V. Supra, § 57, iv
Chrétienne \ que Soc rate (1) dépeint comme un ouvrage de vaste étendue, s 'écartant volontiers très loin de son sujet et où Tordre chronologique fait défaut. Sauf des extraits anonymes d'une exactitude douteuse, celte histoire est perdue, aussi bien que la réfutation parle même auteur des trois livres de l'empereur Julien Contre les Chrétiens (2).
Le même sort échut à trois autres écrits historiques plus ou moins contemporains, savoir Y Histoire ecclésiastique de Tapollinariste Timothée, évêque de Béryte, celle d'Hésychius, prêtre de Jérusalem (3), dont on ignore le titre exact, et une collection de conciles, Sova^T, ™* a'Jvo8tx£>v, de Sabinus, évêque d'Héraclée, en Thrace, du parti macédonien. Timothée, au rapport de Léonce de Byzance (4), ne poursuivait qu'un but, « la glorification d'Apollinaire >, et avait inséré, à cet effet, d'innombrables lettres échangées par son héros avec les hommes les plus distingués de l'époque. Le Ve concile œcunémique de Tan 553 se fit lire dans l'ouvrage d'Hésychius un portrait de Théodore de Mopsueste (5). Sabinus, qui traita du concile œcuménique de Nicée et des synodes particuliers qui le suivirent en Orient, jusqu'aux jours de l'empereur Valons (364-378), est accusé par Socrate (6), non pas une fois, d'avoir sciemment altéré et falsifié les faits dans l'intérêt du parti semi-arien.
Bien plus grand fut le succès de Y Histoire ecclésiastique 4e l'eunomien Philostorge de Cappadoce, quoiqu'elle aussi, au jugement de Photius (7), fût « beaucoup moins une histoire qu'un éloge des hérétiques — c'est-à-dire
1. Hist. eccl., vu, 27 : Migne, lxyii, 800-801. Cf. Photius, JSiblioth., cod. 35 : cm, 68.
2. Socr. L. c. Cf. Nicbph. Call., Hist. eccl.^ xiv, 29 : cxlvi, 1153.