‹ Les pères de l'égliseChapitre 30 sur 44 · XI. « Le S^gneur est venu et il tt*a point baptisé, w · texte numérisé non relu

XI. « Le S^gneur est venu et il tt*a point baptisé, w

s'écrie^-on. Car nous lisons ces paroles « quoique Jésus « ne baptisât point lui-même, mais par ses disciples. » Il semble néanmoins, d'après les paroles de Jean, que lé- Sus-Christ devait baptiser de ses propres mains.

— Ce n'est pas ainsi qu'il faut l'entendre. Il ne faut voir là qu'tme manière de parler assez habituelle. On dit, par exemple : L'empereur a publié un édit ; le gouverneur a fipappé de "v^ges. Est-ce Tempereur qui publie ? es^<e le gouverneur qui a frappé ? On met oonslunntent sur le compte du maître reaérâdon de ses ordres. Voilà quel est le sens de ces paroles : a II tous baptisera lui-*

TERTUIXIEN. 639

K même, » c*est-*à-<Ure, ylo^B ^^eftfBft hupM^ m lujL m par lui. '..t; ! -H} îî'. 'rnoîT^-'" ' * r^r-'

Mais pourquoi s'éloniier qu'il De l)0pti0ftt pcfait lui^ rn^éme? Qnd «lirait pu être aop bapcèiie? U^lnp^e de |^î|^9(^? à quoi bon le riréou^ienr? Vq bap-^ time pour la rémission des péchés? 11 U dopiMdt d'une seule parole ? Vn baptême administré en son nom ? Il cachait le Dieu sous les abaissements de Thu milite. Un baptême au nom du Saint-Esprit? 11 n'était pas encore descendu d'auprès du Père ? Un baptême au nom de l'Église? Les Apôtres ne l'avaient pas encore édifiée. G^étaient donc les Apôtres qui baptisaient en qualité de ministres de Jésus-Christ , comme autrefois le Précurseur, et du même baptême que lui , de peur qu'on ne le croie différent . parce qi|*iî n'y en a pas d'autre qpe celui qui fut inst^i^i ensuite par Jéaus-^luist, m^is que les divoiples ne pour: Taient administrer. La gloire du Seigneur n'était paa encore achevée ni l'eiticacité in baptême établie sur. les mériiiçs de 1^ i^s^n et de la ré^nrrectlon. Or» npt|» mort ne pouvait être détmite que par sa paapODt e^ QQtrf^ vie réparée que par sa résurrection; i' f";;;.' 1

Xn. Lorsque, nous appuyant sur cet oncle de I9olro^ Seigneur : « En vérité , si quelqu'un ne renaît de l'eau , « il ne peut avoir la vie , » nous établissons que nul ne peut être sauvé sans le baptême , des esprits pointilleux ou téméraires nous adressent cette question ; Avec votre principe, comment les Apôtres peuvent-ils ê^re sauvés? Car nous ne voyons point qu'ils aient été baptisés dans le Seigneur, à l'exception de Paul. Il y a mieux. Puisque Paul est le seul parmi eux qui ait reçu le biytêniie de JésusrChrist, il suit invinciblement oin <pie ceux qui ni'(>||4 pas été plongés danji Te^u r^g^oératifioe sont damnés, pour sauver le principe, ou que cet orock est convaincu de mfsnsoQi^y sl le saint lear est a^sitfé sana le «eimps du baptême. J*ai entendu àfi$ iipprudeitts vaisonner de la aorte, et j*^ prç«^.Dieu à, t^fQOÎRi afii^ q^•^oliAem0

640 TËRÏÏiLLI£N.

suppose pDiAt mez peirers pcmr imagiiier, dans je ne

sais quel emportement de langage , des difficaltés capables d'alarmer ou d'exciter des scrupules.

