‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 172 sur 374 · V. Supra, § 45, ili · texte numérisé non relu

V. Supra, § 45, ili

l'autre sans se confondre (1) ni se mêler (2), sans altération (3) ni « consubstantiation (4).

L'accord rétabli avec les Orientaux, Cyrille écrit plus d'une fois qu'il y avait avant l'union deux natures, et qu'il n'y en a plus qu'une seule après l'union. De là, grand émoi ; rien pourtant de plus simple. La thèse ne va, au fond, qu'à reconnaître pour un instant de raison la sépation abstraite de deux natures indépendantes ; elle ne va en d'autres termes qu'à soutenir que le Verbe s'est associé une nature humaine parfaite, en possession d'un corps et d'une âme raisonnable et qui, après l'union, subsiste, non pas en soi et pour soi, mais dans le Verbe. Cyrille s'en explique lui-même : « Nous disons qu'il y a union de deux natures, mais que l'union formée, c'en est fait de la séparation en deux êtres, et, partant, nous croyons à l'unité de la nature du Fils, parce qu'il est un, quoique devenu homme et chair (5). »

Kn général, saint Cyrille, pour caractériser l'union des doux natures, se plaît à employer l'expression S'évuxnç, que lui ont léguée les Pères, et souvent il en détermine encore le sons avec un surcroit de précision : homç ?u<nxi5, x«i f ôjw, k«o% faircxtiv, xjtc' oiilw. Le terme o'svofxr4atç semblait réduire la nature humaine au rôle d'un temple du Verbe; Cyrille le rejette partout comme entaché de nestorianisme. Il protosto encore plus énergiquement contre l'expression Ihvorito do Nostorius, contre la ™>db6'.af l'union morale. « Noua ropoussons le terme de «mdbst*, écrivait-il au patrlnrche do Constantinople, parce qu'il n'est pas propre h onraotérisor l'union, ïvw*iï (6). »

§ 59. — SAINT CYRILLE d' ALEXANDRIE 229

De cette union physique suit la communication des idiomes, en vertu de laquelle on doit attribuer à Tunique personne du Verbe toutes les propriétés et toutes les actions de sa nature humaine. Dieu a souffert, Dieu a été crucifié ; car toutes les souffrances qu'il a endurées dans son humanité, il les a endurées lui-même, puisque c'était son humanité, son corps, son âme, qui souffrait.

Disons-le très spécialement Dieu est né et Marie mérite le titre de Mère de Dieu ; car il est Dieu, l'homme qu'elle a porté dans son sein. Tandis que les Nestoriens s'obstinaient à la nommer mère de (homme* àv8pu>™xoxo<;, ou mère du Christ, xPt<rcox<5xo,M Cyrille choisit le terme de oeotôxoç pour la devise de l'orthodoxie. Il voit clairement que ce terme résume en quelque façon toute la christologie de l'Eglise, puisqu'il présuppose, avec l'indivisible unité de la personne, la dualité des natures en Jésus-Christ. « Pour confesser véritablement et sans altération notre foi, il suffit de croire et de confesser la maternité divine de la Très Sainte Vierge (1). »

VIII. Ecrits apocryphes. — Un grand nombre d'ouvrages ont usurpé, pour s'en parer, le nom de saint Cyrille. Migne, P. G., lxxvii, a publié, sous la rubrique de Dubia et aliéna, un Livre sur la très sainte Trinité (col. 1119-1174), la Collectio dictorum veteris Testamenti anagogice expositorum (1175-1290), la Liturgie de saint Cyrille (version latine du

1. Nom. XV* sur l'Incarnat, du Verbe : Ibid,, lxxvii, 1093. — Le monophyeisme, en parlant la langue et en dénaturant la pensée de saint Cyrille, compromit dans l'Occident la christologie de ce grand homme. Cette christologie attendit un siècle durant l'approbation solennelle du Saint-Siège. Le pape Jean II est le premier qui, dans une lettre officielle de Tan 534, ait allégué textuellement le XIIe anathématisme. La christologie de Cyrille partagera désormais h Rome l'autorité du concile de Ghalcédoine et des lettres de saint Léon le Grand. V. Schabfir, La christologie de saint Cyrille d'Alexandrie et VEglise romaine, 432-564, dans la Revue trim. de the'ol., 1895, t. LXXVII, p. 521-547. (N. dis T.).

texte copte, 1291-1308). Sur ces ouvrages et sur d'autres visiblement apocryphes, cf. Fesler, ïnstii. Patrol., n, 567-569, Inspruck, 1850-1851.

