‹ Les pères de l'égliseChapitre 44 sur 44 · IIGUIENT SUR SON STYLE ET SES OUTRAGES · texte numérisé non relu

IIGUIENT SUR SON STYLE ET SES OUTRAGES

Quant an style de TertuUien dn ne peut disconveniif qu'il ne soit dur, inculte, obscur ét quelquefois trop enflé. Partout il est chargé de termes faarlMres et inconiras dans la bonne laitinité, plein de sentences et de pointes d'esprit qui ont souvent plus de brillant que de solidités On y en trouve néanmoins, et même en grand nombre^ qui sont «Mes, élevées, et dont la beauté adoucit la peine qu'il faut se donner quelquefois pour en bien pénétrer le sens. Outre la langue latine, il avait étudié celle desGrecs^ dans laquelle il écrivit quelques ouvrages dont anciui .n'est parvenu jusqu'à nous. On voit par son Apologétique et ses autres ouvrn.'^es contre 1< s païens, quMl possédait ce que les Lettres humaines ont de plus beau et de plus savant. Seà livres contre Marcion renferment tous les principes de TancicHne théologie. Il faut dire la même chose de son livré: contre Praxéas, dans lequel il expose avec tant de netteté et de prédsion la foi de l'Église sur la Trinité des personnes en un mA Dieu , qu'il peut ëervir de modèle 4 tous ceux qui ont è traiter une matière si sublime. Sea livres do Baptême, de la Couronne du Soldat» de TApo^ logétiqne, du Jeûne et de la Pudicité, sont comme un trésor des rites et des anciens usages de TEgUse. Enfin ^n livre des Prcsi i iptions fournit des armes pour eonibattre et miner toules sortes d*hérésies. C'est surtout dans ce traité que lOn remarque la vivacité du génie de Ter*tullien , la pénétration et Fétendue de son esprit, la force de son raisonnement. 11 est tout difiërent dans les on-

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vrages qu'il a cora poses depuis son schisme. Quoiqu'ils renferment quantiîe de choses très remarquabies et très<utiles, on n y trouve pas autant de solidité, de pénétration et de fécondité d'esprit, que dans ceux qu'il a composés étant Cîatholique. Souvent même on -a pcdne à le suivre, ti^nt ses>aisannenients sont, embrouillés, et il y a des endroits ott il est prettpie impossible de. deviner. son sentiment. Témoin ce qu'il dit de TÉglise el du pouvoir qu*elie a de remettre les pécbés. La plupart de ses objections contre les Catholiques ne sont que de vaines subtilités : tout lui esl^bon qiiaiid il s ap it, de défendre ses erreurs, et il n'a j)as honte d'autoriser par des visions de femmes son sentiment sur la nature de i'ame, qu'il croyait palpable, transparente , et de la nature de l'air.

éDITlOlf DBS OUTAAOES DB TKRTIII.LUUV.

iSoLis avons obliî^ation à Beatus Rhenanus d avoir travaille le premier à recueillir les ouvrages de TeUrtuIlien, et à en éclaircir un grand nombre d'extraits par de courtes et savantes notes. Il se servit à cet eflei de deux manucrits qu'il avait tirés de deux abbayes d Aiiemagne. S'il en avait eu un plus grand nombre et de plus corrects, il manquerait peu de cboses aux éditions qu'il a données de TertuUien. La première parut à Bâle, en 1915, in^-fol. Si^psmond Gelenius revit la dernière, et y corrigea qiiel*qnes traités de TertuUien, sur un manuscrit d'Angleterre. Il donna en 1569 une nouvdle édition du TertuUien de Rhenanus, avec les commentaires de François Zéphinns, Ftorenttn,àBàle, in-foL On k réimprima à Paris, eir4 666, en deux volumes în-^", en fort beaux caractères. Jacques Pamelius, archidiacre, et depuis évéque de Saint-Omer, fit réimprimer les OEuvres de TertuUien avcc.de nouveaux

