je racontais une histoire.

Souvent, le soir, quand tardif je partais, Je voyais ses paupières closes ;

Et, doucement, tout songeur, je mettais Un baiser sur ses lè^Tes roses.

Elle a grandi ; je n'ai plus, maintenant, Le droit de trop vous parler d'elle ;

La jeune fille a remplacé l'enfant, On l'appelle : " Mademoiselle."

Elle sait bien, pourtant, que, dans mon cœur Malgré le froid des ans qui passe,

Son souvenir a la même fraîcheur Et garde la meilleure place.

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