AUTOMNE
EÊYEEIE
Les arbres ont perdu leur verdure brillante, On ne voit plus de fleurs dans le jardin désert ; Les nids abandonnés n'ont plus de voix qui chante, La nature frissonne au souâie de l'hiver.
J'ai, sur un guéridon, tout yn'ès de ma fenêtre. Un petit rosier blanc entr'ouvert à demi. Pauvre fleur solitaire, en qui je vois renaître Dans un lointain vermeil, le printemps endormi.
Ainsi, quand vient pour nous l'automne de la vie, Une seule vertu suffit pour l'embellir Et prêter son parfum à l'âme endolorie, En attendant l'avril qui ne doit pas finir.
PLEXJBEZ LES MORTS !
Monrn for the de ad, They hare passed sw&j.
Pleurez les morts ; la froide nuit Les enveloppe de son ombre, Et la blanche étoile qui luit N'éclaire pas leur tombeau sombre.
lia feuille, au printemps, reverdit, Les oiseaux chantent dans les arbres, Le soleil partout resplendit :
Ba]5 restent couchés sous leurs marbres.
Pleurez les morts ; le vent du soir Gémit, et, de sa tiède haleine, Baigne vos fronts ; qui peut savoir Si ce n'est pas leoi- âme en peine ?
Lorsque la neige des hivers Remplace la douce verdure, Les nids des oiseaux sont déserte Et la forêt est sans murmure.
Au nid les oiseaux reviendront Chanter encor sous la feuillée ; Tandis que les morts dormiront Seuls, sous la terre soleillée.
Pleurez les morts ; le vent du soir Crémit, et, de sa tiède haleine, Baigne vos fronts ; qui peut savoir Si ce n'est pas leur âme en peine ?
La lune tremble soi- les flots, Et, sous le saule qui se penche, On croit entendre des sanglots S'échapper de chaque croix blanche.
A genoux, répandez des pleurs, Priez ; quelqu'un, dans le mystère, "Viendra, sui- le gazon sans fleurs.
Cueillir vos pleurs, votre prière.
Pleurez les morts ; le vent du soir Gémit, et, de sa tiède haleine, Baigne vos fronts ; qui peut savoir Si ce n'est pas leur âme en peine. ?
EAYOXS ET OMBEES
Imité de V anglais du Col. Paiien.
Ail that' 3 bright must fade The brightest still the fleetest.
C'est quand le ciel revêt sa plus riche couleur Que le soleil pâli vers son couchant décline ; Quand la rose à nos yeux ouvre toute sa fleur, Sur la tige on peut voir sa tête qui s'incline.
L'oiseau trouve toujoui-s son plus touchant refrain A cette heure où le soir vient fermer sa paupière ; Et réchari-)e qu'Iris fait flotter dans sa main Jette en disparaissant sa plus vive lumière.
Les gouttes de cristal que le matin répand vS'allument au rayon qui les fait disparaître; Et l'étoile du soir projette, en s'éteignant, De tous ses rayons d'or le plus brillant peut-être.
De nos jours tel. hélas ! est le cruel destin : La paix que nous goûtons précède les alarmes ; Le soir vient nous ôter le bonheur du matin, L'œil à peine a souri qu'il se voile de larmes !
Bien loin de notre sphère, il est pourtant un lieu Où notre âme n'a plus à redouter l'épreuve, Où, contemplant de près les splendeurs de son Dieu, Dans l'amour infini le cœur nae^e et s'abreuve.
On y respire en paix le souffle du bonheur Sans que le doute amer y mêle sa tristesse ; Fasse le ciel clément, un jour, que notre cœur Se plonge dans ces flots d'éternelle allégresse !