I. Part de l'Occident dans le développement du dogme
— Les grandes luttes trinitaires et christologiques, qui agitèrent si profondément les Eglises orientales (1), ne pouvaient manquer d'avoir leur contre-coup dans l'Occident ; elles y passionnèrent longtemps les esprits.
Un des plus illustres écrivains de l'Eglise latine, saint Hilaire de Poitiers, considère la lutte contre l'Arianisme comme la tâche providentielle de sa vie entière.
Ces communs combats n'empêchent pas la diversité de tendance déjà signalée (2) entre le génie de l'Orient et celui de l'Occident d'aller s'accentuant à cette époque avec une netteté croissante. L'Occident s'attache beaucoup moins à la conception spéculative de l'idée divine qu'à l'étude du devoir pratique de l'homme. Aussi ne voit-on surgir chez les Latins, au cours de toute cette période, qu'une seule controverse doctrinale d'importance et cette contro-
i. Cf. § 42, h.