‹ Les pères de l'égliseChapitre 29 sur 44 · TËaXULLDBI · texte numérisé non relu

TËaXULLDBI

que sa sagesse et sa ptorideoce $ dv ne mt pu là des substances, mais des aocidenisde cliaqte siihiianee. La

vertu est racciJent de TEsprit, mais sans être TEsprit luimême. Ces choses donc, de quelque nature qu'elles soient, c'est-à-dire TEsprit de Dieu , le Verbe et sa vertu, s'étant réunis dans le sein de la Vierge, ce qui naquit d'elle est le Fils de Dieu. Jésus-Christ se donne lui-même pour tel ses Évangiles dès sa plus tendre enfanœ : « savez- « vous pas , dit-il , qu il faut que j'accomplisse les œuvres « de mon Père? » ^tan , lorsqu'il le teate, le reconiM^ soQS.oe ncnn : u Si tu es le Fils de Dieu***. » Les démoDS proclament ensuite sa divine filiation : « Nous savons qui « tu es^ tu es ie Fils de Dieu. » LuMueme adore le Père. U bue Pierre de Tavoir recomm pour le Christ de Hka. Quand il s'éière en esprit vers son Père : « Blon Fèr«, a s*écrîe4-îl , soyez béni pour avoir détobé ces merveilles « aux sages 1 » Ùl encore il affirme que le Père n'est amna que du 1 ils : Fils du Père, il «fouera , dit-^l , devant SOB « Père, ceux qui l'auront avoué, et il reniera ceux qui tt l'auront renié. » Il profxjse la parabole non d'un père mais d'un lils qui, envoyé à la vigne après quelques serviteurs, a été immolé jjar des vignerons perfides, et vengé par son père. « Lui-même ignore le dernier jour et lader- « nière heure, qui ne sont connus que du Père. — Il pré- « pare à ses disciples un royaume tel qu'il a été préparé « pour lui-même par son Père. — S'il voulait, il aurait la «( iaculté de demander à son Père une légion d'anges pour ic venir à son secours.— Il s^éerîe que Dieu l'a abandonné. « U nsmet son ame entre les mains de son Père. » Après sa TesurrecdoQ» il promet à ses disciples de leur envoyer la promesse du Père ; et enfin il leur donne pour dernière instruction « de baptiser dans le Pfere, le Fib et TEsprit*» «saint, n et non dans un seul. En effet, l*imniernOD *a lieu , non pas une fois, mais trois, aulant qu'il y a de noms et de personnes.

X^LVii. Mab pourquoi m'appesantir si long-temps sur

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des clioses manifestes , lorsque je dois aborder les questions par lesquelles ils cherchent à obscurcir révidence même. En effet, pressés de tous cotés par la distinction du Père et du Fils que nous établissons en gardant l'unité , comme celle du soleil et du rayon, de la source et du ruisseau , dans le nombre indivisible de (1( ux ei de trois, ils f ne laissent pas ncnnmoins de ramener à leur sentiment cette auguste économie , de sorte qu'ils distinguent dans une seule et même personne le Père et le Fils, soutenant ainsi que le Fils est la chair, c'est^-dire Thomme, c'està-dire Jésus, et que le Père est TEsprit, c'est-à-dire Dieu, c'est-à-dire le Christ* Et ceux qui prétendent que le Père et le Fils sont le même, commencent à les diviser bien plus i|a% les confondre. Si, en effet, autre est Jésus, autre est le Christ, le Fils sera diÉfêrent du Père, puisque Jésus est le fih et que le Christ est le Père. Gest sans doute à l'école de Valentin que, fonnés à la monarchie, Ils ont appris à diviser Jésus et le Christ. Mais ce blasphème a été déjà réfuté par les passages qui précèdent où nous prouvons que celui dont ils font le Père a été appelé le Yerlje ou l'Esprit de Dieu, la vertu de Dieu, la venu du Très-Haut. Ces choses ne sont pas les mêmes que celui dont elles sont les choses; seulement elles dérivent ^le lui, et sont h lui. Cependant nous donnerons dans ce chapitre une auure réponse à l'objection.

— L*ange, disent-ils , a déclaré que « le saint qui naî- « trait, serait appelé le Fils de Dieu . ^ Ce qui est né, c*est la chair. Donc la chair sera le Fils de Dieu.

Erreur, répondrai-je. Ces paroles s'appliquent à l'Esprit de Dieu. U est certain que laYierge a conçu de l'Esprit saint; ce qu'elle a conçu, elle Ta enfanté; ce qui devait nahre, c'est donc ce qui a été conçu, ce qui devait être enfiinté, c'est-à-dire l'Esprit « de celui dont le nom serait Em- « manuel, ce qui signifie Dieu avec nous. » Or, ce n'est pas la chair ejul est Dieu, pour qu'il ail été dit de la chair : «Ce a qui naîtra, sera appelé le Fib de Dieu j » mais ce qui est

Diea, c'est celui qui est né eu elle, et dont le pmlmiite a dmnté rinoaraatiou : « Un Dîeo^homme est né en elle ; il « Ta édifiée par la yolonté de son Père* » Quel est donc le Dieu qui naquit en elle? Le Yerbe et TEsprlt qui, avec le Verbe, est né de la volonté du Père. G)nsc*queminent c c.^t le Verbe qui s'est incarné, puisqu il ne reste plus qu'à examiner couiiuent le Verbe s'est fait chair, s il s'est lraiisii*^uré dans la ehair, ou s'il en a revêtu la réalité. Oui, il en a pris la réalité. D'ailleurs, il laut croire nécessairement que Dieu, en sa qualité d'éternel, est immnnble et répugne à toute transformation. Or, la translormatioa est 1 anéantissement de ce qui est ancien. Tout ce qui se transforme en une autre chose, cesse d'être ce qu*il avait été 9 et commence à é(re ce qu'il n'était pas. Bieu^ au contraire, ne peut ni cesser d^être, ni être autre chose que ce qu'il est. « Le Verbe est Dieu, et le Verbe du Sidn « ^eur demeure éterneUement , w en gardant toujours sa forme. S*il n'admet pas de transformation, il en ràulte que, par son incarnation, il fafit entendre la chair qu'il a prise, et par laquelle il se manifeste, devint TisiUe et se laisse toucher, parce que fout le reste exige ce sens. Sî, en effet, le Verbe est devenu chair en vertu d'une transloiLiiation et par un chaudement de substance, la substance de Jésus qui est une, va être je ne sais quel mélange de deux substances, la chair et l'esprit, comme l'ambre qui est un composé d'or et d'argent, et par là même il cesse bientôt d être or, c'est-à-dire esprit, et argent, c'est-à-dire chair, lorsque par ces transformations il devient un troisième je ne sais quoi < Qu arrive-t-il ? Jésus ne sera plus Dieu. Car le Verbe a cessé d'être ea devenant chair. Il ne sera plus chair, c'est-à-dire homme; car celui qui a été Verbe ne peut être chair à proprement parler. Ainsi, par ce mélange de l'un et de Tautre, il n*est plus ni l'un ni Tautre; il est bien plutât un iroi-^ âème être qu'il n*est Ions les deux à la fois. Il y a mieux. Nous le trouvons nommé clairement

