V. Noua démanltons encore par là <|ue lesoMations da
TERTtJLLtËN.
la miséricorde et les sacrifirrs spirituels avaient été prédits. En effet, les sacrifices terrestres du fils aîné, c'est-» èrdire d'Israël , nous sout figurés dès le berceau du monde par les offrandes de Gain ^ tandis que nous trouvons dans celles du fils le moins âgé» d'Abel , c'est4i-dire de notre peuple^ des sacrifices d'une autre nature. L'ainé présen-^ tait au Seigneur a les premiers fruits de la terre. Abel ^ CI qui était le plus jeune des deux , présentait aussi liss pre- « miers nés de son troupeau. Le Seigneur regarda Abel « et ses dons; mais il ne regarda ni Gain ni ses dons. Ec ^ « le Seigneur dit à Gain : Pounjuoi ésHu irrité et ton vi- « sage dbattu ? Si tu fais ïnen , n*en recevraMi pas le 9a*< « laire ? Si au contraire tu partages d'une manière iné- « gale, n'as-tu pas péché ? Calme la colère. Ton péché se « tournera contre toi mais tu peux encore le dominer. « Et alors Gain dit à Abel , son frère : Sortons. Et lors- « qu'ils étalent dans la campagne , Cnin s'éleva contre son « frère Abel et le tua. Et le Seigneur dit à Gain : Ou est « Abel.) ton frère? Caïn répondit : Je ne sais. Sui»-je le « gardien de mon frère? Et le Seigneur lui dît : Qu'as4a « fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jus<* « qu*à moi. Voilà pourquoi tu seras maudit maintenant « sur cette terre qjii a ouvert sa boudhe pour recevoir le n sang de ton frère, versé par fa main ; tu seras toujouni « tremblant et gémissant sur la terre. Et Gain dit au Set* « gneur : Mon iniquité est trop grande pour que je puisse « mériter le pardon. Voilà que vous me rejetes de la feoe « de la terre , et je fuirai votre présence, et je serai géa missanl et IremblaiU sur la terre, et quiconque me trou- « vera , me tuera. » Nous remarquons par là que les deux sacrifices des deux peuples avaient été figurés dès l'origine.
Enfin , lorsque Moïse consignait dans le Lévitique les prescriptioQs sacerdotales , nous y trouvons qu'il était enjoint au peuple d'Israël de n'ofirir des sacrifices en aucun autre lieu que dans la terre de la promesBe, que le
Sei^éÊmt Dieu devait doonèlr as pèaple d'faraâ et à ^ed frères , afin que quand hm&, y serait introduit , il y oélé> farài des sacrifices et des lioloarasieB) tant pour les péchës que pour les ames; mais jamais ailleurs que dans la terre sainte. Pourquoi donc TEsprit annonce-t-il ensuite , par la bouche des prophètes, qu'un jour des sacrifices seront ofiferts sur toute la face de la terre et en tout lieu , ainsi que le prédit Malachie , un de ces douze anges que nous appelons prophètes? « Je ne prendrai plus de présens de « votre main. Car depuis le lever du soleil jusqu à son « couchant , mon nom est grand parmi les nations , dit le nySeignaipr tout-puissant ^ Ton sacrifie en tout lieu , et une «le^atîsii pure est offerte à mon nom. » David » dans led psaifiicsf^ent le même huigage : « Nations» appcMtez vos UMHiiges àiDiea : i> oui sans doute , parce que la piér' dkbtîs^ iidB&> Apôtres devait retentir sur tonte la tenre. « litndsa à^Pkm gloire et honneur; offres des sacrifices « à son nem : prenez vos offrandes , et entrez dans son « sanctuaire. » En effet , qu'il faille apaiser Dieu par les sacrifices de l'esprit et non par ceux de la terre, nous le lisons ainsi : « Lu cœur contrit et humilié est l'offrande « qui plaît à Dieu. » Et ailleurs: « Offrez h Dieu un sa- « orifice de louanges, et rendez au Très Haut vos hom- « mages. » Ainsi, voilà un sacrifice spirituel de louanges annoncé formellement, et « un cœur contrit et humilié « cstirofiiande qui plaît au Seigneur. » Gonséquemment, d'imaipan ^ réprobation des sacrifices chameb dont Isaie paille en ces termes: «Quel fruit me revient*il de la « multitude de vos viisdmes , dit le Sei^èur ?» et de l'autre, pramesses d'un sacrifice spirituel et agréable au Seigneur^ comme Fannonoeat les prophètes : « Quand même « Yous m'offiriricz de la ferine de froment , tos sacrifices « sont inutiles ; je les ai en horreur, n II ajoute encore : « Qu'ai-je besoin de vos holocaustes , de la graisse de vos a iinimaux, du sang des génisses, des agneaux et des boucs? tt Lorsque vous tendrez les mams , je ne vous exaucerai
302 TORTULLIEN.
« point* Quia demandé ces offrandes à vos mains? » Ecoa* tes ) au contraire» .œ qn'U dit des saorifiœs. spiritnels : « Des sacrifices pws et sans tache seront oficrts k taon « nom en tout lieu, dit le SeigpAcnr. »
VI. Maintenant qu'il est manifeste pour nous qQ*il a été prédit un sabbat temporaire et un saljiat éternel, une cir* concision cliarnelle et une circoncision spirituelle, une loi temporaire et une loi élcrnellc, des sacrifices charnels et des saeritices spirituels, la conséquence veut iju aux temps où ces préceptes charnels avaient été dounéiï au peuple Juif, ait succédé le temps oii devaient cesser la loi et les cérémonies anciennes, pour faire place nnx promesses de la loi nouvelle , à la counaissànce des sacritices spiri- * tuels et à raccomplissement de la nouvelle alliance, puisque nous avons été éclairés « par cette lumière d'en haut, « nous qui étions assis dans les ténèbre» et dans Tombrc « de la mort. » Far conséquent» comme nous avons établi plus haut que les prophètes avaient prédit une loi nouvelle, différente de celle qui avait été donnée à leurs pères, lorsque le Seigneur les tira de la terre d'Egypte , nous sommes dans la nécessité de montrer et de prouver, d'une part, que la lot ancienne a cessé; d'autre part, que la lui nouvelle qui avait été promise est maintenant en vigueur. Avant tout, il lauL exaiDiner d'abord si le législateur nouveau, l'héritier de ralliaiice nouvelle, le pontife des sacrifices nouveaux , le purificateur de notre circoncision, rohservateur du sabbat éternel, est encore attendu pour abroger la loi ancienne, établir lalHance nouvelle, oUrir des sacrifices nouveaux, supprimer les oérémoiiies ancien n es et Pancienne circoncision, puisqu'il annonoequ'il a un sabbat particulier et «un royaume nouveau qui « n'aura point de fin. » £n deux mots , nous avons h diercher si l'auteur de la loi nouvelle , l'observateur du sabbat spirituel, le pontifb des sacrifices éternels, le maître étep* nel du royaume éternel, est venu ou non. S'il est venu , il faut le servir. S'il n'est pas venu, il Êiut i attendre ,