Je vais donc répondre, du mieux qu'il me sera possible, à ceux qui disent : Les Apôtres n'ont point été baptisés, S*il est vrai , comme on ne peut le contester, que les Apôtres avaient reçu le baptême liumain de Jean , ils désiraient aussi le céleste baptême de Notre-Seigneur, puis qu'il avait déclaré qu'il n'y avait qu'un baptême. Lors* qu'il veut laver les pieds de Pierre, qui s'y refuse, ne lui dit-il pas : fv Celui qui a été mte fois lavé, n*a plus ben soin de l'être ? » Aurait-il tenu ce langage à un homme qui n'aurait pas ëlé baptisé ? Aliment décisif contre ceux qui enlèvent aux Apdtt^ jusqu'au baptême de Jean afin de ruiner le sB<irement de la ré^nératîon. Qui croira que la voie du Seigneur, c'est^i-dnre le baptême de Jean, n'ait pas été préparée dans la personne de ceux qui étaient eux* mêmes destinés à ouvrir les voies du Seigneur par tout l'univers ! Eh quoi ! Notre-Seigneur, dont l irapeccabilité ne devait à la justice divine aucune satisfaction , a voulu néanmoins être baptisé, et des pécheurs n'auraient pas eu besoin de l'elre !

On insiste. N'est-il pas vrai que plusieurs n'ont pas été baptisés ? — D'accord ^ toutefois ce ne sont pas assurément les disciples de Jésus-Cbrist , mais les ennemis de sa foi , tels que les Docteurs et les Pharisiens. J*en conclus que si les eiinémis du Seigneur nV)nt jpas voulu être baptisés, ceux qui suivaient le Seigneur Tout été certainement, pour ne pas imitcar la' folle sagesse de ses oontradlcfeurS) surtout quand le lEftitre auquel ils étaient attachés atait honoré Jean par cet illustre témoignage : cf 'Pimi les enfiittts dës femmes^ il n*en est pas de plus k 'grand que Jean-Baptiste, n

Selon d'autres, et l'assertion est peu sensée, les Apôtres furent suffisamment baptisés lorsque les flots de la mer les couvrirent dans la barque qu'ils montaient^ Pierre

T»EÏULUEN, d4l

lui-mcmc fut assez plongé quand il marcha sur les eaux, du lac Génézareth. Telle n est pas mon opinion. Autre chose est d*étre couvert d'eau ou enseveli par la violence de la mer, autre chose d cire lavé par un acte de jrçUgûw» Ce navire, au reste, était la figiure de l'Église qui esfe, battue par les tempêtes de la persécution et de la teoiftr tion sur la mer de ce monde, ttwdis que le. Sei^eor semble s'endormir dans sa patience , jusqu*à ce que , réveillé enfin par ks prières des justes, il apaise à ce derpifKjfi^. la fureur da siècle et rende le calme iwtt^aerri^^m* '.a.

Enfin, quel qu'ait été Ip baptême des^ Apôtres, qM: bien qu'ils aiept vécu jusqu'à la fin sans le ln|ii^nie, il, est important de sargir que c'est à .nom en particulier i que le Christ adresse cet oi^le dans la personne de Pierre: « Il n'y a qu'un baptême. » Au reste , il y aurait témérité de noU'e part à nous ériger en juges du salut des Apôtres , comme si la grâce de leur vocation , et ensuit^ le privilège d'une amitié insepai;ihle avec Jésus-Christ,, n'avait pas pu i cmplacer pour eux le baptême ! Disciples fidèles, ne marchaient-ils pas à la suite de celui quia^pro-; mis le salut à quiconque croit en lui ? u Votre ,fi)i vous ai ^uvé, » dit-il ; et ailleurs : « Vos péchés vaoa> sont a mis. » Ce derni^croyait, mais n'avait pas.eaoqrairefai le baptême. Si la rémission. das.pécbés a iimnjC|«é amn Apôtres, je ne comprends plus, ijenlii la fqi..L*iiii9 è Un première parole que lui feit enleodve le Sqii^iir» mimiry donne la maison, d^ i'impdt) Tautt» nmoiae ii son père,; à sa barque et à la profession. h &isait.vim;<!:)^ai^Ià ne retourne pan mémp sur ses jns pour ensevelir sou pèils^: . docile au plus grand des préceptes de Jésus-Christ : (( Ceci lui qui aime son père ou sa mère plus que moi, nlest « pas digne de moi ; n injoiictiou à laquelle ii obéit avauâmême de Tavoir entendue. * ■ ' m

XlII. Ici l'audace de quelques impies m'arrête par ce^ questions : « Si la foi sullit, le baptême n'est donc pasâér^ « cessaîre? Abraham, qui n'avait été^plçB^ dans auouiia.