TERTULLIEN. ùiy

lKiiime4H«u dao0 les chants du psalmiste. « Un Dien- « homme BAquit en elle ^ il Ta édifiée par la volonté de mq « Père..... n Des deux oôtës assurément, Fils de rhomme et Fili de Dieu» puiaqu^il est Dieu et honiBM, et différeal sans aucun doute dans sa proprtétét en ^erta de Tune et de l'autre substance, puisque le Yeribe n'est pas autre chose que Dieu , ni la chair autre chose que rbomme. C'est ainsi que l'aptee nous parle de Tune et de l'autre substance : « Qui est né , dit-il , de la race de Dayid : » Toilà rhomnie et le Fils de Thomme. « Qui a été pré- « destiné Fils de I)ieu seloa 1 Esprii : n voilà le Dieu et le Verbe, Fils de Dieu. Nous voyons une double nature qui , sans se confondre, s'unit daus une seule persoune, Dieu et Jésus-Christ fait homme.

Quant au Christ, je remets à en parler. Te faut-il la preuve que la propriété de l'une et de Tautre substance demeofe réeUe? L'£sprit accomplit en loi les œuvres qui lui appartiennent, c estrMire ks miracles, les .signes et les proliges. La chair» an contraire» éprouve les affections qui lui sont propres; elle a faim avec, le démon» elle a soif avec la Samaritaine ^ elle pleure sur Lazare ^ elle est, titiste Jusqu'à» la mort; enfin eUe expire. S'il était je ne sais qisel troisième être , mélange de l'un et de l'antre à peu près comme l'ambre» Tune et l'antre substances ne se manifesteraient pas par des actes aussi di^nots. Il y a mieux. L'esprit aurait accompli les œuvres de la chair et la chair Icà œuvres de l'esprit, par suite de celle transformation, ou bien ils n'eussent accompli ni les œuvres de la chair, ni celles de Fcbpi ii, mais des œuvres d'une troisième espèce par suite de ce mélange. Je me frompe 5 ou le Verbe fut mort, ou la chair ne fût pas morte, si le Verbe s'était transformé en chair. Point de milieu, ouTim» mortaUlé de la chair, ou la mortalité du Verbe. Mais, comme ces deux substances agissaient distinctement cba^ cune dans leur nature , il s'ensuit que les actes et les cboses correspondirent à chacune d'elles. Apprends-le»

donc av«c Mioodème. « Ce qui est në de la chair est «^ir^ « et ce qui est né de l'Esprit est Esprit. » La ofaair ne de* Tient pas TEsprit; TEsprit ne devient pas la chair. Ils peuvent résider dans une seule personne. Tel était lésa»- Christ, homme par la chair, Dieu par l'Esprit, et que l'ange dans ce moment proclama Ilb de Dieu, dans le sens qu'il était Esprit , réservant à la ckair le titre de Fils de riiomrçe. De même quand l'Apoti c 1 appelle « méa diateur entre Dieu et les hommes, m il ailirme en lui les deux substances. Enfin, toi qui par la chair entends le Fils de Dieu, mnriire-nous quel est le Fils de 1 hoiume. Diras-tu que c est l'Esprit? Mais tu veux que l'Esprit soit le même que le Père, parce qu'il est (lit : « Dieu est Es- « prit, » comme s'il n'était pas dit aussi ailleurs a TEsprit tt de Dieu, » ainsi que «Dieu le Verbe et le Verbe de Dieu.»

XXViU. Tu transformes donc, 6 insensé, le Christ en la personne du Père, sans même examiner la valeur de ce nom, si toutefois, au lieu d*étre nn nom, Christ n^est pas plntét un surnom qui sîgniâe orne ou sacré, Omt est ansn peu un nom que vétu, chaussé, quine sont que des aocideiits ajoutés à un nom. Piurle! si Jésus, par quelque motif, était surnommé Vétu, de même qu'il estappeié âbrist conformément à sa mystérieuse onction , dirais-tu encore que Jésus est le Fils de Dieu, mais que Vêtu est le Père ? Parlons maintenant du Christ. Si le Christ est le Père, le Père est marqué de l'onction, et conséquemment par un autre; ou bien, Ta-t-il été par lui-même? Prouve-le. Mais U hi Actes des Apôtres ne l'enseignent pas ainsi dans ce cri que l Église pousse vers Dieu : « Tous se sont levés « dans cette cité contre le Saint, votre Fils Jésus, que vous « avez consacré par votre onction, tous, Hérode, Ponce « Pilate et les nations. » Pttr-Ui même ils ont attesté que Jésus était le Fils de Dieu, et que le Fils avait été marqué de Ponction par le Père. Jésus sera donc le même que le Christ, qui a été consacré par le Père et nou pas le même que le Père qui a coosacré le Fib. CTest dans ce sens que