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oonomenlaires, à Anvers, en 1579 et 1584, in-tol.^ à Paris, en 1683; à Heidelberg, eo 1596; à Geoève, en 1597, 1601, 1607 ; à Franken, en lôQ?» avec les notes de Junius^ àPanSy e& 1598, 1608; à Anvers en 1609; à Paris, en 1616 4 à Cologne, en 1617; à Zurich, en 1657 ; k Paris, en I6S89 ui-8% 1634 iD-fd. i 1658 m*8% et 1664 in-M. ; à BimeD, en 1662, in^M. Ootra les pcolégomèhes, les oom* mentaires et les notes de Pamâius, on trouve dans les dernières éditions celles Latinos LstîAtos, deMcoents, de Richer et de Zéphinus. Les comraenlaires de Pamélius sont très-utiles et très-recherchés, mais il s'y éloigne souvent de son sujet. Les remarques de Latinus Latinius ae sont pour la plupart que des cnnjectures, pour rétablir les endroits du texte de Tertuilien qu'il croyait cor- Tompus*, il la donna en 1584. Famizole travailla aussi à corriger le texte de cet auteur, mais il ne fit rien îm- ^ma*. Fulvius Ursinus recueillit plusieurs difTérentes leçons des manuscrits, et les mit à la marge des Cffinvres de Tertuilien d'une édition de Famélins, dont M. Rigaut profita dans la suite. Presque dans le même temps que Pamélius donna sa première édition de Tertuilien, La Barre en entreprit une autre qu*il fit imprimer à Paris, en 1580, iu-îol. Je ne sache point qu'elle ait été réimprimée depuis. La première de M. Kigaut ne fut que 4e quelques Opuscules que Robert Étienne imprimu en 16&8* H les fit ensuite imprimer tous ensemble après les Sfeir renruset corrigés sur un manuscrit d'Agobard, avec des notes et un glossaire pour riutelligenoe des termes afiricains, à Paris, en 1684 et 1641. Celle-ci est la plus estimée'; mais pour TaToir complète, U y Ibut joindre on volume entier de notes et de eommentaires de différents anleors, imprimé à Pâris, en 4635, in<-fi>L On estime les noces «ritiques et gremmadoks de H. Bigant, mais oq Cait peu de cas de celles qui regardent la théologie, et on s'est plaint de la liberté qu*il s'est donnée en parlant de certains usages de l'Église. Philippe Le Prieur fit réiiu-

TËfiXCLU£N. Slir

primer Fédition de M. Rigaut à Paris, en 1664 el 1695, in-fol., et y ajouta à quelijues notes de sa façon qui sont peu ilechose, celles de Saumaise sur le iivredu Manlean, avec une Dissertation sur la vie , la doctrine et les erreurs de ïertuilien. Cette dernière est plus étendue que l'autre, et oOQtieiit, outre le traité de la Trinité attribué à Novatien^ un poème intitulé : de Jonas et de Nin'we Le Père Jea»- Iioui» de La Ciitla, jésuite espagnol» fit Imprimer «n Commentaire sur les ouvrages de Terlullien, plus oompktt >. que ceux qui awent paru jusqu'alors, en deux plumes ÎB-foL, en 1694, 16B0 el 1641. Mais cet ouvrage rst demeuré imparfait; on le trouve trop long el eonnuyeux, l'auteur y fait quaulilé de recherches et de notes inutiles. Ceux du Père George, capncin , le sont encore plus, et il aurait pu, sans faire tort au public, les réduire à plus de moitié; il ne laisse pas d y avoir de 1 érudition, maispeU de connaissance de la bonne critique et de Tancienne discipline de TEglise. Ils furent imprimés à Paris, en trois vo- ' lûmes in-fol. , en 164^, 1648, 1660. On a donné à Venise > en 1701 9 in^L, une édition complète des OËuvrefl de TertnlUen, avec des Notes dioisies des meilleurs édtieuis^ <in*on a mises à la fin ; mais cette édition esti^pou exaefii^ . L* Apologétique fut imprimé séparément à Venise, en 1407, avec les Œuvres de Lactance , quelques-unes de sainÉ^ Ghrysostdme et la Préparation évangélique d'Eusèbe Venise encore , avec les OEuvres de Lactance, en i 509 ; à Paris, en 1509, in-4**, et chez Aide, en 1515 , in-S**; à Paris, en 1613 , in-4'', avec des notes de Didier Héralde; à Leyde, en 1718\ in-8'', avec un savant commentaire de Sigebert llavercamp^ les deux livres aux. Nations, àGrenève, en 1625, in-4% avec ks notes de Jacques Gudefroy; le livre des Spectacles, à Paris, en 1601, avec les (Ouvres d'ODuphrePauviniiis; le livre du Mattteau,à PanI, en 1 600- ^ J014%iii-8. Laprémièfe édition est d'Edmond Bidber^ qui donna en même temps ce liwe en Irançab ; k aeoonde est de Théodore Manilios. Fvàn^ Juniua tn. avait déj^

