Cf. Infra, m
gène donna une traduction nouvelle, et depuis lors les « œuvres de saint Denys TAréopagite » exercèrent une immense influence sur la science de l'Occident. Pour les mystiques Denys portait la lumière dans les obscures questions de la contemplation et de l'extase; aux se ol astiques il servait de guide dans les spéculations sur l'être et sur les attributs divins, sur les causes exemplaires de la création, sur les hiérarchies angéliques; il enseignait aux écrivains ascétiques la triple voie purgative, illuminative et unitive ; il ne cessait d'inculquer auxexégètes et aux symbolistes l'idée d'un sens plus profond des paroles de l'Ecriture et des rites ecclésiastiques.
Mais la vogue de nos écrits s'affaiblit au déclin du moyen âge. Un des premiers actes de la critique historique renaissante fut de renouveler la protestation de 531 contre l'authenticité des œuvres prétendues de TAréopagite. La bataille qui s'engagea alors, Tune des plus ardentes et des plus longues qui aient jamais été livrées sur un terrain littéraire, vit se produire une foule d'hypothèses sur la véritable origine de ces énigmatiques écrits : des Pères grecs, syriaques, latins, des orthodoxes, des hérétiques, jusqu'à des prêtres de Bacchus (àkWoc !) furent proposés comme auteurs. On a mentionné plus haut les plus récents débats. Bien des questions difficiles attendent encore une solution satisfaisante.
XV. Editions et Versions. — En fait de critique textuelle, tout ou presque tout reste a faire. Des nombreux manuscrils grecs, un petit nombre seulement ont été consultés ; on n'a tenu aucun compte des versions orientales, syriaques, arméniennes, arabes, demeurées médites. L'édition princeps, imprimée cbez Philippe Junte, à Florence, en 1516, eut pour base un codex florentin. Pour l'édition de Paris, 1562, in-8°v on a collationné, mais d'une façon très superficielle, quelques manuscrils parisiens. L'édition de B. Cordier, S. J., Anvers, 1634, 2 vol.
§ 52. — DENYS dit l'aréopàgite 435
in-fol. et Paris, 1644, profita de quelques variantes tirées de manuscrits viennois, et pour l'édition de Venise, 1755-1756, 2 vol. in- fol., on utilisa un codex de celte ville. L'édition de Venise a été reproduite par Migne, P. G., m-iv, Paris, 1857, et le texte, sans aucun des accessoires, en a été réimprimé à Brixen, 1854, in-8°.
J. Collet et J. 11. Lu p ton ont donné une édition de la Hiérarchie ecclésiastique et de la Hiérarchie céleste , avec version anglaise et commentaire, Londres, 1869, in -8°. J. Parker a publié nne version anglaise des deux mêmes traités, Londres, 1894, in-8°. J. Engelhardt a traduit en allemand les œuvres complètes. Les écrits prétendus de Der<ys ÏAréopagite, traduits et accompagnés de dissertations, Sulzbacb, 1823, 2 vol. in -8°. Noos avons en français les traductions des œuvres complètes, par Darboy, 1845, et par Dulac, 1865.
Le célèbre passage des Noms divins, ni, 2 (Cf. Supra, h), en syriaque, d'après trois manuscrits, chez P. de Lagarde, Communications , t. IV, Gœttingue, 1891, p. 19-20; Cf. J. Drœseke, Leçons diony siennes, dans la Bévue de tkéol. scientifique, t. XXXIII (1890), p. 504-509. Sur le même passage, H. Gelzer, Sapa ou Zijfxa ? dans les Annales de théol. protest., t. XXIII (1892), p. 457-459. — Sur l'Epître VII, 2, v. Gelzer, dans la Semaine de philol. class., 1892, col. 98-100. 124-127. — La lettre apocryphe au philosophe Apollophane (Cf. Ep. VU, 2-3) se trouve en lalin dans les éditions complètes, dans Migne, m, 1119-1122. Dans Pitra, Analecta sacra, iv, p. 241-254. 261-276, les versions syriaque, arménienne et latine de la lettre à Timothée, Sur la mort des apôtres Pierre et Paul. Cf. Loofs, dans la Gazette de littér. théol., 1884, col. 544 et suiv. Voir sur cette lettre Lipsius, Les actes et légendes apocryphes des apùtres, t. II, 1, Brunswick, 1887, p. 227-231. Vetter, dans la Revue trim. de théol., t. LXIX (1887), p. 133-138, traduit de l'arménien la lettre apocryphe à Tlte sur l'Assomption de la Sainte Vierge.