Un sermon copte sur la mort a été publié, avec le nom de saint Cyrille, et traduit en français par E. Amélineau, Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux îv et v« siècles. Mémoires publiés par les membres de la Mission archéologique française au Caire, t. IV, Parts, 1888, p. 165-195.

Nous avons déjà parlé du Spéculum tapientix. V. Supra, §, 48, iv.

Dans son Opuscule contre les erreurs des Grecs, saint Thomas d'Aquin, soucieux d'étayer sur le témoignage de l'Eglise grecque le dogme de -a primauté du Saint-Siège, en appelle notamment au « Livre des trésors » de saint Cyrille d'Alexandrie. Il nous dit lui-même qu'il a puisé ses citations dans le Libeltus de pnrocessione Spirttus sancti, etc., œuvre d'une main inconnue, — qui dit emprunter les textes cités au H*, d'après une autre leçon, au III* Livre des trésors. — De l'opuscule de saint Thomas les citations ont passé dans une foule d'écrits théologiques de l'Occident. On ne retrouve pas ces textes dans les œuvres de saint Cyrille, et. pour peu qu'on y regarde de près, on doit les tenir décidément ponr apocryphes ; c'est probablement l'auteur du Libellus qui les a fabriqués. Cf. Reuseb, Les falsifications dans le traité de saint Thomas d'Aquin contre les Grecs : Mémoires de l'Académie de Bavière, Munich, 1889, in- 4°.

IX. Éditions complètes. Editions partielles. Anciennes traductions. — La première et dernière édition complète de saint Cyrille dans le texte original est l'œuvre d'un chanoine de Paris, J. Aubert, Paris, 1638, 6 vol. in -fol. — Sur d'autres éditions latines complètes et sur des éditions gréco-latines partielles d'un âge antérieur, v. Fabricius, Bibl. gr., éd. Harles, ix, 454-457, et Hoffmann, Lexique bibliographique, Leipzig, 1838-1845, i, 484-494. — Au xix* siècle, le cardinal Mai, plus que nul autre, a publié nombre d'ouvrages et de fragments de saint Cyrille, inconnus du chanoine Aubert; si bien que Migne, en reproduisant l'édition d'Aubert, P. G., lxviii-lxxvii, Paris, 1859, a pu l'enrichir d'amples suppléments. — De nos jours, Ph. Ed. Pusey, notamment, a préludé à une nouvelle édition complète par de précieuses éditions critiques partielles, mentionnées ci-après. - On a récemment découvert quelques fragments manuscrits de l'ouvrage Sur r adoration en esprit et en vérité (livres VII et VIII). Voir J. H. Bernard, On some fragments ofan uncial MS. of S. Cyril of Alexandria written on Papyrus, dans les Transactions of the Royal lrish Academy, t. XXIX, Part. 18, Dublin, 1892, p. 653-672.

Pour ce qui est de l'ouvrage contre Julien, nous avons déjà cité, §42, i, l'édition nouvelle où Neumann a recueilli les débris du travail de

l'empereur. Dans cette édition, p. 42-63, Nestlé a donné des fragments syriaques des livres XI-XX du patriarche d'Alexandrie.

Théologie polémique. Le cardinal Pitra, Analecla sacra et classica, Paris, 1888, P. I, p. 38-41, a publié des extraits manuscrits du Livre des trésors. — Pusey a fait paraître successivement les Trois EpUrcs œcuméniques, les Cinq livres contre Nestorius, V Explication des douze chapitres (analhématismes), les Deux apologies des douze chapitres, les Scoiies sur lJ Incarnation du Fils de Dieu, Oxford, 1875, in -8° ; puis, Y Exposition de la vraie foi à l'empereur, le Dialogue sur l'Incarnation du Verbe, les Expositions de la foi aux jeunes princesses, à Pulchérie et à l'impératrice, le Dialogue sur l'unité du Christ, Y Apologie à l'empereur, Oxford, 1877, in-8°. Le Dialogue sur V Incarnation du Verbe, ap. Migne, P. G., lxxv, 1189- 1254, n'est, aux yeux de Pusey, qu'une seconde édition, par Cyrille lui-même, de l'Exposition de la vraie foi à L'empereur. Au texte greo des deux ouvrages le savant Anglais a joint une traduction syriaque, œuvre de l'évêque d'Edesse, Rabulas (v. Infra, § 99, IV). Plusieurs fragments grec* et syriaques d'ouvrages théologico-polémiques, aujourd'hui perdus, ont trouvé place, avec les deux livres dédiés au diacre Tibérius contre les Anthropomorphites, dans l'édition que Pusey a donnée du commentaire de l'Evangile de saint Jean, Oxford, 1872, vol. III, p. 476-