gao I£RTULL1£N.

donne une iatine à Leyde, en 1595, avec des notes. Saumaise en fit une quali ièiue à Paris, en 1622. in-8'', et une cinquième à Leyde, en 16ô6, in>d''. Denis Petau, mécontent des notes-doDtSatimaiâe avait accompagné son édition, les atlaqpia sous le nom supposé d'Ântom^KerkaîtiuS) en I6ft2. Sauinaiae répondit Tannée suivante avec asses -4l*aigreor, sous le nom de François Francus, ce qui attira tme réplique de Denis Petau , qui n'est pas moins vive que ifl F^nose du premier. Ce traité du Manteau « été aussi publié en-irançais, in-lS, à Paris, 1640, parTitrevilley el^ Uxid^ 1 665 , par Manessier, qui a aussi publié en français le Traité de la Patience, et l'Exhortation au Martyre, en 1667. L'Apologétique fut traduit en iiauçais pour la premièrefois par LouisGiry, avocat au Parlement, et membre de l'Académie française, et imprimé à Paris, en 1636, .1646, 1660, I666,in-125 1684 , in-1 2, avec le latin à eôlé) en 1701, on réimprima à Amsterdam, la même traduction, avec le texte latin à cdté, et un abr%é de la dissertation de Piejnre Allin , sur le» ouvrages et la vie de TertulHen. En 1714 , M. Vassault, •aumônier et confesseur ordinsôre de la maison de feue madame la idaophine^ donna une nouvelle traductÎQin française de cet Apologétique , h. P^risy in- 4**, chez Collomlmt ; et Tannée suivante 1715, le même libraire en publia une édition l'une et l'autre est précédée d'une excellente préface sur quelques apologistes de la relifrion cbi étienne et sur Teriullien en particulier, et accoiiîpaf^née de notes utiles, la plupart bistoriques. Le traductmr promettait ^ns sa préface de faire suivre de près une traduction •de TApologétique de Scapula , de TËxhortation aux Martyrs , des Traités de la Patience, de la Pénitence, de la Prière, des Spectacles et de T Ajustement des Femmes. Il promenait aussi un Dictionnaire pour rintelligenoe-de .TertulHen ) mais cette double promesse n'a point encore été exécutée* Outre ces deux traductions Irançaises de r Apologétique de Tertullien , Pierre Maner on Manier

ÏËATUiXlËN.