TJE&TULUEN. m
foatm qn'il âotl mtàÊèato qu'à son aWament Jet prél^ oeptes de k loi aDoienne doivent céder la place awr ht-* mièresdela loi nourelle. Le premier principe qu'il s agit d établir, c'est que la loi ancienne et les prophètes n'aui aient pu cesser, si celui dont cette même loi et ces mêmes prophètes annou^icui 1 aveDement, n'était pas descenc^u sur la terre. • '
VII. discussion est donc engaf^ek^ sur ce terrain : Le Christ dont 1 avènement était annoncé, est»ii venu? ou bien attendons-nous encore le Christ qui doit venir? Pour ledféiuoDtrer, nous avons besoin d'examiner les temps que les prophètes avaient marqués pour lavénement de Jësu»^ Cbrisi» afin que» d nous reconnaissons qu'il a paru aua temps marquîÉe par eux, nous soyons iermemenl convainc mis qu'il est ce même Christ annoncé par les prophètes, et auquel les nations devaient croire. Puis , quand il àera certain qu*il est venu , ibm nous sera de croire in* vineîfalement qu'il a donné la loi nouvelle, et que le Testament nouveau s'est accompli pour nous en lui et par lui. iSous le savons, en effet, les Juifs ne nient pas que Jésus-Christ doive descendre parmi nous, puit^qu ils mettent toute leur espérance dans son avènement. Nous n'avons pas besoin de nous étendre davantag^e sur ce point. M'avons-nous pas le témoignage de tous les prophètes, et particulièrement d'IsQie , loraqujl dit : « Voici ce que dit «rfe^ Seigneur Dieu au Christ mon Seigneur : Je t'ai pris « par la main pour t'assujétir les nations; je briserai pour « loi les forces des rois; les portes des villes s'ouvrinmf « en la présence, et aucune d'elles ne te sem fermée? » Noqs avons vu cette merveille s'accomplir. Qui Dieu le Pârei prend*- il par la main, si ce n^est Jésus -Christ, sottiFiis, que toutes les naîfionsont écouté, c'est-à-dire, dans lequel ont cru toutes les nations, et dont le Psalmiste nous désigne ainsi les Apdtres chargés de prêcher son nom : « Leur parole s'est répiuuiue dans tout 1 univers ; « elle a retenti jusqu aux extrémités de la terre? » Je le
demancle) en qud antre les natiûiu ont-elles crn, mcm en XésDS-Qirist , qui est déjà venu ? En quel antre ont cni les natkws, « Fte&es, Mèdes, Ébmites, et ceaxqni Im-
« bitent la Mésopotamie , l'Arménie , la Phryjyie , la Capte p<)rlocc, le Pont, l'Asie, laPamphyJic, 1 Egypte, cette <( partie delà Libye qui est près de Cyrène, et les étran- « gerS venus de Rome ? » En qui ont cru les Juils (jui hâtaient alors Jérusalem et les autres nations, telles que les différentes races des Gélules, les frontières multipliées des Maures, les dernières limites des Espagnes, les nations des Ganles y ks retraites des Bretons , inaccessibles aux Romains 9 maïs subjuguées par le Christ; les Sannates , les Daces , les Germains, les Scythes, tant de nations cadiées, tant de provinces, tant d'iles qui mous sont inconnues, et que par conséquent il nous serait impossible d*Àiumérer?
Dans tons ces lieux retentît le nom de Jésua^Sbnst, qui est Tenu et qui règne, comme le Dieu « en présence « de qui se sont ouvertes les portes des cités, et pour qut
(( nulle n'a été fermée •, — devant qui toutes les portes de u ier ont élc brisées, et toutes les portes d'airain ouver- « tes. » Quoiqu'il laïUe entendre ces paroles dans un sens spirituel , qui signifie que les cœurs de chacun de nous , assiégés de diverses manières par le démon, ont été ouverts par la foi de Je sus Christ , il n'en est p^s moins vrai qu'elles se sont accomplies à la lettre , puisque le peuple de Jlésus-Qirist. est déjà répandu dans tous les lieux. Qui donc aurait pu régner en tous- lieui, râon Jésu&^rist , Fils de Dieu , qm nous était annoncé comme devant régner éternellement sur toutes les nations? Salomon régna, U est Tiai, mais seulement dans les limites de Jnda, et les frontières de son empire ne s'étendirent que de Bersab^ à Dan. Dncius régna, il est Trai, sur les Babyloniens ee les Farthes, mais il n*a point asstijéti toutes les nations. Pharaon , et après lui tous les souverains de ce nom , régnèrent sur l'Ë^ypie, uidià sur i Êgypie seule. Ainsi, Na-
iJiyiiizeu by
ncàtOIXtBN. 305
biichodonosor, aidé de ses lieutenants, jMssft fiâ obnquêtes de l'Inde à TÉthiopie 5 là expirait n pnksance. Ainsi Alexandre le Macédonien j maître un moment de l'Asie entière et des contrées qu'il ayait vaincues, ne légua point son empire à ses héritim. Ainsi le Germain n'a pas encore permis à l'étrange de ftanchîr ses barrières. Le Breton est retranché derrière l'Océan qui FenTironne. L imp^ence du Maure , et la imrbarie du Gélule est tenue en échec par les Romains, pour la contenir dans ses limites. Que ditai-je des ftomains eux-mêmes qui u ont pas trop de leurs légions pour garder les frontières de leur empire , et qui n'ont jamais pu les transporter au-delà de ces nations ? Il n en est pas de même de Jésus^hrist : son nom et sa^uissance onr pénétré dans tous les lieux du monde. Partout on croit à lui; il est honoré par toutes les nations que nous venons de nommer ; partout il règne, par* tout il est adoré; partout on lui paie un tribut ^1 -'point de roi qui trouve auprès de lui plus de faveur ; point de. Barbare qui soit accueilli avec moins de joiej point de privilège d^rang ou de naissance qui détermine les mérites. Le même pour tous, il commande ^ementà tous, seul rm, seul juge, seul Seigneur et seul Dieu de 1 univers. rifMMnqn t héaifeeras^tu de croire ce que nous afhrmons 4aànd tout cela s'accomplit sous nos yeux ? ' i^.îTOI. 11 faut donc examiner les temps prédits et marqués pour la naissance de Jésus-Christ, pour sa passion et pour la dissipdLion , c est-à-dire pour la ruine de Jérusalem. Daniel dit en effet : « La cité sainte et le Saint des saints « seront dissipes par le ( lui qm doit venir, et le temple « sera renversé jusque dans ses fondements. » Gheixshons donc quels sont les temps où devait apparaître Jésus- Christ, notre chef. Nous les trouveronsomisignésdans Daniel. Après les avdr calculés, nous prouverons que Jésus- Christ est venu, non-seulement d après les temps marqués, mais d'après ks signes qui devaient raccompagner, et les miracles qu'il a t^rés. Kons établissons cette dé- I. vu. 20