TnUDUJBN. 5S1

Pierre a dît : « Il ùnai que tome Ift maison d'Israël le sache « bien. CSe Jésus que tous ayezcraeifië, Dieu Fa fait Sei- « gamt et Cbrist, » c'est4i-dire mtoHfaé de ronetion dî* ^e. Jean vaplos kMn: « U flétrit Goouiie menileareelni « qui nie que lén» aoit le CSirist» » àtt eoMndre^ U dé» clmnédelHeaqaksonqneonnraqaeJéMisesC le Christ. Voilà povqwH il nous eitiorce au nom de mni Fils JésCi»- Ghrist, « afin que notre société soit avec le Père^ et son Fils « Jésus-Christ. » Paul dv racmc ne manque jamais de dire Dieu le Père et notre Seignew Jésus- Ch-ist, Ecril-il aux Kouiains? « Il rend grâces à Dieu par Jésus-Christ notre « Seigneur. » Aux Galates? « Il leur déclare qu'il est « apôtre, non par l'horame, mais par Jésus-Christ et Dieu « ie Père. » £q un mot, tu as ses i ivres tout entiers qui rendant témoignage à cette vérité, et nous montrent deux personnes distinctes , Dieu le Père et Jésus*Christ notre Seigneur, Fils du Père, et de plus que Jésus est le^nème que leCbrîst, Fib de Dieu, sous Tun comM sous Tautre Ma. Par-là même, en effet, qub les deaai nems appartiennentètin seul) Tundes deax nomsaf eeonaans Taiitre^ appartient tanjoai» an wème* Ckmgéqnomen^ soit que IVm dite sanlement Jéso», on comprend pai^ le CSirist, pasce que Jésus est- marqué de Tonolbn; soit que Ton dise simplement le Christ, le CSirist est le même que Jéaus, parce que celui qui a été marqué de 1 onction, c'est Jésus. L*un de ces deux noms est le nom propre qui lui a été autrefois imposé par Tanfîjc; Tautre n'estqu'un accident, un signe qui rappelle i onction, pourvu cependant que le Christ soit le Fils et non le Père,

Ënfin, qu'il est aveugle, celui qui ne comprend pas que s'il donne au GlH'ist le nom de Père , le nom de Christ implique alors un autre IMeu ! Si , en efiet, le Christ se confond avec Dieu le Père et dit : it Je monte ven mon père et « votre Père, vers manDieu^ ^NUre Dieu , » il déokre par Jà qu'il yafmamreMre et «un autre Dieu au-dessus de «M.» De même, si le Christ est le père^ il en emle un

5i2 TERTULUEN.

autre « qù alTerrait le tonnerre^ crée ks tempêtas et pro» « clame. son Christ parmi les natioiu. m Si «Jes rois de Ja « tene ae «mt levés et que les princes aient muûë des « oomplol» contre son Ghrkt y» il &uc qu'il y ait un autre Seigneur orâtre le Chdat duquel se aoieni levés les rois et ks priaoes. Et si k Seigneur s'adresse en ces mots au Christ, « mon Seigneur, » ceam un autre Seigneur qui parlera au père du Christ. Et quand l'Apotre écrit ; a Afin « que le Dieu de noire Seigneur Jcsus-Cbrist vous donne « Tesprit de sagesse et de révélation }^)our le connaître, » il y aura un autre Dieu de Jésus-Clii ist , distributeur des dons spiriluels. Toujours est-il, pour ne pas iioub perdre dans Ja multitude des délails, que «celui qui a ressuscite « Jésus rendra au£si ia vie à nos corps mortels; » par cou* séquent, il ÙMi pour nous ressusciter un autre Dieu que k Père qui est mort , et que k Père qui est tetsuaBÎféy s'il est vrai que le CSvisl qui est mort soit le Père.

3UUX* Silence 9 silence h ce hk^diÂme 1 Qu'il nous suffise de dire k Chrîsl fils de JAm est mcrt, et .eek parce qu'ainsi k léwotgnet ks-Écntures* L'Apdtre, em effet, ne pouvant prononcer sans on ■ fiosdeau qui raocn* blât : «.Le Christ cai mort, » ajouta : « suivant ks £cri- « tnres;» comme pour adoucir, par Tautorité des Écritures, la dureté de cette expression , et détourner le scandale de Tauditeur. Toutefuis les deux suhblances se Uouvant réuuies en Jésus-Christ , la divine qui est immortelle, et i liuniaine, qui est sujette à Ja mort , il est maniieste daos quel sens il déclare qu'il est murt, c'est-à-dire en tant (|ue chair, en tant qu homme, en tant que Fils de 1 Homme, mais non en tant qu'Esprit , Verbe ou Fils de Dieu. Ea un mot , quand il dit : a Le Christ e&t mort, » k Cîhrist , c'esl-à-dire loint du Seigneiv, il montre^ que ce qui est mort, c'est la chair consacrée par Fonction.

— Eh bien! dis^n, en soutenant que k Père est mort dans le même sens qtm tous k CShrist , nous ne blasphé^ mens pas k Seigneur Dku $ car s*il est mort, sekn noua, ce

TERTDLLIEN.

n^est pas dans sa subâtance diviae, mais dans sa mfastaiioe humaiiie*

UluBioa ! YouB blasphéowa , non-seiilenieat en son** tenant qn^il est mort, mais qa*il a été onidfié* Car» loi*»-' qu'en Tertn de oette malédictHm prononcée contre céhii

tt qui est suspendu au bois , » et qui , d'après la loi , s'applique au Fils, car c'est le Christ et non le Père qui s'est fait aiiaiiième pour nous, vous convertissez le Christ en Dieu le Père, vous blasphémez le Père. Nous, an cnntraire, en disant que le Christ a élé c:ri]( Ifié, nous ne le maudissons pas, nous ne faisons que rapporter la malédiction de la loi, parce que TApoire lui-même n'a pas blasphème en la rapportant. Or, de mémeqn'on pentdire de quelqu'un sans blasphème ce qu'admet sa nature, de même, le blasphémer que de lui imputer ce qu'elle repousse. Donc le Père n'a pas soaffert avec le Fils*

Ici, en effet, les sectaires craignaut de s*8ttaqQer directement au Fk*e> essayent d'atlénuer le blasphème, en accordant enfin que le Père et le Fils sotHK deux , poarvo que le Fils aoii&e -et que le Père oompmtisse» fkmiMiB' eziraragancel Car, qu'mcecpieeom^aitV, sinon souffKr' avec un autre? Or, si le Père est impassible, il ne peut donc souffrir avec un autre. Ou bien , s'il peut souflPriP avec un autre, tu le fais donc passible. Tes ménagements n'avancent rien. Tu erains de le déclarer jvassible, et voilà que tu lui fais parta^jer des souffrances. Il ne peut pas plus participer à des souffrances comme Père, qu'il ne peut souffrir comme Fils, en tant qu'il est Dieu. Mais comment le Fils a-t-il souffert , si le Père n*a point souffert af«c lui? U était distinct du Fils, mais non du Dieu. Qu'un fleuve , en effet , subisse quelque perturbation et quelque souilinre au fond de ses eaux, quoique ce soit la memesub* slanoe quiwtede la source dont elle ne diffère pas, oepen^ dant l'outrage 0ut au fleuve n*aura rien de commun avec la source. Sans doute, c*est Teau de la sourcequi, dans le fleuve, subît l'outrage ^ toutefois, dès qu^elle le subit, non

