FIRMICUS MATERNUS
nom de Firmicus Maternus ne soit nullement celui de l'auteur, qu'il lui ait été donné par suite de la fausse attribution de l'ouvrage à l'astrologue païen.
L'écrit s'en prend d'abord et surtout aux mystères, dernier refuge du paganisme. Il met à nu la grossière superstition et l'immoralité contre-nature de plusieurs de ces cultes ésotériques, ch. vi-xvii; il essaye ensuite de prouver que les mots d'ordre auxquels les initiés se reconnaissaient, signa vel symbola, n'étaient que des singeries diaboliques des paroles de l'Ecriture, surtout des Prophètes, ch. xviii-xxviii. Gomme conclusion, ch. xxix-xxx, on rappelle aux empereurs avec insistance, en invoquant l'Ancien Testament, le devoir d'extirper les derniers restes du paganisme; pour récompense de l'accomplissement de ce devoir, on leur fait espérer de nouveaux témoignages de la divine miséricorde, qui déjà, à cause de leur foi, a tant béni leur gouvernement.
On ne saurait excuser l'opuscule d'un certain fanatisme, qui ne fait pas scrupule d'en appeler aux moyens violents. Mais l'auteur a conscience d'agir dans l'intérêt des païens eux-mêmes : une fois guéri, le malade est reconnaissant des remèdes désagréables et douloureux que vous lui avez administrés, ch. xvn. Nul autre ouvrage n'offre une peinture aussi vraie et aussi exacte du paganisme du iv* siècle. L'ample témoignage au sujet de la Sainte-Eucharistie, au ch.xix, est précieux pour l'histoire du dogme. Le style est plein de vie et de mouvement, et la langue relativement pure, quoique non exempte d'expressions populaires.
n'empêche qu'ils soient d'un môme écrivain, converti au christianisme dans l'intervalle des deux ouvrages. En est-il réellement aussi ? La comparaison de la langue de la Mathesis et du De errtvre, doit le décider. Clifford H. Moore, après une sérieuse étude du vocabulaire, dans sa thèse de doctorat, Julius Firmicus Maternus, le païen et le chrétien, Munich, 1897, se prononce pour l'affirmative. (N. dis T.;.
Sur le codez Vaticaao-Palatinus, v. A. Reifferscheid, Bibliolh. Pair* lai. Italien, i, 268-239. — L'édition princeps fut donnée par M. Flacius Illyricu8, Strasbourg, 1563, in -8°. Elle a servi de base à toute une série de réimpressions plus ou moins fidèles, notamment dans Galland, Bibl. vei. Patr.,v, 21-39 ; dans Migne, P. L., zii, 971-1050. Noas devons des éditions nouvelles, d'après une étude plus scrupuleuse du manuscrit, à a Bursian, Leipz. 1856, in-8», et à G. Halm, Vienne, 1867 (dans le Corpus Script, eccl. lat.f h : Cf. Supra, § 35, ?). Littérature, dans Chevalier, Répertoire , 740.
L'ouvrage de l'homonyme païen est une théorie complète de l'astrologie. G. Sittl en a commencé une édition : Jul. Firm. Materni Matheseos libri VHI. Pars I*f Libri I-IV, Leipz. 1891, in-8°.
§64. — Saint Ht faire à Poitiers.
I. Sa vie. — L'église d'Occident fut elle-même profondément secouée par les agitations ariennes. On connaît le beau mot de saint Jérôme sur la déplorable issue des conciles simultanés de Séleucie et de Rimini : « Tout l'univers gémit et s'éfonna d'être arien (1) ». Ce fut au moment des plus grands succès de TArianisme ou plutôt du semi-Arianisme qu'en Gaule une brillante étoile commença à répandre dans la nuit orageuse sa pure et bienfaisante lumière : on a reconnu saint Hilaire de Poitiers, théologien aussi profond qu'éloquent, âme douce et tendre, mais pleine d'une royale franchise. La dénomination habituelle d' « Athanase de l'Occident » s'appliquerait, il est vrai, plus complètement à Hosuis de Gordoue (2) ; mais Hilaire n'en fut pas moins un des principaux instruments dont la
1. Altère. Lucif. et orthod., c. 19 : Migrb, P. L.t xxui, 172.