306 TEaiULUEN.
monstralion par les événemens qui devaieni suivre sa venue , ainsi que le déclare la prophétie , afin que nous croyions tout à la fois à la certitude de la pi«kliction , comme à raccomplissemenlde la prédiction. Telle est donc la nature de la prophétie de Daniel sur Jésus-* Christ , qu*il annoD^ dans quel temps et à quelle époque il devait délivrer les nations, ajoutant de plus que la cité dé^ dde serait ruinée après la passion du Seigneur. En effet, ymci en quels termes il s^eitprime : « En la première an- « née de Danus» fils d'Assuérus, delà raœ-dû Mèdes, qni « régna sur le royaume des Chaldéens, moi, Daniel , j'ai « compris dans les livres le nombre des années. Et pen- (i daiit que je parlais encore en ma prière, voilà que Gatt briel , que j avais vu en une vi^iou au conintcncement, « Yola soudain, et me loucha au temps du sacrifice du « soir. Et il m'enseî(pa, et il me parla, et il me dit: « Daniel , maintenant je suis venu afin de t'enseigner et « que tu comprennes. La parole est sortie dès le commen- « cernent de tes prières; mais je suis venu poiir te dire que « tu es Thomme de désirs : toi donc, médite la parole, et « comprends la vision. Les soiiante-dix semaines sont « abrégées sur ton. peuple et sur la sainte cité , afin que « la prévarication soit consommée, et que le pécihé prenne « fin , et que T iniquité sott effacée, et que la justice étei^ u neUe paraisse, et que la râion soie accomplie, ainsi « que la prophétie, et que le Saint des saints reçoive « Tonction. Sache donc et comprends : Depuis la fin de « la parole où J( ni-aloin sera Je nouveau réédifiée, « jusqu'au CIj] is( kù , il y aura se pt semaines et demie et u soixantc-(ii'nx semaines et demie ; et de nouveau sc- <ç ront édificLS l;i place publi(|uc et les murailles au miu lieu de la joie -, et les temps seront renouvelés. Et après 4c ces soixante^uze semaines, le Christ sera misa meurt ; <( ce peuple ne sera plus son peuple ; et avec un chef qui « doit venir , il dissipera la cité et le sanctuaire ; et ils « seront égorgés comme dans me inondation jusqu'à la
TERTOIUBir* 307
« ûn de ia guerre , qui ue finira que par une ruine oom^ (c plèle. £t il confirmera Talliance pour plusieurs. Dans « une semaine et la moitié d'une semaine , mon oblatiou it et mon sacrifice cesseront , et Tabomiuation de la àéao^ K latioQ sera dans le temple , et persévérera jusqu'à la « consommation et la fin (1). »
Bem^rquons donc le terme fixé par le prc^ihète, et avec quelle justesse il a prédit que soixantendix semaines s^é-" couleraient, après lesquelles, « ils seraient édifiés en lar- » geuret en luiigucur, et les temps seraient renouvelés, » s^ils recevaient Jésus- Christ. Mais Dieu qui lisait dans
I iivt riir, et qui savait bien qu après l'avoir reçu, ils le persécute^ient et le mettraient a mort, se résuma et dit ; « Dans soixante-deux semaines il naîtra , et le Saint des « saints recevra Tonction. Mais» quand sept semaines et « demiè se seront accomplies , il souffrira, et après une « semaine et demie, la ville sera détruite, » c'est-^-dire au temps où les sept semaines et demie auront été révolues. Il ajoute en effet : « La cité et le sanctuaire seront
II dissipés par un chef qui doit yenir» et Us seront im-* « moiés. comme dana une inondation, et il détraira le « temple jusque dans ses fimdements, »
Mais comment prouvons-nous que Jésus-Christ est venu au bout de soixante-deux semaines et demie? Nous commencerons à compter de la première année de Darius qui est le temps ou la vision se montre aux yeux de Daniel. Car il dit : u Comprends et retiens bien ces paroles dont « je te suis garant. » Voilà jwurquoi nous devons partir de la première époque de Darius, époque oii Daniel eut cette vision. Maintenant, comment les années sont-elles remiplies jusqu'à lavénement de Jésus^Uhrist? Darius régna dix-neuf ans. Ârtaxeroe en régna quarante. Ensuite vint Ochus, le même que Cyrus, qui en régna vingt-trois.
(i) Ce passage, dté par TertulUen, offre quelques difiërences avec la Vnlgate.
Aiigtis ne fut sur le tràtie qu'un an. Un autre Dartus, da nom de Mêlas, l'occupa pendant vingt-deux ans ; Alexan^ dr&4e-Macëdonien pendant douze. Ensuite, après Alexau' dre, qui avait régné sur les Perses et les Mèdes qu'il avait Taiacusy et qui avait établi son tidne à Alésante, puisqu'il lui donna son nom , Soter régna tr«ftte-cinq ans dans cette mÀne Alexandrie. Ptolémée-Philadelphe , son successeur, en régna trente-neuf. Il fut remplacé par Évergète, dont le règne fut de vingt-cinq ans. Puis vint Philopdtor qui en régna dix-sept. Epiphane, après lui, en régna vingi-quatre ^ un autre Évergète, vingt-neuf ; un autre Soter, trente-huit^ Ptoiémëe, encore trente-iiuit ; Cléopâfre, vingt ans et six mois. Cléopatre régi\a concurremment avec Auguste pendant treize ans. Après Gléopâtre y Auguste en régna encore quarante-trois; car le aonibre de toutes les années de Tempire d'Auguste fut de cinquante-six. Or, nousvoyona que Jésus^hrist naît, après la mort de déopàtre, la quarantMuième année de rempire d'Auguste. Le même Auguste vécut encore quinze ans» après ht naissance de Jésus^hriat. De Cléo* pâtre à la naissance de Jésus<Ghrist, il ne restera donc plus que quarante>un ans, ce qui feit quatre cent trenlfr^ept ans six mois.
Par-là sont complétées les soixante-douze semaines et demie qui équivaient à quatre cent ueiilc-liuil ans et demi,jusqu à la naissance de Jésus-Christ, époque où « la « justice éternelle a paru, où le Saint des sairH&, c'est-h- « dire le Christ, a reçu l'onction, ou la vision et la pm- « phétie ont été scellées, et oii ont été remis les péchés » qui sont pardonnes par la foi au nom de Jésus-Christ à tous ceux qui croient en lui.
Mais que signifient ces mots : « La vision et la proj^iétie « ont été scellées? » Comme tous les prophètes annonçaient de Jésus4!lhri$t qu*il devait venir et souffrir , la prophétie ayant eu son accomplissement par son av^ement, le prophète disait que la vision et la prophétie
TERTULLUSN. 309
étaient $c0Uées, parce que Jésus-Caunst, en accomplissant tout ce que les prophètes araient autrefois prédit sur sa {monne, est comme le sceau et la consommation de tous les prophètes. Bn effet, depuis son avènement et sa pas- «on» il n'y a plu» ni vision ni prophète qui l'annoncent comme devant venir. Si cela n'est pas vrai , que les Juifs nous montrent doncquelqiK s valiuiu s rcrits par les prophètes depuis Jësus-Chrj.st on les miracles visibles ^e quelques anges, tels que les prophètes en avaient vus jusqu'à ravL iiementde Jésus-Christ qui est descendu parmi nous» ce qiu a été le sceau OU la consommation de la vidôn et de la prophétie»
C'est avec raison que 1 ëvangéliste a dit : « La loi et les * « prophètes vont jusqu'à Jean-Baptiste. » Car une fois que le Chnst eut été baptisé» c W-dire qu'il eut sanctiaé les eaux dans son baptême» la plénitude des grâces spirituelles de la loi ancienne, se concentra dans le Christ, qui scellait la vision et toutes ks prophéties, qu'il accomplit pai son ^ avènement. Vdlà pourquoi Daniel dit avec une grande eiactitude que son avéaement u était le sceau de la vision » et de la prophétie. }>
Après avoir montré que le nombre des années et le temps des soixaiUe-doux semaines et demie étant révolu » Jésus-Christ vint au monde, voyons comment sont remplies les sept «semaines et demie que nous avons retranchées des premières semaines. Auguste vit encore quinze ans après hà naissance de Jésu&Christ. U a podr successeur Tibère qui gouverne l'empire pendant vingt'denx ans, sept mois, vingt jours. JésusChrist endura sa passion k quinzième année de cet empire, à Tâge d'environ trente ans (1). Après Tibère vient Cb!us César, le même que Ca<ligula, il règne trois ans, sept mois et treize jours ; JNéron, neuf ans, neuf mois, treize jours ^ Galba, sept mois, six
(1) La clnonoloE^îe de Tcrtuîlien est fautive dans quelques poînit, et diffère d« celle dés ivvaog^8te« ainsi que 4e ceUe de Miot Jérôme.