dtns la Boiiroe» nais dans k fleure) ce nW pas la source qaà V^pnmwe^ mais le fleuve qui sort de la source. Àmn^ ^nd ménerEipritde Dieu eût pu sooffinr dans le Fils, ntettioiiis, cMUttie ce ne serait pas dans le Pàie» bhbs dans le Fils, qu'il soafikirait , on ne pourrait pas dire que le Pcre ait souffert. Mais il suffit que TEsprit de Dieu (1) n*ait rien soufifert en son nom , parce que, s il a souffert que lque chose, il l'a souffert dans le Fils en qui était aussi le Père, attendu que le Fils souffrait dans sa chair. Nous FaTons déjà prouvé. Personne ne le niera; nous-mêmes ne pjuYons souffrir pour Dieu, si nous n'avons en nous PËsprit de Dieu qui parle par notre houche, dans le moment de la oopfettion » sans souffirir hii*Biéme f mais en nous donnant la force de sonffi'ir.

XXX. D'ailleurs, si tu Tas plus knn , je pourrai le répondre phis durement et te mettre en contradiction manifeste ayee la dédaratîon du Seigneur, Pourquoi tant de faiaoanenient) tedivairjePNe rentends-tu pas s'écrier dans sa pasaian a «Mon Dieu, nionDiett, poufquxiii m*amMraus «c Abandonné?» Dooc^ ou c^était le Fils quisouffinit, abandonné par lePère, sans que k Père qui abandonnait son Fils aouffirit avec lui ; ou, sie'écait le Père qui sonffliuit, à quel Dieu adressait-il ce cri ? Mais non^ ce cri de la chair et^e l'ame, c'est-à-dire de T homme et non du Verbe, ni de l'Esprit, c'est-à-dire qui ne venait pas du Dieu, fut poussé pour nous montrer que Dieu est im}>assible, puisqu'il abandonna son Fils en livrant à la mort son Verbe fait homme. Voilà ce que TApotre comprenait bien quand il écrivait : « Si le « Père n'a pas épargné son propre Fils. » Voilà encore ce qu'Isaîe avait déclaré le premier : « Le Seigneur le livra « pour nos péchés. » Ne pas Pépargner, c'était Pabandonner; le livrer, c'était l'abandonner. Mais, d'ailleurs, le Père ne Tavait point idiandonné, puisque le Fils remit

(i) TntuHieii entnd ee awi h divinité, ^ «t la aima àam k

tkrtulukh.

son ame entre ses mains. » Enfin il no l'eut pas pîiis t6l remise qu'il mourut : car tant que l'£sprit demeure dans la e)iair» la ehatr ne peut pas mourir. Ainsi , être abandonné par son Père, oe fat la mort du Fils. Cest donc le Fils (( qui meurt, et que ressuscite le Père, »• suivant les £ciiliires;leFil8 «qui monte triomphalement auhaotdes c ieieni» pour s'y aneoîr à k droite^ IHeuson Fère^ » et non le Vère à la droite dn Fils ; le Fils « qui descend dans « tes lieux basde la terre*^ C'est le Filsqa*aperçoititietiiiey encore assb à la droite du Père, d*où il descendra m jour, lorsque a le Père aura réduit tous ses ennemis à lui ser- « vir de marche-pied. » Cesl le Fils qui doit revenir sur les nuées du ciel, dans la même gloire qu'il y est monté. C'est le Fils enûn qui répandit sur les Apures l'Esprit qui! avait reçu du Père, l'Esprit, troisième nom de la divinité, troisième degré de la majesté éternelle, qui nous a fait connaître la monarchie d'un seul, mais en expliquant aussi l'économie divine à tous ceux qui admettent les discours de la Proj^liétie nouvelle, l'Esprit enEn f( qui enseigne toute vérité, » qui réside dans le Père, le Fils et TEsprit saint, selon le sacrement de la foi chrétienne.

XXXI. An reste, croire à Tunité de Dieu sans TOQkûr admettre dans Timité divine le Fib> et après lui TEsprit saint, c'est n'avoir que la foi des Juife. Qu'est-ce donc qui nous distingue d'avec eui, sinon cette différence ? À quoi bon l'Évangile, et la substancedn nonveau Testament , qui nous déclarent « que la loi et les prophètes ont subsisté « jusqu'à Jean,)) si depuis il n a pas fallu croire que Dieu est un en trois persoimes, le Père, le Fils, le Saint-Esprit? Dieu a voulu renouveler le sacrement de la Foi, afin que le monde lecriit d'une manif*re nouvelle, un par le Fils et l'Esprit saint , et que Dieu fût reconnu publiquement sous les noms et les personnes qui lui sont propres, puisque le monde ne l'avait pas reconnu autrefois , lorsque le prêchaient le Fils et l'Esprit. Qne nous importent donc « les

.526 miULLUN.

« antechrists qui nient le Père et le Fils ? » Ils nient vérilableraent le Père en le confondant avec le Fils, et ils aient le Fils en le confondant avec le Père, puisqu'ils leur accordent ce qu'ils ne sont pas et leur dérobent ce

.qu'ils sont. « Celui qui confesse que le Christ est ie Fils de

, « Dieu , » et non le Père, « Dieu demeure en lui et lui ea « Dieu. Pour nous, nous avons cru au témoignage que Dieu

. « a rendu de son Fils. Celui qui n'a point le Fils n a point Ia,Tie« » Or, ce n*est pas crtnre au Fils que de le croire

. MM autre que Fils.

DTJ BAPTÉMË.

