‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 2 sur 374 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Écrivains grecs.

§ 42. • — Coup dœil général.

I. La victoire du christianisme. — L'édit de tolérance que Constantin et son collègue Licinius publièrent à Milan, au mois de janvier ou de février 313, rendit la paix à l'Eglise ; le pouvoir civil consacrait, malgré qu'il en eût, l'irrémédiable défaite du polythéisme officiel. De la tolérance à la faveur, du pied d'égalité à la suprématie, pour le christianisme, il n'y avait qu'un pas. En 337, Constantin, après de longs ajournements, recevait le baptême, et, lui mort, ses (ils, dès les premières années de leur règne, partaient en guerre contre le culte païen. Vainement Julien l'Apostat (361-363) s'efforce-t-il d'inoculer une vie

nouvelle au polythéisme expirant; l'échec de son entreprise fit éclater l'impuissance totale de la vieille religion à satisfaire aux besoins des temps nouveaux. Après Valentinien II, Théodose (392) proscrit sévèrement l'idolâtrie, qui devient un crime de lèse-majesté (1). Trente ans plus tard Théodose II assure qu'il ne reste plus, à sa connaissance, de païens en Orient (2).

Julien, dans cette campagne de Perse où il trouva la mort, avait composé un grand ouvrage en trois livres, Contre les chrétiens. « Je suis convaincu, écrivait-il au début, que la doctrine menteuse des Galiléens est une invention humaine, une œuvre de malice, et je ne crois pas devoir cacher à personne les motifs de ma conviction ». Ce travail ne nous est plus guère connu que par la réfutation qu'en a faite saint Cyrille d'Alexandrie (Cf. infra, § 59, m). Neumann en a rassemblé soigneusement les débris. Juliani imperatoris librorum contra Christianos qux supersunt, Leipzig, 1880, in-8°. — Cf. Journal des savants, 1882, p. 557. — P. Klimek, Conjectanea in Julianum et Cyrilli Alexandrini contra illum libros, Breslau, 1883, in-8°. — Th. Gollwitzer, Observationes criticx in Juliani Imperatoris contra Christianos libros, Erlangen, 1886, in-8*.

Sur les autres ouvrages de Julien, V. Christ, flist. de la litt. grecque, 2* éd., Munich, 4890, p. 676 et s. — G. Boissier, La fin du paganisme, 1. 1, p. 101-168, Paris, 1891.

II. Développement du dogme chrétien. — L'Eglise, hors de la fournaise des persécutions, respirait à peine, que déjà, dans ses entrailles, elle sentait de cruels et douloureux déchirements. Force lui était, en Orient comme en Occident, de repousser les assauts furieux de l'hérésie et de sauver, au prix de rudes combats, l'intégrité de la foi. Développer et définir le dogme, c'est le grand œuvre des siècles chrétiens qui nous occupent, et leur histoire en garde une particulière empreinte.

A PO rient surtout échut la tâche d'affirmer en des for-

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