310 ï£aXULLl£N.
jours; Othoo, trois mois, cinq jours; YilelKos, hoit mois, dix jours. Vespasien triompha des Juife dans la première
année de son règne , ce qui fait cinquante- deux ans, six mois, car il régna neuf ans. Ainsi se complètent jx>ur les Juifs les soixanie-dix semaines prédites par Daniel jusqu'au jour de lenr ruine. Avec raccomplisseraent de ces années et la ruine des Juifs, cessèrent dans cette contrée les oblations et les sacrifices qui ne purent jamais depuis ce moment y être célébrés. Car toute onction y est anéantie depuis la passion de Jésus-Christ. Il était annoncé que roDCtion « serait détruite, » ainâ qu'il est prédit dans les Psaumes : « Ils ont percé mes mains et mes pieds, n * la sanglante iminolatbn s^accomplit yers ' la fin des soixant&Hlix semaines, pendant le règne de Tîb^^ sous le consulat de RubelUus Géminus et de Fufius Géminus, au mois de mars, dans les temps de Pâque, le huitième jour des calendes d'avril, premier jour des azymes, où Mobe avait recommande de manger Tagneau vers le soir. Toute la synagogue des enfants d'Israël Timmola donc en disant à Pilate qui voulait le délivrer : « Que son sang soit sur « nous et sur nos enfants ; » et encore: «Si vous le délivrez, « vous n'êtes pas Tanil de César, » afin que tout ce qui était écrit sur sa personne pût Rvoir son accomplissement.
IX. Commençons donc à prouver que la naissance de Jésus-Christ fut annoncée par les prophètes. Issâ» parle ainsi : « ficoutes» maison de David ; n'est-ce donc pas assee n pour vous de lasser la patience des hommes ? Faut-il que « ^us lassiez encore la patience de Dieu ? C'est pourquoi « le Seignemr ^us donnera lui-même ce signe : Yoilè que « la Vierge concevra et enfantera im fils, et il sera appelé « Emmanuel , ce qui signifie : Dieu avec nous. Il se nour- « rira de lait et de miel. ^ Car, avant que Tenfiint puisse « nommer son père et sa mère, il détruira la puissance de « Damas^ et il enlèvera les dépouilles de Samarie devant « le roi d Assur. » * — £h bien ! disent ici les Juifs, uous en appelons à la
ÏËETUIliEK. 311
ptophéûe d'Inle , et nous demandons si ce nom que le prophète loi donne et fous les caractères-qu^il Ini attribue conviennent TéritaUement au Christ qui est déjà :venu. UtS» annonce t]a'il «t se nommera Emmanuel, qu'il dé- « tnnni k puissanoe de Damas, et qu'il enlèvera les de- « pouilles de Samarie en présence du roi d'Assur. » Or, ajouieat-ils , celui qui est venu n eiît pas connu sous ce nom, et n'a jamais fait la guerre.
—-Nous, au contraire, nous ( lovons devoir les avertir de relire tout ce qui se rattache ;i ce clia pitre. En effet , au mot Emmanuel f est jointe sa sïf;]iiticaii!jn « Dieu avec nous,» aiiii que Ton examine monis l'expression que son sens. « Emmanuel , » mot hébreu : Emmanuel , particulier à sa nation ; « Dieu avec nous, n signification commune à Ions. OT) je le demande, cette appellation, «Dieu avec « nous, TU représentation exacte du mot Emmanuel, ne se férifie^HsUe point dms le Christ, depuis que ce soleil de justice a brillé sur le monde ? Tu ne pourrais le nier, je Tima^ne. Car ceux qui ont abandonné lé judaïsme pour croire à J^sus-Christ , depuis qu'ils croient en lui, répètent : u Dieu est avec nous, d quand ils prononcent le mot Emmanuel. Il est donc attesté que TEm manuel des oracles ' est déjà descendu, puisque Emmanuel , c'est-à-dire, « Dieu « avec nous, » est venu.
Les Juifs se laissent encore abuser par les mots, lorsque dans a cette puissance de Damas que Jésus-Christ « doit détruire, dans ces dépouilles de Samarie qu'il émit pofte en face du roi d'Assur, » ils s'opiniâtrent à Yoir les présages d'un Christ conquérant, sans feire attentbn aux: dédarations qui précèdent : « Avant que Teniant sache « nommer son père et -sa mère, il détruira la puissance « de Damas et il emportera les dépouilles de Samarie en « fece du roi d'Assqr. » Il est bon d^examîner auparavant l'énonciatioQ dé l'âge de cet enfant, pour voir si sa faiblesse, qui ne comporte pas encore un rôle d'homme, ne répugne pas davantage à un rôle de général. £n vé-
rite » c*est par le TagbsemeDt de son berceau que le uott** ▼eau-né appellera ses peuples aux armes j c'est avec la trompette et non ayec le hochet qu'il donnera le signal du combat. Que lui parlez-vous d'armes, de cheval , ou de rempart pour découvrir Tennemi ? C'est du. sein de l'esclave qui le porte, c'est des bras ou des épaules de sa nourrice qu'il l'observe, et au lieu de mam^les^ c'est Damas et Samarie qu'il va subju^er. Que les nouveaunés s'élancen! pariiii vous au combat, sécliaut d abord au soleil leurs niembres frollés d'huile , puis armés de lauges et recevant du beurre pour solde, je n'ai plus rien à dire : ils savent lancer le javelot a vaut de tourmenter le sein qui les allaite ! Par loos sérieusement : si, d'après les lois de la nntLiî c , l'apprentissage de la vie précède partout celui de la milice, s'il est indispensable de connaître le nom de son père et de sa mère avant d'abattre l'orgueil de Damas, il Êiudra conclure de ces eiqpressbns qu'elles sont figurées.
— Mais l'enfiuitement d'une Tierge ne coniredit pas moins la nature, ajoutent-ils, et cependant il feut croire le prophète.
— Oui , et avec justice. Il a préparé ma foi à une chose
incroyable , en me disant qu'elle me servirait de signe ; « C'est pourquoi le Seigneur vous le donnera coiuiue un «signe. Voilà qu une vierge concevra et enfantera un « fils. » Si ce n'eût pas été quelque nouveauté prodigieuse, le sin^ne eût semblé peu digne de Dieu. Eu effet , vous avez beau alléguer, pour renverser la foi de quelques-uns à ce divin oracle, ou attirer à vous quelques ames simples et crédules, que les livres saints n'ont point voulu parler ici d'une vierge, mais d'une jeune fille, mensonge absurde, qui se réfute par lui-même, nous écrierons-nous! Un événement aussi commun que la conception et la maternité chez une jeune fille pouvait-il être signalé comme un prodige ? Mais une vierge pière ! voilà un signe au-* quel j'ai raison de croire. Il n'en va pas de même d'un
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TERTULLIEN. aid
oopqiiérant now^i^riié : j'y cbenchmis Tamement la
raison du âgne*ii., • :C ••■i;r.r.
