Mignb, P. G., xlyiii
§ 56. — THÉODORE DE MOPSUESTE 157
ministère spirituel et de son activité littéraire. Dans les questions dogmatiques pendantes, il s'était fait une réputation hors de pair, comme champion de la doctrine de l'Eglise, lorsque, vers 392, il fut élevé sur le siège épiscopal de Mopsuesle en Gilicie. Dans ce poste, pour autant que les sources, désormais bien avares, permettent de porter un jugement, il prit une part active à toutes les affaires qui occupèrent alors l'Eglise d'Orient. Qu'il se montra le défenseur décidé de la cause de son ami de jeunesse persécuté, nous l'apprenons de la bouche de saint Chrysostome lui-même (1). 11 mourut vers 428, après avoir porté trente-six ans, au témoignage de Théodore! (2), le bâton pastoral.
II. Ecrits exégétiques, principes d'herméneutique, le canon des Ecritures. — Théodore débuta dans les Lettres à peine âgé de vingt ans, par un Commentaire des Psaumes; il nous reste des fragments assez considérables de l'original grec et d'amples extraits syriaques, ceux-ci encore inédits. Dans ce travail, répudiant tout allégorisme, il s'efforçait d'appliquer, dans toute sa rigueur et avec toutes ses conséquences, la méthode d'interprétation grammaticale et historique. Il maintenait l'origine davidique de tous les Psaumes et raturait, par conséquent, comme autant d'interpolations, les titres particuliers. A son sens, quatre Psaumes seulement sont directement messianiques, savoir : les Psaumes 2, 8, 45 et iiO des Septante ; dix-neuf se rapportent à David et à son siècle, un à Jérémie, vingt-cinq à l'époque des Assyriens, soixantesept à celle des Ghaldéens, dix-sept au temps des Macchabées; les dix-sept restants sont des Psaumes purement didactiques, sans aucune allusion à l'histoire.
La thèse était hardie; comme l'auteur devait s'y at-
1. Ep. 112 : Mjgxi, lu, 668-669. Cf. Facuhd. Hbrm., Pro defens. trium capit., ni, 7 : Mighb, P. L.9 txvu, 705-706.