I. Heureux sacrement que celui de Teau chrétienne, qui, lavant les souillures de nos ténèbres passées, nous

enfante à la liberté de la vie éternelle ! Un traité sur cette matière ne sera pas sans doute inutile , soit pour instruire ceux qui travaillent en ce moment à s'approcber de Dieu , soit pour ( on vaincre les fidèles qui , se Lornant à croire dans la simplicité du cœur, et sans étudier les raisons de ce qui leur est enseigné, n'ont qu'une foi dénuée de fondements et qui, à cause de leur ignonmce» ne repose jque sur des conjectures. D'ailleurs, il est arrivé .depuis peu qu*une femiiie, ou plutôt qu'une vipère des .plus venimeuses de laseete des Gelniens, a séduit dans M contrées un grand nombre de nos frères, par le poifon jde ses doctrines* Bile attaque surtout le baptême. Bien, 4U8uréraen€, qui réponde mieux à sa nature : vipères, laspics, serpents de toute espèce, rechercbeat d'or^aire 4e8 lieux secs et arides. Pour nous, poissons que conduit J^us-Chrîsl noire chef, nous naissons dans Teau, et nous n'avûQS d'autre niuven de salut que de rester dans cette eau salutaire. Aussi Ouintilln , monstre bîdeux , qui n'avait pas même le droit d enseigner, a-t-elle trouvé Tinfaillible secret de donner la mort, à ces po^^ns : eUç les enlève à l'eau qui les fait vivre.

H. Admirons ici ladresse de la perversité, qui, soit pour ruiner la foi , soit pour empêcher qu'on ne la reçoive

TEHTCLUEN.

(iaos sa plénitude, sape les fondements sur lesqîiels eîTc repose. Rien ne déconcerte plus les idées de l'homme que la simpUché des opérations divines dans ce qui frappe nos sens d'une part, et de l'iiutre la magnificence des effets qui en résultent. Il en va ainsi de noU e baptême* Quoi de plus simple ? Point de pompe; point d^appareil noVTean; point de cérémonie dispendieuse. Toutefois parce qu^ le néophyte plon§é dans Teau pendant que Ton prononce sur lut quelques paroles, ne pandt passordr plus por intérieurement de ce bain , on ne yeut pas croire qu'il ait obtenn l'éternité. Mab ches les idolâtres, si je ne me trompe, l'appareil , la pompe et les dépenses de leurs solennités on de lenrs mystères seerots, commandent la foi et la vénération. Misérable incrédulité, qui conteste à Dieu ce qui n'appartient qua lui, la simplicité uniek la toutepuissance !

— Quoi donc ? N'e^t-il pas étrange, s'écrie-t-on, qu'un

peu d'eau dcfrnise la mort ?

— Loin de là ! 11 faut d'autant plus le ernire, si c'est à cause de la grandeur de la merveille que i on refuse d*y croire. En ^et , quel peut être le caractère des œuvres divines, sinon de sorpasser notre admiration ? JKous aisai, elles nous surprennent , mais parce que nons les aejûnè* L'incrédulité, an contraire, s'en étonne, mais sans les croiïe. Ce qui M nmple lui parait illusoire, ce qin est

- magnifique lui semble imposable. Qn'il en soit comme tn Timagines, les oracles divins l'ont réfuté d'avasice : « IKcm « a choisi ce qui était insensé selon le monde, poor conn foudre sa sagesse. ^ Ce qui est impossible aiui hoonnea « est facile k Dieu. » Si Dieu est inBniment sage et puissant , chose que ne contestent pas même ceux qui le luécnnnaissenl, il a dû foire entrer dans la matière de ses œuvres le contraire de la sn^^esse et de la puissance, c'està-dire ce qui paraît h Vhommc une. folie ou une iinpossibilîtë : le mérite ne brille jamais piuâ que dans l'opposition des moyens et des effets.

^ m. Tout en ne perdant pas dâ vue ce principe qui nous sert de prescription, examinons néanmoins si la régénération de Thomme par l'eau est chose ridicule ou impossible. Pourquoi cette matière a-t-elle été élevée à cette haute dignité? H est bon, selon moi , de considérer cet élément jusque dans son origine. Elle est noble , elle est Hlnstre cette origme, qui commence avec le monde. L'eau est un de ces éléments qui, av itit que le monde eût revêtu sa forme, îors(|ue tout était {jjrossicr encore, sommeillaient en Dieu. « Au coniinencemcnt, est-il dit, Dieu « créa le ciel et la terre -, la terre était invisible et nue ; « les ténèbres couvraient la face de l'abîme , et TEsprit de « Dieu était porté sur les eaux. )> Voilà d'abord, 6 homme î de quoi respecter la substance de Teau , par l'antiquité de son origine. Veux-tu connaître ensuite sa dignité? Elle était le siège de l'Esprit divin , qui la préférait alors à tous les autres éléments. D'infortoes ténèbre, que ne dissipai! point encore la clarté dies étoilès*, s'épaississaient partout; Tabîme était lugubre , la terre saiis ornement , le ciel sans magnificence ; Peau seule , matière toujours parlai te, toujours riante^ toujours simple, toujours pure par elle-même, serait de trdiie à l'Esprit de Dieu.

Il y a plus. Quand Dieu disposa entre elles les différentes parties de l'univers , il le fit au moven des eaux. M Pour suspendre le firmament au milieu du monde il « divisa les eaux d'avec les eaux. 11 suspendit l'aride par « une opération semblable. » Une fois que tout a pris sa place, et que le monde attend ses habitants, c'est à l'eau la première qu'il est ordonné de produire des créatures vi-' vantes. C'^t l'eau qui là première produit ce. qui a vie,, afin qtic notre étonnement cessât lorsqu^un jour elle en^, fenterait la vie dans le baptême: Dans la formation de lliomme loirméme, IMeu employa Teau pour consommer son œuvre. Il est bien vrai que la terre lui fournit sa substance; mais la terre eût été inhabrie à cette œuvre si ellen-avait été humide et détrempée. Ce sera donc avec le

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limon auquel les eaux rassemblées depuis quatre jotrrs dans leur demeure, avaient laissé une humidité jaiffiymm/p^ que le Créateur fornu ra le roi de la création.

S'il fallait ra'élendre ici sur les autres prérogatives de Teau , que n'aurais-je point à dire de sa yertu et de fécondité ? Que de qualités ! que de bienfaits î que de ser-* vices rendus au monde I Mais je craindrais de détenir !• panégyriste de l'eau plutôt que le défenaenr du baptême : . toutefois il sortirait die là Tenseignanent pins ooiD]^et que si Dieu n oonstamment- employé l'eau dans ses ceuvres» il n'e8t.pas étrange qu'elle figure dans ses sacrements^ Poiu^ quoi celle qui produit- la vie de la terre, ne donnerait-elle pas la TÎe du ciel ?