Après cette Daissance à laquelle est attaché un sî^e^ arrive on ordre de oirooDStanees moam élevées. « L'eo&nc « niaiigani le miel et le beurre. » Là point de signes car QBpi appa^aiit à Tenfanoe} maïs « la puissance de Damas « qu'il doit reuTerâer^ et les dépouilles de Samarie qu*ii « emportera en face du roi d'AssUr, » renferment encore uû sigue mystérieux. Ne perde/, pas de vue l'âge de l'enfant^ chcreLex le sens de la prophétie ^ faites mieux î restituez a la vérité ce que vous ne voulez pas croire. Alors s*évanouissent les obscurités de la prédiction aussi bien que l'incertitude de son accomplissement. En effet, laissez-» nous ces Mages de l'Oriem, déposant aux pieds de reniant- Dieu rbosonage de Tor et de rencens ; et le Christ à son berceau, sans armes, sans combats, aura enlevé les dé-pouilles de Samarie ! Outre que la richesse principale de rOrient réside <luis son or et ses parfums, comme personne ne rignore, il. est certain que Ter constitue aussi k force des autres nations. Témoin ce passage de Zacbarie : u Jnda « s'upka à Jérusalem pour les vaincre, et il amassera les « richesses des nations , Tor, Targent et les étoffes pré-^ ^ « cieuses en grand nombre. » David entrevoyait déjà Fhoniieur rendu à son Dieu , quand il disait : u L'or de l Arabie « lui sera dimiié; m et ailleurs : « Les rois d'Arabie et de « Sdba iiiettroQt à ses pieds leurs offrandes. » L'Orient, en effet, fut presque toujours gouverné par des Maejc s, et Damas était autrefois comptée comme une dépendance de la Syrie, avant que la distinction des deux Syries T incorporât à la Syrophénicie. Le Christ , en recevant l'hommage de scm or et de ses parfums, conquit donc spiriuuellement sa puissance.,, . , ^ ,
Quant aui dépouilles de. Samarie, il faut entendre par là les Mages eux-mêmes, qui , après avoir connu 4e Christ, après être venus le chercher sur la foi de son étoile, leur lémpîn et leur (^uide^ après Tavoir adoré humblenciil
comine lenr menarqQe et leur Dieu , représentaient par leur foi nouvelle dans le Christ les dépouilles enlevées è Samariey c'est-à-dire à ridolàtrîe wncue. En effet , au tien de Fidolàtrie^ le prc^hèle a nommé allëgicaîqfieiiient Samarie, diflhmée par ses superstitions et sa i^olte odiitre Dieu, sous le roi Jéroboam. Bs^oe la première fois que les Éca<iture8 emploient une transpostdou de termes^ potir désigner des crimes semblables? Salomon appelle vos chefs des magisUats de Sodome^ il noaime votre peuple, peuple de Gomorrhe, quoiqu'il y eût déjà lon^- temps ([ue ces villes étaient détruites. Ailleurs le Seifjnt nr du à i&raél par son prophète : « Votre père était Aniorrhéen et votre « mère Célhéenne j » non pas qu'ils fus.se ut ?nrti^ du même sang, mais parce qu'ils avaient imité les prévarications de ces peuples. Et à qui adresse-t>il ces reproches? A ces mêmes enfants qu'il « avait autrefois engendrés et nourris, n disait-il. Ainsi encore TEgypte signifie souvent, dans son langage, la flétrissure attachée au monde de l'idolâtrie et de la malédiction. Ainsi encore Babylone, sons la plume de notre Évangéliste, représente la grande dlé romaine^ immense, orgueilleuse de sa dominatbn , et se baignant dans le sang des martyrs. TéL est aussi le sens du nom de Samaritains donné aux liages : ils sont dépouillés, disent nos livi es saints, parce qu'ils avaieiil participé aux superstitions idulàlriques de Samarie.
Quant a ees paroles : u En y)r('seTice du roi d'Assur, » elles ri(^iire[]l le déaioQ qui croit aflermir son royaume^ quand il détourne les saints de la religion de Dieu.
Cette explication est confirmée par plusieurs autres textes sacrés, où Jésus-Christ est représenté par quelques armes symboliques et des expressions Bgurées, sous la forme d'un conquérant. Je ne veux que la coofrontation avec ces passages, pour convaincre les Juife.. « Geignez « votre glaive, é le plus puissant des rois, n s'écrie David. Il est vrai ; mais que lisons^-nous précédemment sur le Christ ? « 11 surpasse en beauté les plus beaux des enfants
TMTULLUEIN. 315
« des hommes. La est rëpandve sur ses lèvres. » En vérîlé) je ris d*Bnteodre le prophète oompUmeiiier sur Téclat de sa beauté et la grâoe^ de ses lèms ud oonqué* Tant qu'il ceignait tout à Theure de son glaiVe pour les
Gombats. « Grandis , prospère , triomphe , ajoute - 1 - il . c( Triomphe pour la vérité, la douceur, la justice, m Je ie demande, sont-ce là les œuvres du glaive? ou plutôt, ne produit-il pas les œuvres les plus opposées à la douceur et à la justice, la ruse, la cruauté, la barbarie, fruits inévi^ tables des combats ?
Examinons donc si ce glaive, dont les opérations sont si différentes, ne serait pas différent, c'est-à-dire, 8*il ne serait pas la parole divine, glaive à deux tranchants, aiguisé par les deux Testaments , celui de la loi ancienne et de la kâ nouvellè, aiguisé par son équité autant que par sa sagesse^ et rendant à chacun selon ses œuvres. Le Christ dé Dieu dont le prophète exaltait fout à Thenre la grftce et k ^Jbeauté, a àxmc pu s'armer mystiquement, loin du tumulte des camps et dîes combats, du glaive de la parole divine» Voilà répée dont David ceignait sa cuisse , lorsqu'il annonçait qu'il viendrait sur la terre accomplir les ordres de son père. « Ta droite se signalera par (réclainnies mer- « veilles , » ajoute-t-il. Oui , par la vertu de la grâce spirituelle, d'où émane la connaissance du Christ : « Tes flètt ches sont brûlantes. » Allusion à ses commandements qui volent d'un bout du monde à 1 autre, menaces, châtimens, contritions du cœur qui percent et pénètrent la conscience de chacun. « Les peuples tomberont à tes pieds,» pour Tadorer humblement. Voilà les combats et les guerres du Christ ; voilà comment il a emporté sur ses épaules 1^ dépouilles non-seulement de Samarie, mais de toutes les nations^ Aeoonnais donc aussi des dépouilles allégoriqufBS dans des mams qui portent des armes allégoriques! Ainâ le Christ descendu parmi nous sera d*autant moins belliqueux, qu'Issue ne Tannon^it pas comme un conquérant de la terre.
dl6 ÏËRïULLIËN.
-^Mais^ disent les Inifs, si le Christ qui doit teûit
n est pas appelé Jésus , pourquoi celui qui est Tena portct-il le nom de Jésus-Christ?