TfeftTGLUËir

a eau , devîïit agréable à Dieu sans autre sacrement qae a ie sacrement de sa foi. »

— Je réponds : les lois qui viennent les dernières obligent} et |NréiPaleQt sur celles qui les ont {yécëdées. Qu'andeottement , avant la passion et la résurrection du Seignélir» la foi toute seule ait sufE pour le saint, d accord. Uàte, quand il fallut en outre croire à sa naismnce , k sa paastoa et à sa résnrreetion , le sacrement primitif s'accnif'dn sceaa du baptême, vêtement de notre Ibi pour aÎDsi'pnrier, qui auparavant était nue, et qui aujourd'hui ne peut rien sans Telisenradon dto la- loi. En effet la né* cesâté du iwptéme a 'été imposée; la ferme en a été prescrite : « Allez, dit le Seigneur aux Apôtres, enseignez u toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du « Fils, et du Saint-Esprit. » Cette loi est clairement confirmée par cet autre arrêt définitif : «En vérité, en vérité « je vous le dis, si quelqu'un ne rendît de î*eau et de l'Es- « prit saint, il n'entrera point dans le royaume de Dieu : » double sentence où est écrite la nécessité du baptême. Depuis ce moment , tous ceux qui entrèrent dans TÉg^iae farsnt baptises. Paul commence à peine à croTre, qu'il reçoit le baptême. Le Sei^eur le loi avait ordonné quand U I0 frappa de céoité. « Lève-toi» et entre dans la ville de « DlUDaas; là on t*àppreiidra ce que tu dois iâire, » c*est<> iMlire recevoir le baptême , la seule thOÊë qui lui manquât. Clar» du veste, il avoit sufiisamment appris et cm que lésm de Nazafetb était le Seigneur, Fils de Dieu.

I^IY. Mais à propos de Ticp^fre, nouvelles difficultés. Il a dit : « Aussi n'est-ce pas pour baptiser que Jésus-Christ « m*a envoyé. »

— Qui s'imaginera que par ces piroles rA[xjire ait prétendu détruire le baptême ? N'a-t-il pas baptisé luimême (Mollis. Crîspns, et toute la famille de Stéphanas ? Mais je le veux bit u -, le ChrLst ne l'avait pas envoyé pour baptiser ; n'avait-il pas prescrit aux autres Apôtres de conférer le baptême? Comprenons d ailleurs ie langage de

miTOLLIEBf. $43

Paal , et dans quelles circonstaQces il parlait. On lui anrBÎt appris (c qu il s'était élevé des schismes et des divisions « parmi les GwînthieDs : Je suis à Paul, disait Tun: je

saiité de Tapostolat, dît : « le ii*ai pas été envoyé pour bap> a User, mais pour prêcher* » En effet , k prédication vient avant le haptôme. Mds que la prédioatioii soit plu§ Iioik>*< ■aUe, d'accord» Celui qui a eu le pouvœr -de fMàat s po sans doute aussi baptiser.

XV. Reste-t-il quelque autre sophisme par lequel on attaque le baptême? Je 1 ignore. Toutefois, je vais reprendre la marche interronapue tout à I heure, pour ne pas laisser indécises les questions fondamentales. Il n'y a pour nous qu'un seul bapiéme; rÉvangile dn Seif^neur et les Epî très de 1 Apotre en font foi : ail n'y a qu'uo « Dieu , qu un baptême, qu'une Église dans les eieux. » niais que faut-il observer à Tégard des hérétiques ?. il s'agit de le discuter mûrement. Le véritable baptême ne se trananet que chez nous. Les hérétiques nont rien de oommun avec notre ducipline^ puisque sépaarés de nacra communion , ils ne sont plus que des étrangers^ Je ne' dois pQHMt reconnaître en eus œ qui n'appartient qu'à md. Ib n'ont ni le mène Dieu > ni le: même Cflirot que^ nous^ par i)Qnséqnent> ils n*antpas Tunité du baptême, puisque leur baptême ^HÊbre-mt nkre. Ne Tayant pas tel qu'il doit être, ils n'en ont aucun indubitablement. Impossible de compter ce que Ton n'a pas; impossible de le recevoir chez eux, puisqu'ils ne lont pas. Nous avons déjà exposé longuement cette matière dans un traité ^rit en f^rec (1). Nous ne recevons donc qn'une fois le baptême. Nos péchés n'y sont lavés qu'une fois, parœ que nous ne devons pas y retomber. Israël renouvelle tous les jours ses ablutions, parce qu'il se^aouille tous les