V. Travaux récents. — On trouve dans Chevalier, Répertoire des Sources hist., 563-565. 2549, la littérature extraordinairement riche des siècles précédents.
Fr. Hipler, Penys VAréopagite. Examen de V authenticité et de la cré' iibilité des écrits portant ce nom, Batisbonne, 1861, in -8°. — Le môme, De theologia librorum qui sub Dion. Areop. nomine feruntur, quatre programmes du Lyceum Hosianum, Braunsb., 1871, 1872, 1873, 1874.. V. aussi du même, Etudes néoplatoniciennes, dans la Revue trim. autrich. de théol. cath., t. VII (1868), p. 439-4E8 ; t. VIII (1869), p. 161- 196, et l'art. Denys CAréop. dans le Dict. de théol. cath. de Wetzer et Welte, 2e éd., t. III, col. 1789-1796. — Ed. Bœhmer, Denys ÏAréop. dans le Damaris, t. IV (1864), p. 99-146. — I. Niemeyer, Dion.
Areop. doclrinae philos, et theologicœ exponuntur et inter se comparantur. Halle, 1869, in- 8°. — G. Skwerzow, Etudes patrolog., Leipzig, 1375, p. 98-170. — II. Kanakis, Denys VAréop. caractérisé comme philos. , Leipzig, 1881, in-8°. — Nirschl, Den. VAréop. et sa lettre à r apôtre Jean à Pathmos, dans les Feuilles hist. et polit., 1883, t. XCI, p. 173-184. 257-270. — G. M. Schneider, Areopagitica. Ecrits de Den. VAr. Défense de leur authenticité, R&lisb., 1884, in-8° : « Le premier évêque d'Athènes et ensuite de fcaris, le disciple de Paul, le martyr du Christ, est l'auteur des Areopagitica ». P. vu. — R. Foss, Sur l'abbé Hilduin de Saint- Denys et saint Denys VAréopagite (Progr.), Berlin, 1886, in-4\ — Vivien, saint Denys VAréopagite, évêque d'Athènes et de Paris, patron de la France , Paris, 1889, in-8°. — J. Drœseke, Choix d'études patrisliques, Alterna, 1889, p. 25-77 : Denys de Rhinocolure, Cf., § 25, v.iz. — Le même, Sur Denys de Rhinocolure, dans la Rev. de théol. scientif., t. XXXV (1892), p. 408-418. — A. Jahn, Dionysiaca. Anthologie littéraire et théologique de Denys dit VAréop., Altona, 1889, in-8°. — J. Langen, VEcole £ Hiérothée (Cf. Infra, vi), dans la Revue internat, de théol., t. I (1893), p. 590-609; t. II (1894), p. 28-46.
VI. Hiérothée. — A plusieurs reprises, Denys mentionne avec enthousiasme, comme son maître vénéré, un certain Hiérothée. Il nomme de, lui deux ouvrages, des Eléments théologiques eebXoYtxat Ttot^etwcr6iç(l) et des Hymnes d'amour, ipomxaî ofivot (2). 11 donne ses propres écrits comme des éclaircissements et des suppléments de ceux du maître, à cause de leur profondeur et de leur concision malaisés à comprendre (3). En quel temps et en quel pays vécut Hiérothée? La question est connexe avec celle de la personnalité de son élève (4). D'après A. L. Frothingham (5), Hiérothée serait le panthéiste et millénaire