— Eli bien ! reconnais la nature de toti clT*eur. Quand il s'agit de donner pour successeur à Moïse le fils de Navé, quel nom fut substitué à Osée , son premier nom ? Ne commença-t-il point hs*appeler Josué ou Jésus? — Assurément , réponds-tu. — Eh bien ! sous ce symbole se cachait ravenir. Gomnie Jésus-Christ devait introduire dans la terre promise ^ oh coulent des ruisseaux de lait et de miéi) disons mieux, comme il devait introduire dans les royaumes de la vie éternelle et ses inoomparahles béati-^ tudes^ le second peuple, (pii n'est autre que nous-mè* mes » qui nous égarions dans les déserts du siècle i Comme ce n'était point à Moise pal* lancienne loi, mais a Jësus^ Cihrist par la grâce de la loi nouvelle, qu'il était donné d'accomplir cette heureuse révolution , et de nous cir-^ concire avec la pierre mystérieuse , c'est-à^ire avec les préceptes de Jésus-Christ, car il est souvent représenté ëoub ce symbole, le chef du peuple hébreu fut destiné à fi^irer d'avance cette merveille, et coiisacré sous le nom de Jésus. Carcelui qui s'entretenait avec Moïse était le Fils de Dieu en personne qui se laissait toujours voir, puisque « personne n'a jamais vu Dieu le Père sans mourir. » Il est donc certain que c'est le Fils de Dieu hii-meme qui parlait alors à Moise, et qui dit au peuple : « Voilà que j'envoie « mon an^e devant vous afin qu'il vous ^précède, vous <t garde en votre voie, et vous introduise ab lieu que je « voua ai préparé. Respeetez-le, écoutes ses ordres, et ne « le méprisez pcnnt ; car il ne vous pardonnera point quand « vous aurez péché , parce que mon nom est en lui. t» En effet , c'était* Josué ou Jésus, et non Mc^, qui devait introduire le peuple dans la terre promise. Mais pourquoi Tappela-t-il son ange? A cause des merveilles qu'il devoit opérer (vous lisez de vus propres yeux les merveilles opérées par Jésus, fils de Navé), et a cause de son mi-
XERTULUfiN. 817
nistère prophétique, cii vertu duquel il promuI|^iait le^ volontés divines. C'est ainsi que rÉspr it s;iiiu, j>arl;înt au nom du Père, |>ar la buuchc du prophète, appelle du nom d'a/ige ie céleste précurseur de Jésus-Christ : < Voilà « (jue j'envoie devant ta face , » c'est-à-dire devant la lace de Jésus-Christ, « mon ange, afin qu'il te prépare la voie.» Ce n'est pas la première £o4S que TËsprit saint donne le nom d^anges à ceux que Dieu a établis les minîsires de sa puissance. Le mènie Jean-Baptiste est appelé noo-seu^ lement Tan^ de Jésus* Christ » mais le flambeau qui brille devant ses pas* « J*at allumé le flambeau de mon a Christ « » dit le roi Psalmiste. Voilà pourquoi le Ghrist^ ' qui venait aooomplir les prophètes, dit aux Juifs : « Il & était une kmpe ardente et brillante , » non-seulement parce qu'il « lui préparait les voies dans le désert, » mais encore pai ce qu'en « montrant rA(jncau de Dieu, il éclai- « rait les esprits des hoiumes » par sa prédication, afin qu'ils reconnussent l'Agneau dans la personne de celui dont Moïse annonçait la passion. Ainsi Josué s'appelle Jésus , à cause du mystère futur de son nom. Car le Christ confirma lui-même le nom qu'il lui avait donné en voulant qu'il ne s'appellàt ni Ange ni Osée^ mais Jésus. Tu le vois 'y les deux noms oonviennentiâgalemenf an Christ de Dieu.
Mais comme ht Vierge dont il fiilbit que le Christ naquît, ainsi que nous TaTons dit plus haut, devait sortir de laïaœ de David, le prophète s'exprime sans figuredans ce qui suit : n Un rejeton naîtra de la tige de Jessé , » c'est-à-dire de Marie, « et une fleur s'élèvera de ses ra- « cines. L esprit du Seigneur reposera sur lui , esprit de « conseil et de force, esprit de science et de piété, estt prit de la crainte du Seigneur. » Je le demande, à qui d'entre les hommes convenait l'universalité des dons spirituels, si ce n'est à Jésus-Christ seul, que le prophète compare à une fleur , à cause de sa grâce , et qu'il rattache à la tige de Jessé, parce qu'il devait en sortir par
TERXULLIEN.
Marie, sa mère? Jcsus-Christ, en effet, naquii à Bethléem -, il appartenait à la famille de David , ainsi que Marie, de qui est né le Christ, est inscrite dans le recensement des Romains. Puisque les })n)plu tes annonçaient d*avance qu'il sortirait de la tige de Jessé , et (|Ti'il donnerait au monde l'exemple de Thumilité, de la patience, de la résignation , examinons si quelqu on est Tenu avec ce ca-" ractère . L'homme dans lequel nous reoonnaitnms chacun de ces traits sera le Christ en personne. J*entends le prophète qui me dit : « C'est un homme de douleurs , familia* K risé avec la misère. Il a été conduit à la mort comme * « une brebis ; il n*a pas plus ouvert la bouche que l*a<* a gneau muet sous la main qui le lond. H ne dispute (( point -, il ne crie point ; sa voix n'éelate point an dehors ; « il ne foule pas aux pieds le roseau brisé , » c*est-iidire la foi chancelante d'Israël, « il n'éteint pas le lin qui <( fume encore,» c'est*à-dire les lueurs passagères des nations; loin de là , il les ravive aux rayons de sa lumière. 11 ne peut différer du Christ des prophéties. Il faut que chacun des actes du Chrisi qui est venu , se reconnaisse d'après la règle des Ecritures qui l'ont annoncé. - Nous lisons qu'il se distingue, si je ne me trompe, à un double caract^ , la prophétie et le miracle. Nous parcourrons chacun de ces caractères. Nous aurons achevé la discussion actuelle 9 A nous montrons que le Christ nous avait été annoncé comme prédicateur. Témoin ces paroles d*lsaie : « Orie avec force ; ne te laâse point ^ fais retentir ta « voix comme les éclats de la trompette ; annonce k mon n peuple ses crimes, à la maison de Jacob serpi^Mn^-^ a tions. Chaque jour ils m'interrogent, ils veulent savoir « mes voies. Comme un peuple ami de 1 innocence et qui
« n'aurait point violé ma loi , ctc » Qu il dût opérer
des miracles par la vertu de son Père, Isaïe le déclare encore : a Voilà que notre Dieu amènera la vengeance due <{ à sa gloire. Tl vient lui-nièuie en personne 5 c'est lui qui K nous sauvera. Alors les malades seront guéris, les yeux
iJiyiiizeo by
« de laveugle verront, et l'oreille des sourds entendra. « Le boiteux bondira comme le cerf; la lan^e du muet « sera prompte et rapide, » et enfin toutes les autres mer- Teilles qu'opéra le Clirist , et que vous ne niez pas vous* mêmes y puisque vous avez dit : « Nous te lapidons , non et pour les œuvres que tu fais > mais parce que ta les Êiis « le jour du sabbat. »
, X. Vous refuses de croire à sa passion et à sa toortv parce que« selon vous» il n avait pas été prédit que le Gb|9itt espîrefait sur la croiK. D'ailleurs » comment craiiiet ijjanKtti ^otto , qujs Dieu ait livré son Fils à un genre ile mort si iMilfiiix , quand il avait dit loi^utee ; « Maudît « cdui qui est suspendu au hm\ » "^L'examen du fait doit précéder ici le sens de cette malédiction. Le Seigneur avait dit dans le Deutéronome : u Lorsqu'un homme aura « commis un crime digue de mort , il mourra et vous le tt suspendrez au bois \ mais il sera enseveli le même jour, « parce que celui qui est suspendu au bois est maudit de « Dieu ; et vous prendrez garde de ne pas souiller la, terre % queie^ Seigneur votre Dieu tous aura donnée en pos- « spissîon. » Ge n*est donc pas Jésus^brist que son Père maudit dans ce genre de mort. Loin de là , il a établi cette distinction ) que tout homme qui ^ coupable d*un crime digne de mort» et condamné à mourir , expirerait sus* pendu au bois, serait maudit de Dieu, parce qull élùl snspewiu au bois en punition de ses crimes* Mais d^ailleurs le Christ , dont le mensonge ne souilla jamais les lèvres , qui f ut uii modèle accompli de justice et d'humilité, ne fut pas livré à ce genre de mort comme châtiment de ses iniquités, ainsi que nous i avons ex[>osé plus haut, mais pour accomplir les prédictions des prophètes qui vous désignaient comme les instruments de sa mort \ témoin encore ce que l'Esprit du Christ chantait d'avance dans les Psaumes : •« Ils me rendaient le bien poiu* le mal. *— J ai payé « ce que je ne devab pas. — - Us ont percé mes pieds et « mes mains. ils ont mêlé le fiel à mon breuvage^ et ils
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TERTULLIKIT*
(( oiil présenté à nia soif du vinaigre. — Ils ont tiré au sort « ma tunique, » et enfin les mille outrages dont il avait été prédit que vous i abreuveriez. Il endura donc toutes ces indignités, non pas potir qiulfjiic œuvre qui lui fut personnelle , mais pour accomplir les Écritures sorties de la bouche des prophète)^. Il fallait daoc que la prédictioii retraçât d*ayance le mystère de sa passion. Plus il oontra<« nait la raison humaîne, plus il devait exciter de scandale, annoncé sans voiles. Plus il était magnifique , plus il était nédessaire de le cacher sous de saintes ténèbres, afin que la difficulté de comprendre nous fit recourir k la grâce de Dieu. Yoilà pourquoi, dès Torigine, Isaact oonduit par son père comme une victime , et portant lui-même le bois de rimmolation , figure la mort de Jésus>Ghrist , victime aban-* donnée par son Père et portant le bois de sa passion. Joseph est encore un symbole du Christ. Et ce n'est pas seulement . car je ne veux pas retarder ma course , ce n'est pas seulement dans Ju.seph , persécuté par ses frères, et vendu en Egypte pour la cause de Dieu , que nous retrouvons le Sauveur trahi et vendu par les Juifs, ses frères, dans la personne de Judas ; la ressemblance éclate jusque dans les bénédictions, «i Sa beauté est celle du taureau « premier né; sesoomes sont celles de Toryz ; avec elles, « il frappera les peuples et. les poussera jusqu'aux eztré- « imtés de la terre, m
Je le demande, est^-ce qudque animal puissant « on quelque monstre fabuleux que présa^ cet emblème? Non sans doute. Ce taureau mystérieux, c'est lésas -Gbrisi, juge terriUe pour les uns , rédempteur plein de mansué* tude pour les autres. Ces cornes , oe sont les extrémités de ia croix; car dans 1 aiiieiaie d'un navire, qui figure une partie du bois sacré, on donne le nom de cornes à ses exiréinités. Enfin, Toryx à la corne unique, désifpae le tronc de l'arbre sur lequel il s'étendra. Gorues symboliques, c'est par leur vertu que mon Christ enlève tous les jours les nations par ia idi, en les transportant de ia terre
TERTULLiEN. z^l
au ciel, et qu'au dernier jour, il les précipitera, par lé jugement , 4u ciel «ur la terre.