IV. Il sulBra de ces quelques mois pour y découvrir comme une espèce de préjugé en laveur du liaptéme et un signe extérieur qui en était le symbole au commencement du monde. L'Esprit de Dieu qui, avant la création, <( était porté sur les eaux, » nous indiqunit d'avance que sa majesté reposerait sur Tcau de la régénération ^ car la sainteté ne pouvait être portée qiie sur une cbose sainte, ou bien, la matière qui portait, mpnutait sa sanctification à ce qui était porté. Et attendu que toute matière inférieure participe nécessairement aux qualités de celle qni la domine, la substance corporelle devait entrer encommunication avec la substance spirituelle, d'autant plus que cette dernière peut aisémeint par sa subtilité pénârer et animer sa vdsine. Ainsi, la nature des eaux, sanctifiée par l'Esprit saint, a conçu par^là même le pouvoir de sanctifier l'homme dans ce sacrement.

Et c^u on ne vienne pas médire : Est-ce cjiie nous sommes baptisés aujourd'hui dans les méuiej» catix que celles qui furent au commencement du monde ? Non, répondrai-je, elles nesont pas absolument les méiues. Elles s'y rapportent toutefois comme des espèces différentes à un genre unique. Or, les attributs du genre se retrouvent dans l'espèce* Aussi baptisés dans ia mer ou dans un étang, dans un

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fiéuye ou dans une fontaine, dans un lac ou daiis un ba^m, qulmporte? il n'y a sur ce point aucune différence entre ceux que Jean régénère dans le Jourdain et Pierre dans le Tibre. L*eunuque, que Philippe baptisa en chemin d!nne eau que le hafiard Itii ctffHt, n'emporta ni plus ni moins de grèce< Toitte eâli naturelle acquiert donc par Tiuiliquc prérogative dont elle fut honoré à amori^ne, la vertu de sanctification dans lé sdcrcinient, pourvu qùe IMeu soit invoqué à cet effet. Aussitôt que les parolies se prononcent, TEsprit saint, descendu des deux, s^arréte sur les caax qu'il sanctifie par sa fécondité • les eaux ainsi sanctifiées s'imprègnent à leur tour de la vertu sanctifiante. D ailleurs, elles ont un rap[)ort direct avec les desseins de Dieu dans cette opération. La tache du péché nous avait souillés ; les eaux nous lavent de ces souîllnrcs. Ikfeûs comme les péchés ne paraissent pas sur la chair, car personne ne porte à l'extérieur les marques de Tidolâtrie, de Fadultèreou du mensonge, ils impriment leur diâ^rmitédans Tame, ou'se consomme principalement la faute* G*eist Tesprît qui commande; lacbair obéit en esclave. Cependant la faute est commune à tous deux, à resprit, parce qu'il coiAniande , è la cbair, jiarce qu dlê ebéit. Aîasly'dès que les eaux ont reçu comme une vertu médicinale par nntérvention de Tangié de Dieu , Tame y est' lavée av moyen du corps, et la chair purifiée au moyen de l'esprit.

V. Les Gentils eux-mêmes, tout étrangers qu'ils sont à rintelligence des choses spirituelles , attribuent à leurs idoles la même efficacité. Mais leurs eaux, vides de vertu, ne sont que iriensonge et illusion. Ils initient par une sorte de baptême, leurs néophytes à je ne sais quels mys^ tères d'Isis ou de Mithra. Us honorent mémé leurs dieux par les ablutions solennelles de leurs simulacres. Voyez leurâ lnstrations expiatoires ! Le prêtre, promenant çà et là Teau sacrée, en alrro^ maison, bourgade, temple, cité \ ■ il n^omet rien. On se prépare, le fiiit est' connu, aux jeux

639 rainuLurar.

d'Apollon et d'Eleusis par des^ immBFsîons, cérëniionie qui, suivant ridée commune, régciiCTcra le coupable, et lui obtiendra rimpuuitéde ses parjures. C est ce que nuiis voyons chez les anciens. Quiconque s'était souUlé par rhomicide, lavait la tache du sang dans une eau expiatoire. Si donc l'aveuglement des Gentils reconnaît à Teau, par suite de sa «diestioation naturelle, la propriété d'effacer les crimes» avec combien plus de vérité remplira-t-elle cet oftice par 1 autorité d'ua Diçp» créaleiur dÂ8.élém<»it» «t de leurs profu^iétés!

— Ia religion) disent -^ils, camipunique à .Tewi une yertu salutaire.

— Hais quelle plu$ sainte religion que celle éa Sieo vivant! Le conn^tret ce vrai Dieui c'est en mèaie tempa oonnaitre les artifices jaloux dadéoMm, toujours prêt à contredire les opérations divines. En effet, n'a'-l41 pas aussi 6on baptême qu'il impose aux siens? Mais ouest le rapport? Là, c'est Timpur qui purifie 5 c'est l auteur de la servitude qui aûranchit; c'est le condamné qui absout» N'est-ce pas détruire son ouvrage que 4 efl^cer lespéchés» • inspirés par kii-méme?

J'ai rapporté ces témoignages pour ceux qui, repoussant les lumières de la foi, rel'usent à Dieu un pouvoir ^u'il» accordent néanmoins k son rival. Sans même recourir ail , sacrement, une opinion vulgaire veu^ qu'il y ait d^ esprits immondes répandus sur les eaux, comme pour imiter rinpubation pri^mière de TËsprit , au commeacettient; du monde. . Interrogez plutdt ces fontaines ombragées, ces ruisseaux, pleins de mystère, ces piscines dans les béina» ces source^ jaillissantes ôs^ns les maisons^ ces citernes, ceS" puits qui engloutissent ou étouflfent, dit-on^ les hommes» sans doute par la force de ^esprit mal&isant. En effet,, n'existe-t-il pas des noms divers pour désigner les victimes des eaux^ npopnictesy ceux qu'elles ont suffoqués; (^mphates, ceux qu'elles ont rendus furieux; liy drophobes^ ceux qu'elles ont frappés de terreur. Pourquoi ces détails?

7EKTULUEN

n ne paraîtra pitis invraisemblable que Tan^e du Seigneur préside aux eaux pour notre salui , loi bcjue Tangô du mal s'y trouve pour la perte de l'homme.