Exégèse. Editions par Pusey du Commentaire sur les douze petits Prophètes, Oxford, 1868, 2 vol. in-8°, et du Commentaire sur l'Evangile de saint Jean, Oxford, 1872, 3 vol. in- 8°. Pusey a inséré, dans son édition de ce commentaire, t. III, p. 173-440, les fragments sur l'Ep. aux Romains, sur les deux Ep. aux Corinthiens et sur l'Ep. aux Hébreux ; vient ensuite, p. 441-451, une critique des fragments que Migne, P. G., lxxiv, 757-774, 1007-1024, a rassemblés, sur les Acles, sur l'Epltre de saint Jacques, sur les deux Epîtres de saint Pierre, sur la 1" Epître de saint Jean et sur celle de saint Jude.

Sermons et lettres. On trouve des fragments de sermons dans l'édition par Pusey du Commentaire sur l'Evangile de saint Jean, t. III, p. «452-475. Les trois Épiires œcuméniques éditées par Pusey n* sont que la seconde et la troisième lettres à Nestorius et la lettre à Jean d'Antioche (v. Supra, vi).

Plusieurs ouvrages de saint Cyrille ont été traduits en latin, du vivant de l'auteur, par Marius Mercator (v. Infra, § 73, î), notamment les trois lettres à Nestorius, les deux Apologies des anathématismes et les Scelies sur ilncarnation du Fils de Dieu (vtter opp. Marii Uerc. : Migne,

P. L.,XLVIll).

Une vieille version syriaque, indépendamment des ouvrages et dea

fragments publiés, comme on Ta dit plus haul, par Pusey et Nestlé, nous a conservé de très importants débris du Commentaire sur V Evangile de saint Lue : S. Cyrilli Alex, archiep. Commentarii in Lues evangelium qux supersunt syriace e manuseriptis apud muséum Britannicum edidit R. Payne Smith, Oxford, 1858, in-4°. — A Commentary upon the Gospel according to S. Luke, by S. Cyril... Nom first translated into English from an ancient Syriac version by R. Payne Smith, Oxford, 1859, 2 vol. in -8°. — Fragments of the homilies of Cyril of Alexandria on the Gospel of S. Luke, edited from a Nitrian Ms. by W. Wright, Londres, 1874, in-4«.

X. Travaux sur saint Cyrille. — A Ehrhard, Le rcspi tt,ç toù Kup(ou Èvav8pwTti5«u>ç attribué à S. Cyrille, œuvre de Théodore t de Cyr, Tubingue, 1888, in-8°. — Le même, Un sermon apocryphe de saint Cyrille sur la Très Sainte Vierge, c'est-à-dire YEncomium in S. Mariam Deiparam, ap. Migne, P. C, lxxvii, 1029-1040, dans la Rev. trim. romaine d'archéol. chrét. et o?hist. de l'Eglise, 1889, t. III, p. 97-113.

Y. le tableau de l'ancienne littérature dans Chevalier, Répertoire, 533-534. 2538. Parmi les auteurs modernes, contentons-nous de citer Kohlhofer, S. Cyrilïus Alexandrinus de sanctificatione, Wurtzbourg, 1860, in -8°; — J. Kopallik, Cyrille df Alexandrie % biographie puisée aux sources, Mayence, 1881, in-8°; — N. Pagidas, Cyrille, archevêque d'Alexandrie, Leipzig, 1884, in -8° ; — A. Largent, Etudes d'histoire ecclésiastique : S. Cyrille d'Alexandrie et le concile d'Ephèse, etc., Paris, 1892, in-8°. — Cf. Héfélé, Histoire des conciles (2« édit.), h, Ul-288 : Le troisième concile œcuménique à Ephèse en 431.

XI. Nestorius. — Les ouvrages, c'est-à-dire les sermons et les lettres de Nestorius (f après Tan 439), furent brûlés par ordre de l'empereur Théodose II. 11 en a survécu quelques débris dans les Actes du concile d'Ephèse, dans les écrits de saint Cyrille, notamment dans ses cinq livres Contre les blasphèmes de Nestorius (1), mais plus encore dans les traductions de Marius Mercator, Sermones Nestorii adv. Deigenilricem Mariam ; — Nestorii sermones IV adv. hœresim Pelagianam, etc. C'est la traduction

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