Ce même taureau «^paraîtra eocore daos les mêmes £cntures, lorsque Jaoob étendant sa bénédiction sur Siméon et Lévî, c'estrà-dire sur les scribes et les pharisiens
car cette race est fille de Siméon et dv Lévi, — le patriarche S*écrie d'une voix prophétique ; « Siméon et Lcvi « ont consommé l'iniquité par leur secte, » la secte qui a persécuté Jésus-Clirist. u Mon ame nV st point entrée dans « ieurs complots; mon cœur ne s'est point uni à leurs a»- « semblées, lorsque leur fureur a égorgé des hommes; » quels, hommes, sinon les prophètes? «et que, dans leur Ci vengeance, ils ont percé les membres du taureau,» c'est-à-dire du Christ qu'ils ont immolé comme les pr^ phèces , et sur lequel ils ont assouvi leur haine en le clouant à un gibet. Au reste, leur reprocher, après le massacre des prophètes, d*avohr mis à mort quelque animal, serait par trop ridicule, s'il s'agissait ici d'un taurt.au vulgaire.
Que diredelloise, priant assis et les maius étendues, pendant que Josué ou Jésus combattait Arnakc? Pourquoi ^tte at&tude, lorscjue au milieu de la consternation publique, et pour rendre sa prière plus agréable, il aurait du fléchir les genoux en terre, meurtrir sa poitrine, et rouler son visage dans la poussière ? Pourquoi ? sinon parce que la ou combattait le nom de Jésus qui devait termser un jour le démon, il fallait arborer l'étendard de la Croii, par laquelle Josué devait remporter la victoire. Que sî^ gnihe encore le même Moïse, après la défense de se tailler aucune im^ dressant un serpent d'airain au haut d'un bois, et livrant aux regards d'Israël le spectacle salutaire d un micifié, pendant que des mUliers d'Hébreux étaient dévores par les serpents, en punition de leur idolâtrie? O^t que là encore était représentée la puissance miraculeuse de la croix dont la vertu triomphait de Tanfique dragon î c'est que tout homme mordu par les serpents, x.vii. 21
322 TERTCTXIEN.
c*est«èrdire par les anges da démon, pour être guéri de la blessure de ses péchés, n'amt qu'à regarder et à croire ce mystérieux symbole de la croi#de Jésus^hrist, qui lui promettait le salut.
Poursuivons ! Si tn as lu dans le Psalmiste : « Le Seigneur « a régné du haut du bois, » j attends rexplication de ce texte. Car tu ne me diras pas sans doute qu'il s'agit probablement de quelque roi des Juils terminant ses jours sur un gibet, et non pas de Jc sns-filirisi qui a régné ensuite, en triomphant de la mort par la passion de la croix. De même , nous lisons dans Isaie : « lin enfant nous est « ne. » Mais qu'y a-t-il là de nouveau, si ce n*est pas du Fils de Dieu lui-même qu^il nous dit : « Un enfant nous a « été donné : il porte sur ses épaules le signe de sa domin nation? » Parle! oii est le monarque qui porte sur ses « épaules le signe de la domination , au lieu d*un diadème sur sa téte^ ou d*an sceptre à sa main, ou de quelque marque distinctive dans ses babits? Hab le roi nouveau des siècles nouveaux, J^s-€hrist, a seul porté sur ses épaules la puissance d'une gloire nouvelle et la preuve de sa grandeur, c'esl-à-dire la croix, afin cpie, conformément h la prophétie précédente, « le Seigneur régnât du haut « du bois. »
C'est encore de ce bois que vous deviez dire, ainsi que nous le montre Dieu par la bouche de Jérémic : « Venez 1 « jetons le bois sur son pain \ retranchons-le de la terre (( des vivants, afin que son nom soit effacé pour jamais. » £n effet, le bois fut jeté sur son corps* Le Seigneur lui-* même éclaircit dans la suite ce mystère, «quand il nomma « son corps, w le même pain que le prophète avait appelé autrefois figurément son corps. Te faut-il d^autres preuves que la croix de Notre-*Seigneur a été prédite? Ouvre le psaume vingt-unième, ou est contenue la passion du Christ, qui cliante ainsi d'avance toute sa gloire: « Ils ont percé « mes pieds et mes mains. » Voilà bien le supplice particulier de la cix)ix.Il n'est pas moins clair quand il in-
TERTOLLIEN. 3S3
voqiie le secours de son Père : « Sauvez-moi de la gueule « du Hon, » c'est-à-dire de la mort; «détournez de ma « faiblessje les cornes de loryx, » c'est-à-dire les extrémités de la croix, ainsi que nous lavons exposé plus haut. Est-ce David qui fut attaché à un gibet? Est-ce de quelque rd d^Israêl ou de quelque prophète, que lou perça les pieds et les mains? Non \ point d*autre crucifié que celui qui fut crucifié par tout un peuple avec tant d'appareil !
liaintenant si la dureté de votre cœur rejette ces explications et s'en moque, il me suflil, nous lavons prouvé, que la mort de Jésus-Christ ait été prédite, pour que je sois en droit de conclure qu'elle s'est consomujée par le supplice de la croix, quoique l'Écriture ait gardé le silence sur le genre de mort, et que je ne puisse ndribucr la mort de la croix qu'à celui dont la mort était annoncée. Je n'ai besoin que d'un mot d'isaïe pour attester tout à la fois sa mort, sa passion et sa sépulture. « 11 a été conduit « à la mort par les crimes de mon peuple. — On lui ré- « servait la sépulture de Timpie) il a été enseveli dans le « tombeau du riche, parœqu il a ignoré l'iniquité , que « le mensonge n*a jamais souillé se» lèvres , que le Sei- « gneur a voulu délivrer son ame de la mort. » Il dit enoore ailleurs; « Sa sépulture a été enlevée du milieu des « hommes. » Point de sépulture sans mort; point de sépulture enlevée du milieu des hommes, sans résurrection. Enfin il ajoute aussitôt: « Voilà pourquoi je lui donnerai « en partage un peuple nombreux; il distribuera lui- « même les dépouilles des forts. )) De quel autre s'agit-il ? sinon de celui qui naquit, comme nous l'avons montré plus haut, (( pour que son ame fût livrée à la mort. » Do- » clarer que cette grâce était le dédommagement de ses outrages et de sa mort, c'était déclarer en même temps qu'il arriverait è cette gloire par $a mort, c'est'^Hlire après sa mort par sa résurrection.