—Quelle apparence, dites-vous, qu'un ange interv ieuue dans les eaux ? * '

— L'Écriture a guéri d avance vos scrupules : « Un ange « du Seigneur descendait au temps marqué dans la piscine « de Bethsaide, et remuait Teau. Les malades attendaient « quelle eût été agitée pour y descendre , et celui qui y « descendait le premier après que Teau avait été agitée; ft était infaiUiblemeiit g;uéri , quel que fiiît sm mal. )> Ce vemède da. corps figurait dans l'avëmr les remèdes appliqués à notre ame, comme il arrive d'ordinaire que les choses matérielles nous élèvent à la oonnmssance des choses spirituelles. Puis, quand vinrent les jours où la grâce de Dieu coula plûs abci>damment sur les hommes, TeaRi acquit plus de vertu, Tangc plus de pouvoir. Ce qui guérissait autrefois le corps, guérit aujourd'liui l'ame j ce qui pro- ■curait la santé dans le temps, prcx ure le salut dans Téternité^ ce qui délivrait un seul homme chaque année, délivre chaque jour des nations tout euiières, et détruit la mort en lavant les péchés. Car le baptême, en remettant ' la faute, remet aussi la peine. Ainsi l'homme est rendu à Dieu, à la ressemblance det^e premier homme qui avait •été créé autrefois à Timage de IHeu ; Timage s^applique' «u corps; la ressemblance à Tétemité. G^est alors que rh(»nme recouvre cet fi^rit saint, que le souffle de Dieu lui avait communiqué au coridnencement, mais qkt'il avait perdu ensuite par sa pépite.

YI. le ne prétends pas toutefois que lesreaux nous met'^ ient en possession de la plénitude de TEsprit ; mais eil nous purifiant sous la vertu de Tange, elles nous disposent à recevoir TEspril saint. Ici la figure précéda encore la réalité. De même que le Précurseur préparait les voies de Jésus-Christ; ainsi l'ange, présent au baptême, ouvre les voies au Sainl-Lsprit par Tabsolulion des péchés qu obtient

la foi, que scelle et confirma Tlnvocation du Père, àa FÎI9 et du Saint-Ssinit. S'il est écrit t n Tout témoigna^ i<e* « posera sur la parole de deux ou trois témoins ; » qoel fou-* dément inébranlable de nos espérances que Ije nombre des trois personnes divines, puisque rinvocation notis dofine pour garants de notre salut» ceux-là même qui cautionnent notre foi ! Ce' n'est pas tout : notre profession de foi et lu promesse de notre salut ayant pour témoins et pour garants les trois personnes divines, la mention de l'Eglise arrive de toute iiéccssité ; car là où sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit , là est aui>si i Eglise qui est le corps des trois personnes divines.

VII. Sortis du bain régénérateur, nous recevons une onction sainte, empruntée à ranciennelot qui marquait le prêtre par Fonction de Thuile. C'est ainsi qu'iUupii fut sacré par son frère Moise. C'est ainsi que Jéspis est appelé Christ du mot chrême^ qui désigne rpnctionpar laquelle Dieu le Père Fa rempli de son Esprit, suivant ce qu'on lit aux actes des Apôtres : « Ils. s'asseiQblèrent flans cette yiUa « contre votre Fib sacré que voiis avez marqué votre « onction. » Ainsi Tonction se pratique sur notre chair , mais son effet agit sur Tame. De mêmç Taction du ^ptême est tout extérieure, puisque le corps lui seul est plongé dans Teau; maid 1 etict en CôL tout spiiituei, puisqu'il nous afiiuiicliit du péché.

VIII. Ensuite, on nous impose les mains en invoquant et en attirant sur nous l'Esprit saint par la bénédiction. Quoi donc? Il sera permis au génie de Thomme de faire descendre l'Esprit sur l'eau , en étendant les mains s;ur ellcy^et d'animer ce mélange par un autre Esprit qui produit dés merveilles étonnantes (i), et Dieu qui agit sur

(1} Le texte de Tertullien laisse ici quelque obscuriié à cause de son éner!:^iqne concision. Selon les cominpnlateurs , il dt'si<jne une machine hydrouiiquc, ou plulôt certains enchanleineots qui liaient pratiqués, &oit diB» Im eéKinMHiM du ktplèiw àm ht kérétiques, toit Ml £0 pdeM pour cofiHtlUe l'aTenir.

TERTULLIEN. 535 des éléments dont il est le créateur, ne pourrait, par des mains pures, opérer des prodiges spirituels ! Les symboles sacres de rAneien-TestMneiit nous édair^t encore idl' Jacob, ayant appelé anprès de kii ses deux petit-fils, Ephraim et Manftrfé, Im deux enfnlB de Joseph, les bénit ^ leur îoposnt sur la léte ses mains qu'ihavût «voiaées, repr^ienlaiift per cette attitade ëéga»Càunm. «ne ^ CfQiK» Bt présageMt ainsi kliéiiédUctioii qae iimis ûtmM Atiyl'iKwifibrfrt I iCeitdms ce moment que l'Bqpritd* MÛMti infinie i|uiae lè sein da Père pour descendre ttee ptoîaîr sur «ne cheir purifiée et bénie, et repose sur les eaux du baptême, comme s'il reconnaissait son ancien troue. Il descendit de même sur Notre-Seigneur sous la figure d'une colombe, afin que la simplicité et l'innocence de la colombe nous fissent connaître quelle était la nature du Sauveur, car cet oiseau, dit-on, n'a point de fiel. Voilà pourquoi Jésus-Christ nous recommande dans l'Écriture « d'être simples comme la colombe. » De même quand le déluge eut lavé dans ses eaux l'antique iniquité, après le baptême du monde ^ ai j*OBe ainsi parier, la colombe y éobappée de l'arche , et reparaissant ensuite avec un rêfî meaad olivier, vint amionoerà Tunivers la pacification de lacalère divine. On sait qne parmi les nations Telivier est le ejBbale dn la pab. Àr nne disposition «nalofpie^ nMOB topné spbiiaeile, anmitât qne notre terre, c'est-4^ diveanssildt que la chair de lliomnae sort dn bain régé^^ nérateur, purifiée de ses souillures, le Saint*BBpirit, oé*' leste coloinbe qui descend d*en haut, comme jadis celle qui sortit de l'arche, figure de l'Église, vient à nous en nous apportant la paix de Dieu. Mais le monde, en péchant de nouveau, nous signale la différence du baptême et du déluge. Aussi le monde doit-il être purifié pnr le feu, de même que l'honime qui retombe dans le péché après sa régénération. Que l'avertissement nous profite i

