LE SOIE
A Bominigiue Ducharme.
La brise doucement caresse le feuillage,
L'air est limpide et pui* ; La mer frappe sans bruit le sable du rivage,
De sa vague d'azui-.
Les rayons du soleil par delà les collines
On incliné leur feux, Et leurs derniers reflets, en teintes purpurines,
S'étendent dans les cieux.
Le ruisseau près de nous promène son mui'ini^e
Sur un lit de gazon ; Le rossignol, caché dans son nid de verdure,
Commence sa chanson.
Chante, poète ailé, chante ; ta voix sonore
Est un écho du ciel ; Pour publier le Dieu que tout mortel adore,
La branche est ton autel.
L'ombre s'étend sui- nous ; déjà la pâle étoile
Tremble dans le ciel bleu ; La nuit, à l'horizon, tend un coin de son voile :
Mortels, pensez à Dieu !
Pensez à Dieu qui vient, sur l'aile du silence,
Passer auprès de vous, Qui vient sécher les pleurs et remettre l'offense
Du pécheur à genoux.
Pensez à Dieu ! pensez à votre dernière heure :
La mort aime la nuit ; Peut>être elle viendra marquer votre demeure,
Quand sonnera minuit !