(ÂJanefus) en a duiiiié une en espagnol, à Sarrac^osse, in-4'*, 1644 j et Joseph Betty une enanglais.à Arfnri. l 7 2'2, in-S", avec Théophile d'Antioche. L'apologétique adressé à Scapula a été traduit en allemand j à Smalcad , en 1582, iQ-12, par Luc Majo, et ii fut publié à Paris, en fraiir çûs, en 1640, in-12, par Herbier. Le traité des Prescriptions a été donné séparément en latin avec les notes de QointiDusIleduuSy à Paris, 1561; en 1599, avec les AOtes de Ptonélîusy à Cologne; en 1675, iii-4% à

Bnafelles, avec on long comiiienlaire de Ghi^en Lapus, ermite de Saiat-Au^tin. Cet excellent ouvrage des Prescriptions a été aussi donné en fimnçais. J*en connais trois iraductioûs : la première est d'un nommé de La Brosse, et lut donnée à Paris, in-8", en 1612^ la seconde lut publiée dans la même ville, aussi in-12, en 1683 . chez Trouvin ^ le traducteur est M. Hébert. Il v a join! une traduction des traités de l'Habillement des Femmes, de leur Ajustement, et du Voile des Vierg^. Le tout est suivi d'éclaircissements pour l'intelligence du texte , et dédié à M. de Harlai , archevêque de Paris. La troisième traduction dn livre des Prescriptions est d*nn Jésuite; elle a été -imprimée chez Le Mercier, en cette année 1729 , -«n-12. Le traducteur y a joint Tabrégé des Hérésies, que quelques critiques contestent à TertnUien ; et il prouve dans ses re^ marques que cet abrégé est de cet écrivain. Les mémmrct sur les sciences el les beaux arts, connus sous le nom de ' Mémoires de Trévoux ^ mois de mars 1729, article 32, parlent d'une quatrième traduction française de cet ouvrage, imprimé»e, disent-ils, à Genève , chez Barillat,à la suite de l'entretien d'un Catholique avec un J. , au sujet de l'excellente Vie de saint Prudence deTroyes, donnée au public en 1725, uirl2, à Paris , et dont l'auteur est M. Brayer, chanoine de la cathédrale de Tri^yes. M. Giry, qui a donné en français T Apologie pour les Chrétiens, a aussi donné en la même kngue les traités de la Chair de Jésu^hrist , et de la Résurrection de la

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chair, in-1'2 , chez Le Petit, en 1661. Florimond de Raimond ou Louis Richeome, Jésuite, donna, en 1594, nne version française dn hyre de la Couronne du soldat, avec des notes, le toal imprimé à Bordeaux, dbez Millanges. Il le fit réimprimer à Paris , avec le lÎYre aux Martyrs , à la fin d'un traité inttlulé FAntechrist , et de rAnti|Nr»

Jeanne, en 1599. Pàni Ccdemievs a donné aussi le » livre aux Martyrs, en fimn^is, à La Roehelle« en 1678«. On en a nne traduction espagnole , awî les traités dé Scapula, à% la Patience, du Témoignage de Famé , etc., par Joseph Pellinier, à Barcelone^ en 1639. Le traité de la Couronne du soldat avait été donné en français , dès 1563, à Paris, chez Vascosan, in-8°, par Mauré. M. Mura tori ayant trouvé dans la Hibliothèque Ambrosienne, à Milan, un manuscrit où le traite de Tertullien, de l'Oraison , était plus complet que dans les éditions des œuvres de ce Pèî^e, le fit imprimer à Pavie, en 1713, dans le troisième tome de ses Anecdotes. Les Nouvelles littéraires de La Haye, 1715 ^ toniel, annoncent qu^un savant de Reg^o préparait nne nouvelle édition de ce Père, revue sur un exemplaire corrigé par Gaspard Scîoppius» et avec un commentaire de Peactvola, snv toutes les oeo^ vres do même Tertullien , lequel commentaire n^avait jb^ mais paru. Dom Charpentier, Bénédictin de la con^préga^^ lion de Saint-Maur, se dispose au{>si à en donner une nouvelle édition. L'auteur est habile et membre d'un corps, célèbre dans l'Eglise })our avoir rendu h un grand nom-bre d'écrits des Pères leur pureté origpinaie»

'contenues dans le septième volume.

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