IX. Avaniages du cdtéde la nature, privilèges du ooté' de la grâce, cérémonies solennelles, symboles, prières,

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témoigTi;i<;es, tout annonce la merveilleuse efTicacîfé de l eau. D abord, c'est le peuple de Dieu que jc vois arraché de la ser vitude, tbmment Israël echappe-t-il à la violence de rK|;y})(ieri? Il traverse les eaux de la mer Rouge, oèi il trouve son salut en laissant englouti flou cruel oppraseur avec toutes ses irgupes. Connaissez-vous une figure plus manifeste du sacrement du baptême? C est dans Teau que les nations délivrées dépouillent 1«8 chainesdn sièda; dansTeau, que le démon, leur antique dominateur, 'peid son pouvoir. Pins loin» Teau. du désert est pleine d'amei^ tume. Bfoîse en corrige râcrété par h vertu dn'boisqiiHl y jette* Quel est ce bois ? lësa»*Ghri8t Ini-ménie qui, par sa divine puissance, transformaift en eaux sahitdires des eaux tout «à Thenre amères et empoisonnées» La voilà en^ ecupe cette eau que Moïse fit jaillir miraculeusement de la pierre qui accompagnait le peuple. Si cette pierre était Jésus-Christ, il n'eu faut point douter, les eaux du baptéiue sont consacrées en Jésus-Christ.

Pour nous cuntirmer dans la foi du baptême, considérons en quelle laveur l eau est auprès de Dieu et de apSk fils. L'eau intervient dans les principales circonstances de la vie du Sauveur; elle apparaît à son baptême^ vEssaie-t41 son pouvoir? Il convertit l'eau en vin aux noces où il est convié. £nseigne-t-il la multitude ? il invite oenz qui ont soif à venir se désaltérer à cette eau étemelle , qui n'est Autre chose que lui-même. Ailleurs^ H affinne qpi*un verre d'eau donné au pauvre est une ceuvre de * parité qu'il récompensera* U répare ses forces ans eaux dn ptiits de ' Jacob ; il mardhe snr les eaux ; Jl passe et repàsse le lac de Générareth, il lave lui-même les pieds de ses disciples. Enfin les témoignages en faveur du baptême secouliuueut jusqu'à la Passion. Le Sauveur ne sera point condamné à la croix sans que Teau intervienne : j'en appelle aux mains de Pilate. Lorsqu'il est blessé, c'est encore de Teau qui jaiiUt de son côté ^ j'en appelle à k lance du soldat.

TrarrDLLHDr« 037

X. Jusqu'ici nous avons -énuméré , autant que l'a permis notre foiblesse, tout ce qui peut servir de fondèn^ à la religion du baptéinei eipliquons du mieqi-qii:!! mnt «era possible ce qui concerne sa naiiÉre. Je commence par plusieurs questions pi^liminaiias. La premièiie iîitpMipo^ ' sée par le Seigneur luÀ-méme aax.Pharinens , lorsqv^U leur demanda si « le baptême de.Jéan WMdjK'dncwl Qii « d^'iaieAw. » Us n-osèveiit rieit fépaaàté z « ib nèeom- «:p:«QAieiit pas, parce qu ils h'«vaîeiit fias^k foi. » Foàr nous chez qui lamasiice de la foi «M k . mesnrë dei rin* teliigence, nous pouvons répondre que le baptême de Jean était divin par rautorité de cilui qui 1 avait prescrit, mais non dans ses effets, puisque nous lisons que Jean avait été envoyé pour baptiser, mais d'un bapitème tout humain. En effet, le Précurseur n'aeeordait ])oint la grâce, il ne faisait que préparer aux choseii spirituelles, parce qu'il était le préposé de la pénitence qui est au pouvoir de l'homme. Les docteurs de la loi et les Piunriâens, n'ayant pas vodUi cipire, refusècent atissi deÊiîre pénitMW^ &'il est vrai que la pénitence soit lEu poiivoir de l'homme , le baptême de Jean devait être nécessairemetitfde la mémé natnite $ ou bien , s'il eui été céleste, U e«t conféré ÏEà* prit saint el k rémission des pécbéa. «.Mak ilii^y aqila n Dieu qui remette les péchés et cknne k Saint'£spritj<« D^âîHoi»^, k Seignéur n*«-t>il pa» dit Inralme^ a fit je « ne rânonte d'abord vers m^on Père, l'Esprit ne peut « descendre sur vous ? » Ce que le Maître ne douuaitpoiul encore, le serviteur pouvait-il le donner? •

Nous lisons ensuite dans les Actes des Apôtres : «'€^ui <t qui avaient reçu le baptême de J^n n'avaient pas l'Es- « prit saint , dont ils n'avaient pas même entendu parler.» Par conséquent, ce qui ne produisait pas des eâet^céles* tes n'avait rien de céleste. Au reste, tout ce qu'il y airait de céleste dans le: précurseur, o'est-à-direJ'Espi^t de^pnn phétie, vint tellement à lui^nanquer^ après que latplé^ niiiida de TEsprit saint. foc passée . tout .eolière.iknb k

nsnoiiiEic.

Seigneur, que, ne reconnaissant plus celui dont il avait sij^nalé Tavénement, il lui envoya demander s'il était véritablement le Messie qui devait venir. Ce baptême de la pénit^ce ne faisait donc que disposer à lâ rëmission | et è laaanctification qui arriverait bientôt par le dbiist.

— Il prêchait le baptême de k péiikeiioe pinr là ré* miaiioii des péchés ^ dirs-tHm.

»*-Il est vrai; mais cela ne doit s'entendre t^ne d*une témiasion à venir. La pénitence préeède ; Tieajt eiMoite la rémission ; on appelle cda préparer >la T<ne.r Celui qai prépare est-il le même que celai qui achève? Le premier dispose seulement et laisse à un autre le soin de mettre la dernière luain. Au reste, le Précurseur avoue lui -même que ses ouvres n'étaient point célestes; cette vertu II appartenait qu'au Christ : « Celui qui est sorti de u la terre est de la terre et parle de la terre ; celui qtiî « vient d'en haut est aii^lessus de tous. (( Pour moi, dit-il ii ailleurs , je vous baptise dans Teau de la pénitence seu- « lement; mais il en viendra bientét un autre qui vous « baptisera par le Saint-Esprit et par le feu; « e'esl^ è-dire oommô le vrtà fidèle est purifié danâ les eaux bap^ tismales pour sa sanctificadon , le Oirétien hypocrite ou ehancelant reçoit un baptême de fea pour sa eondam-i nation*

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