(t) Ce traité a'exisie plut.

jours. Le Chréden n'est baptisé qu'une foisi |Kmr rftyêrtfp qtt*a|isè8 oeia .il ne doit plua^pécher. Heureuse eau; qui ne lave qu'une fois, qui ne sert point de jouet aux pécheurs-, qui, ;i^*étiiD| point sooiUëe d'immondioes haintuelies, ne SQuilie pcMiit oonx qo '«lie lave I

XVI. U est.Yrai que nbng avons un sefoond baptême , le baptême de sang, unique ommne le premier. C'est de ce^ lura que Jésiis-Gbrist disait i « Je dois être baptisé dVtn « baplêkne, » quoiqu'il eàt été déjà baptisé^ car il était venu par Teau et par le sang, comme I^a écrit Jean . a lia qu'il fût lavé par l'eau et glorifié par le sang, conséf|neinment aussi, afin que noire vocutioii commençât j^ir l e ait et que notre élection se consommât dans le i>ang. Ces deux baptêmes jaillirent sur la croix , de la plaie de sou côté *, parce que ceux qui devaient croire en son sa n;^ devaient être purifiés par l eau , et ceux qui seraient purifié» par Teau s abreuver de son sang. Voilà quel est le bap-^ tâme qui suj^lée le baptême d'eau quand nous ne l'avon» pas reçu , et nûufile cend quarid nous l'avons perdu.

XYll. 11 me reste, pour terminer cette courte malièrey k4m quelques mots ^snr ia disdiplkie qull fetit oèserver duns radminislration et la réception du baptême. Le droit de le oontarar appartient au grand-prètre , qui est Tévê^' que; après lui un prêtres et ans- diacres, jamais tou^e*fois sans la permissbu' de. iTëv^ue, par honneur pour FËglise t toutes les fois qée cet honneur est maintenu , la paix Test aussi. Du reste, les laïques ont quelquefois ce pouvoir. Ce qui est commaniqué sans réserve ne peut-il pas Tetre de metne, sauf néanmoins que les évoques, les prêtres, les diacres, sont appelés les disciple s de Jésus- Christ (1). >iid ne doit receler le don du Seij^ncnr. Or, le baptême clant un des biens que Dieu distribue à tous, tous peujre»t.tadministrer ^ mais les laïques doivent ton*

(i) Celte phrase est susceptible d*on autre sens à moin» que l'on ne puisse appeler les évè^ues, les prêtres et les diacres, qui sont les disciples da Seigneur.

VËRTOLLIEN.

jcHUTS se souvenir de la modestie et de 4'humilité eavers l^yrs préposés» daos lesquels réside ce pouvoir, et ne point usurper un oftice qui n'appartient qu'à Tevéque. La ri- Talitc est la mère des. schismes. a Tout est permisi a a dit le trè&^aint Ap6tre , mais tout n^est pas expédient. » Qu'il suffise donc h un laïque d'oser de cette faculté dans les cas de nécessité, quand le lieu , le temps, la personne le réclament» Alors la conjoncture du péril où se trouve celui-ci excuse suffisamment la compassito de celui-là. Refuser à quelqu'un le secours qu'il était en notre pouvoir de lui donner, c'est nous rendre coupables de la perte d'une ame.