Les ténèbres couvrirent la terre en plein midi le Jour de sa mort* Le prophète Amos n*a pas oublié cette ciroon-
3S4 TERTULUEN.
siance : « En ce jour-là , dit le Seigneur Dien » je ^^^^^ « disparaître le soleil en plein midi , et aa milieu de la 4t lumière, j obscurcirai la&ce de la terre, le changerai « Yos jours de féte en jours de deuil , et tos cantiques de (( joie en lamentations ; je [couvrirai tous les reins d*un ft ciliée^ je placerai l'ignominie sur toutes les têtes j je « plongerai Israël dans les larmes comme à la mort d'un « fils unique, et tous ceux qui sont avec hii auront leur « jour de douleur. » N'est-ce pas là ce que Moïse propliétisait que \ous Teriez au coiiiiiiencemenl du premier mois de l'année, lorsqu'il enjoîf^jnait à tout le peuple d'Israël d'immoler l'agneau vers le soir, et qu'il annonçait d'avance que vous célébreriez dans l'amertume la solennité de ce jour, c'est-à-dire la Pàque des azymes? Car « c'est la a Pâque du Sci(jneur, » ajoutait-il; en d'autres tenues ^ c^est la passion de Jésus-Christ. La prophétie a eu son accomplissement. Vous avez mis à mort Jésus-Christ, le premier jour des azymes. Et afin que la prédiction se vérifiât, le jour se convertit aussitôt en nuit; des ténèbres couvrirent la face de la terre en plein midi ; et c'est ainsi que ce Dieu changea vos jours de féte en deuil, et vos cantiques <c de joie en lamentations. » Quedirai-je encore? La captivité et la dispersion qui vous frappèrent après la passion de Jésus - Christ , avait encore été pi*édite par r£sprit * saint.
XI. Oui, Ezéchicl annonce votre ruine, comme châtiment de votre déicide, et il l'annonce non pas seulement pour le siècle dans lequel elle s'est déjà consommée, mais pour le grand jour des vengeances qui viendra ensuite. * Calamité universelle! personne n*en sera délivré, s'il n*est marqué du sang de ce même Jésus-Christ que repoussent vos dédains. Car il est écrit : « Le Seigneur me tt dit : Vois-tu, fils de l'hoanne, ce que les anciens d'Israël « font dans les ténèbres, et ce que chacun d*eux pratique « dans le secret de sa maison. Ils ont dit : Le Seigneur ne (c nous voit point; le Seigneur a délaissé la terre; et il
ti me ilit : Si tu te tournes d*uii autre côté , tu verras des « abominations plus ^andes que celle&-ci. Et il me conii tiuisu à i eiiUee dt Ui |K>rte du Seigneur, qui regarde « du coté du septenuion; et voilà des femmes assises, a pleiirani Thaiiirniz. Et le Sei{Jiieur me dit : Fils de « 1 hoiuine. vois-tu ce qu'ils font? La maison de Juda se « fait-elle donc un jeu du crime, pour s'abandonner ainsi ft à riniquité ? Mais si tu te touruaiâ d'un autre coté , tu « yerrais des abominations plus grandes encore. £t il me a conduisit dans le parvis intérieur de la maison du Sei* « gneuT) et ¥oilà qu a Tentrée du temple du Seigneur^ « entre le Teslibule et Tautel) vifigt-cinq hommes environ « tournaient le dos au temple du Seigneur, le visage à « Torient, et ils adoraient le lever du soleil. Et il me dit : « Yois-tu, fils de rhomme, ce quUls font? G^était donc peii « à la maison de Juda d'avoir fait les abominations qu'ils H ont faites ici, puisqu'ils onl cuiublé la mesure de leur « impiété, et qu'ils m'ont abreuvé d'outrages. Ainsi donc « j'agirai dans ma fureur; mon œil n'épargner£^ pas, et « je n'aurai point pitié. Et lorsqu'ils crieront à mes oreilles (( à haute voix, je ne les écouterai point. Plus de pardon <t pour eux. — £t il cria à mes oreilles d'uue voix iorte, m disant : Ceux que ma vengeance appelle pour visiter la « ville sont proches; chacun d*eux tient en main un in* « strument de mort. Et voilà que six hommes venaient du « chemin de la porte supérieure qui regarde vers Taqui- « Ion ; et dans la main dîe chacun a eux un instrument de « mort. Un autre.au milieu d'eux» revêtu d*une robe de «c fin lin, portait sur les reins une ceinture de saphir* Et « ils entrèrent ; et ils se tinrent près de Taulel d'airain. « Et la gloire du Pieu d Israël descendit du chérubin oii « elle réside dans la partie découvei te de la maison j et « elle appela celui qui était velu d'une robe de lin, et qui « portait sur les reins une ceinture de saphir. Et le Seia gneur lui dit : PaSvSe à travers la ville, au milieu de Jé- « rusalem» et marque d'un Tau le front des hommes qui
326 TËRTULLIEN.
« pleurent et qui gémissent sur toutes les abominations « qui se font au milieu d'elle. Et il dit aux six hommes, (( moi entendant: Suivez-le et passez au travers de la ville, « et frnppcz: que votre œil n'épargne pas, et n'ayez pas « pitié. iVappez le vieillaixl , le jeune homme, la jeune « fille y Teofaiit et les femmes ^ frappez jusqu à la mort; « mais ne tuez aucun de ceux sur le front desquels vous « verrez le Tau^ Et commencez par mon sanctuaire. »
Le sacrement de ce signe mystérieux , mii préludait d*avance à la vie des hommes, et dans lequel les Juifs ne devaient pasxroire, a été annoncé par plusieurs symboles. Mblse le désignait encore dans TExode, lorsquHl disait : « Le Seigneur vous chassera de la* terre dans laquelle vous «entrerez. Dispersés parmi les nations, vous n'y trouce verez aucun repos ^ vous n'aurez pas seulement oii re- « poser la plante de vos pieds. Car le Seigneur vous don- ' (( nera un cœur tremblant, des yeux languissants et une « ame dévorée de douleurs. Votre vie sera comme en sus- « pens devant vous, et vous ne croirez point à votre vie. » La prophétie s'étant donc accomplie par son avènement, c'est-à-dire par sa naissance , que nous avons exposée plus haut, et par sa passion, dont nous avons fourni d'irrécusables témoignages, voilà pourquoi Daniel disait que « la « vision et la prophétie étaient scellées,» parce que le Christ est le sceau et la consommation de tous les prophètes, en accomplisant'tout ce qu'ils ont annoncé sur sa personne. Car, après son avènement et sa passion , « il n'y a plus ni « vision ni prophétie. » 11 a eu raison de dire, par conséquent, que sa présence parmi nous est le sceau de la vision et de la prophétie.
Pour nous, en supputant les anu( es, et eu montrant que les soixante-deux semaines et demie étaient révolues, nous avons prouvé que Jésus-Christ était venu , c'esl-h-dire qu'il s'était iàit chair. De plus, avoir fourni la démonstration que Jésus-Christ a souffert la passion à la fin des sept semaines et demie retranchées aux précédentes, c'est avoir