L'indiscrète témérité de la fçmme a déjà usurpé le droit d'enseigner ; ira-t-elle jusqu'à s'arroj^er celui de Lajjdser ? Je ne le crois pas, à moins qu'il ne surgisse quelqne nouveau monstre aussi hardi que le premier. Une It ii ine détruisait tout à l'heure le haptéme : pourquoi une antre femme n'irait-elie pas jusqu'à l'administrer de sa propre autorité ? Essaieraient-elles de justider leurs prétentions au pouvoir d'enseigner et de baptiser par un passage faussement attribué à Paul ? Je leur apprendrais que cette épUre est d'un prêtre d'Asie, qui, par admiration pour Paul, composa cette invention qu'il fit circuler sous le nom de l'Apàtre. €2(Mivaincu d'imposture» il avoua le crime et fut déposé. Quelle apparence > en effet, que Paul at« tribue aux femmes le pouvoir d'enseigner et de l^tîser, quand il leur refuse le droit d'interroger en public a «Qu'elles se taisent, dit-il, et interrogent leurs maris <t en particulier! »

XVUi. Du reste, ceux qui sont chargés de l'administration du baptême n if^iioreut pas qu'il ne faut pas le conférer légèrement. Ce précepte : « Donnez à tous ceux qui tt vous demandent , » a sa mesure, et s'applique à l'aumône. Souvenons-nous pluiot de ces paroles : '( Gardeztt vous de donner aux chiens Us choses saintes^ ne je- 41 tez poin^t vos perles devant les poturceauiL) a et ailleurs .; T* Vit. 3d

t^RTOtUEIC.

« N^iniposez pas facilement les maîns à personne, de pcnr « de participer aux péchés d'autrui. )> Sans doute Philippe administia fiicilemeDi le baptême à l'eunuque, mais nVni^ blions pas qu'un ordre manifeste et formel étail intervenu de la part da Seigoeor. L^Esprît avait recommandé à Pbilippe de suivre cette Toole; l eniniqaeluHDéiiie s'ocscopait àlil« les Prophètes, sans soDger&demandersi pYomplemeiit le baptême. Il songeait seulement à monter au temple pour y prier. CSiemih feisant , il était tcmt entier à la méditation de l*Écriture. Religieuses dispositions dans lesquelles devait ^tre surpris celui auquel IHeu envoyait volontaire* ment un Apotrc à qui l*Es[Hrit ordonnait en outre de monter sur le char de l'eunuque. L'Ecriture va au-devant de sa ïoï] l'exhorter, le choisir, lui révéler le Seigneur est Tafiairc d'un moment; sa foi ne supporte pas de retard; l'eau ne se iait pas attendre; le baptême consommé, TApotre disparaît.

— . Mais enfin Paul lot baptisé sans délai.

— Oui, sans délai; car Simon, son hôte, l'avait reconnu d'abord pour un vase d élection. La bonté de Dieu se distingue à cenaines prérogatives. Au reste , toute demande peut tromper ou être trompée. 11 est donc plus utile de différer le baptême d'après l'état , k disposition et Tège de dmcun» mais surtout par rapport aux enfants : pou^ ^pioi f en eilbt , exposer au péril ceux qui répondent pour eus ? La niert ne peut«>elle pas les empédier d'acquitter leurs promesses ? S'ils vivent , le mauvais naturel des en* iusts ne peut-il pas tromper leurs espérances?

Il est bien vrai que Notre-Seigneur a dit : « Laissez-les K venir à moi ! » Qu'ils viennent donc, mais quand ils seront plus àgés^ qu ils viennent, mais quand ils auront étudié, et qu'il leur aura été enseigné pourquoi ils viennent ; qu'ils soient marqués du sceau des Chrétiens, mais qnnnd ils auront pu connaître Jésus- Christ. Pourquoi l àge de l'innocence court-il à la rémission des péchés ? On en use avec plus de précaution pour les choses do

siècle : confierons-nous les trésors du ciel à qui nous ne confierions pas ceux de la terre ? Que les enfants appren-. nent donc à demander le salut , afi;i qu'il ne semble accordé qu'à ceux qui le demandent.

Les motifs pour ajourner les adultes qui ne sont pas encore engagés dans le mariage, ne sont pas moins décisifs. La liberté les expose à trop de tentations, les vierges par, la maturité de leur âge, les veuves par la privation ; il faut attendre qu'elles soient mariées ou affermies dans la, continence. Si Ton comprenait bien quel est le fardepu, du baptême , on craindrait plus de le recevoir que de le différer : la foi parfaite n'a rien à redouter pour le salut.

XEX. Le jour solennel du baptême , c'est le jour de Pàque , lorsqu'est accomplie la passion du Sauveur dang lequel nous sommes baptisés. On peut même regarder, comme une figure assez juste du baptême Tordre que Jésus- Christ, sur le point de célébrer avec ses disciples la dernière, pâque, leur donne d'aller préparer sa pâque. « Vous trou- « verez, leur dit-il , un homme portant une cruche d'eau.» Il leur indique l'eau comme le signe du lieu oii il devra célébrer la pâque. Un autre jour solennel pour le baptême c'est la Pentecôte. Il s'est écoulé un long intervalle pour disposer les catéchumènes au sacrement. C'est durant cet intervalle que le Seigneur manifesta souvent sa résurrection à ses disciples, qu'il leur promit la grâce de l'Esprit saint , qu'il leur laissa l'espérance de son retour, puisque quand il fut remonté aux cieux , « les anges dirent aux <( Apôtres : Vous le verrez revenir comme vous l'avez vu « monter au ciel.» Cette merveille s'est réalisée le jour de la Pentecôte. Mais quand Jérémie s'écrie : « Je les rassemu blerai des extrémités de la terre dans un jour de fête,» il désigne d'avance Pâque et la Pentecôte , qui sont proprement nos jours de fête. Au reste, chaque jour appartient au Seigneur. Toutes les heures, tous les temps sont propres au baptême ^ si la soleunilé imjpo^tp , la grâce du sacrement ne diffère pas. ' ' ,

XX. Ceux qui aspirent au baptême doivent s'y préparer par des prières fréquentes , par des jeûnes , par des génuflexions, par des veilFes , et par la confession de tous leurs péchés passés, afin de représenter aussi le baptême de Jean : « Et confessant leurs péchés,, est-ii dit, ils étaient « baptisés. » Pour nous , félichons-nous de n'avoir pas à confesser publiquement ^ comme eux, nos fautes et nos désordres* Piar k mertîGeation de la diair et de l'esprit^ nous satisfaisons pour nos iniquités passées», en même temps que nous nous prémunissons contre les tentations à yenir. ir Veillez et priez 9 dit-il, pour que tous n'entriez point « en tentation. i» Si les Apôtres furent tentés , c'ést qu'ils se laissèrent aller au sommeil , d'oii il arriva qu*ils abandon nèi eut le Seigneur, dès qu'ils le virent entre les mains de ses ennemis. Celui-là iDcme qui restera à ses cotés et tîrera le glaive pour le déteiidre , le reniera ensuite par trois fois. Il avait été dît auparavant : « Personne n*entrera « dans le royaume des cîeux, s'il n*a été éprouvé par la- « tentation. » Le Seigneur lui-même, après son baptême et un jeûne de quarante jours, u'est*il pas assailli par la tentation ?

Mais, me dira-t-on, il nous &ut donc jeûner après le baptême plus encore qu^auparavant ? Et qui peut TempêcKer, sinon la nécessité de se réjouir et de rendre grftces à Dieu de son salut. Le Seigoeur^ si je ne me trompe, répond à cette objection dans les reproches qu'il adresse k Israël. L^Uébreu , après' avoir traversé miraculeusement la mer, transporté pendant quarante années deins le désert, où il était nourri par des aliments célestes, s'occupait bien moins de Dieu que de ses grossiers appétits. De plus, Jésus-Christ se retirant dans le désert après son baptême, nous montre clairement par ce jeûne de quarante jours, que «. l'homme ne se nourrit pas seulement de pain, « mnîsdc la parole de Dieu, » puîstjue îes leutatious de la gourmandise et de i in tempérance viennent échouer contre les austérités de la pénitence*

TERTULLDEN, $40

Vous donc, mes bien aimés, que ]a grâce de Bien attend, dès que tous sortez du Iwin où Vhomme se renou'» yelle, et que tous ouvrez avec vos frères w premières maînsilanslesein de riBglisevoM mère, demandez au Père céleste, demandez au S^gneur les biens sacrés, les grftces surnaturelles, le patrânoine du cîel et les dons du Saint- Esprit. « Demandez, dit le SauTeur, et TOUS recevrez. » Vous avez cherché jusqu'à cette heure, et vous avez trouvé; vous avez frappé , et il vous a été ouvert. Je vous demande une seule grâce à mon tour ; souvenez-yous dan^ vos prières de Tertullien le pécheur.

DE L'OaAISOM DOMINICALE.

I. Esprit de Dieu, Verbe de Dieu, Raison de Dieu, Verbe de ia Raison , Raison du Verbe , Esprit , enfin , Doti e Seigneur Jésus-Christ , qui est tout cela , nous enseifçna une nouvelle formule de prière, à nous qui soiuuics disciples du Testament nouveau. Car là au^i il i'all.ùt « que le vin nouveau fût renl enué dans de vieilles outres <( et le morceau de drap neuf joint au vieux vêtement. » D'ailleurs, Kwt ce qui exàlait autrefois a été ou clian^ , telle que la cirooncision , ou complété , tel que le reste de la loi, ou aooompll, telle que la prophétie, ou perfectionné, comme la foi elle-même. La grâce nouvelle dç Dien a oanverti en spirituel tout «e qui élait G&amel, en passant sur toute l'antiquité comme «ne sorte d^éponge «on Évangile dans lequel Jésus-Christ Notre-Seigneur a prouvé qu'il était tout à la fioîs et TEnirit de Dieu, et le Verbe de Dieu, et la Raison de Dieu, 1 Esprit en tant qu'il a prévalu, le Verbe en tant qu'il a enseigné, la Raison en tant qu'il est venu. Aussi rOraison établie par le Christ repose-t-elle sur ces truis choses, le Verbe qui la profère, r Esprit qui seul fait sa puissance, et la RaÏM ii qui î'arcueille. Jean avait déjà uiuntrc à ses discijiles a pncr» Mais Jean ne faisait que préparer les voies du Seigneur jusqu a ce que le Seigueur , ajgkiA grandi , cpmme le .Pr|âai|Rse«r ledédaca lui-même enoes tennes : u 11 £wt

662 TfiRTULLIEN.

« qu'il croisse, et moi que je diminae»» Tœuvre de son mi* nistre et de son devancier passa dans le Sei^eur arec TEsprit qui ranimait. Yoilli pourquoi la formule de prières que Jean apprenait à ses disciples n'est point parvenue jusqu'à nous^ parce que tout ce qui était terrestre devait disparaiire devant ce qui était céieste. « Celui qui est de tt la terre , est-il dit, parle de la terre -, celui qui est venu « du ciel rend témoignage à ce qu'il a vu. » Et comment tout ce (pli vient du Christ ne serait-il pas céleste? Aussi la prière dominicale est-elle divine.

Considérons donc , mes bien-aimés , la sagesse merveil* leuse de son auteur. D'abord il nous ordonne de prier en secret. Par là il veut que T homme sache bien que Dien peut renfendre et le voir dans l'intérieur de sa maison et même dans les lieux les plus caéhés. En second Heu , il exi{;' que le fidèle , an lieu de faire parade de sa foi ^ sè contente d*offtîr bumblement Thommage de sa religion à celui qui peut le voir et Tentendre partout. Étudions en^ core sa sagesse dans le précepte suivant. Quoiqu'il convienne à li foi et à la modestie de ne pas aborder le Seigneur avec une multitude de paroles, parée que nous sommes sûrs que de lui-même il veille sur les siens, toutefois cette brièveté, ([n\ est la troisième recommandation de la sagesse , est pleine de substance , quand on veut en pénétrer l'esprit. Plus elle est courte en paroles , plus le sentiment s'épanche. En effet ^ elle ne renferme pas souplement en elle-même les devoirs de la prière, qui consistent dans l'adoration de iHeu et les supplications de l'homme, mais elle embrasse même toute la parole du Seigneur, toutes les règles de la discipline ; de sorte que TOraison Dominicale est réellement Pabrégé de llËvangile.

II. Elle commence par un témoignage rendu à Dieu et par un acte de foi , quand nous disons : .« Norrav P^r'e qui « ÊTES AUX ciELx. )) Par ces mots , nous prions Dieu , et nous rendons notre foi agréable, parce que tout son mérite réside dans cette invocation : ^iotrc Père 1 11 est écrit :

lEBTOLLIEir. 553

« À lotis œlUL qui ont cru en lui , il a donné le dioil d'é^ « tre Mîà enfimts de Dieu. » D'ailleurs le Seigueur, dan» les instrucCioQS qu'il nous a laissées, appette souvent Dieu du nom de Père ^ il y a-ttiieux, il nous a ordbnné k de « n appeler ici<4)a8 personne du nom de Père, hhos de « résmer ce tifre pour wàm que mm mam dans les « deux. « AtDBÎ, en priant de œtie manière) nous obéis* sons à Tun de ses préceptes. Heureux ceux qui- recenom* sent le Père ! Voilà le reproche qui est adressé à braêl ; voilà pourquoi l'Esprit prend à témoin le ciel el la terre , en s'écriaut : « J'ai engendré des fils, et ils ne m ont pas « connii. )) L'appeler notre Père, c'est le reconnaître comme Du n. Ge titre est un témoignante d'amour et. de puissance. Nous inTocjuons aussi le Fils dans le Père, c^ir iiadit : « Mon Père et moi , nous ne sommes qu'un. >; Nous rendons également hommage à l'Église notre mère« Car nommer le Père et le Fils ^ c'est proclamer la Mère sans - ]fti|uelie ii ne peut y avoir un Fib et un Père* Ainsi, dans un seul mot » nous adorons Dieu avec les siens, nous obéissons au préoeptei et noos œndamnansoeax qui ont oublié leur Père.

' m. Le. nom de IKeu le Père n'avait jamais été connu de personne. Lorsque Moïse lui'^méme demanda à Dieu

qui il était, Dieu lui répondit par un autre nom. A nous, ce nom a été révélé dans le 1 ils. Car ce mol devient pour le Père une dénomination nouvelle, u Je suis venu, <( dit- il , au nom tle mon Père. » Et ailleurs : a Mon Père, «glorifiez votre nom.)) Et plus explicitement encore: « J'ai manifesté aux hommes votre nom. » ^'ous lui disons donc : Que votre nom soit sanctifié. » Ce n'est pssqu il convienne à l'homme de souhaiter à Dieu des prospérités, comme si l'on devait adresser des vœmt pour lui, eu que sa majesté périclitât, si nous manquions de lui en «dresser. Mais « nous devons bénir IMeu en tout tesif» • « et en tmit lieu,» pour acquitter Tliommage de la reconnaissance que tout homme doit à ses Uenàila» La- bdné-

TraTOLLlEN.

diction remplit cet ofBcc. D^ail leurs le nom de Dieu ]i*a«> l-il pas toujours été saint et sanctifié par lui^méiae , puisqu'il sanctifie le» autres , et que Fermée de» inget 8*incliae derant lui en. répétant : « Saiik» aainl, «ami? « ■Aipiws fcéatitudec aogéliqueB, nous nous asMcms d'awice wm oamîqiie éternel que répètent les an^ em riunncwr de Dieit, .préludant ainsi à noue immwtalité teora» 1/Soilà pour oe qû regarde la globe de Dieu.

Qwmtaex prières que nous adrenons pour nous, lors* que IKK» diams « que TOlne noaei sôt ^notifié,)! nous demandons que Dieu soit sanctifié, et dans nous qui sonunes en lui , et dans ceux que la grâce de Dieu attend encore, pour nous conformer ainsi au précepte qui nous oblige «de « prier pour tous, même pour nos ennemis.» Voilà pourquoi ne pas dire nommément « que votre nom soit sanciiiié en « nous,» c'est demander (pi il le soit dans tous les hamniea»

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