‹ Les pères de l'église; (volume 2)Chapitre 204 sur 374 · Cf. Infva% § 69, i · texte numérisé non relu

Cf. Infva% § 69, i

Providence se servit pour sauver l'orthodoxie battue en brèche par l'Arianisme.

Issu d'une famille païenne des plus distinguées de Poitiers en Aquitaine, Hilaire vit le jour probablement dans la deuxième décade du iv* siècle. Dès sa plus tendre jeunesse il se voua avec un zèle ardent à l'étude des lettres latines et grecques. Gomme la philosophie païenne, interrogée sur la fin et le but de la vie humaine, le laissait sans réponse, Hilaire fut amené comme par hasard à ouvrir les Saintes Ecritures , où il trouva ce qu'il cherchait. Il a décrit lui-même, au début de son grand ouvrage Sur la Trinité (1), le chemin qui le conduisit à la connaissance de la vérité et à la foi chrétienne.

11 ne tarda pas à recevoir le baptême, et bientôt après, semble-t-il, le choix unanime du clergé et du peuple releva sur le siège épiscopai de sa ville natale ; en 355, d'après son propre témoignage (2), il l'occupait déjà depuis quelque temps. Il ne parut pas au Concile de Milan (355), où le brutal despotisme de Constance extorqua aux Pères la condamnation de saint Athanase ; mais il n'en ressentit pas moins les suites de cette victoire de l'Arianisme. Le métropolitain Saturnin d'Arles, du parti arien, voulut poursuivre le succès obtenu et imposer Terreur à toute l'Eglise des Gaules. L'évêque de Poitiers s'éleva contre lui et décida ses collègues gaulois demeurés orthodoxes à se séparer ouvertement de la communion des Ariens. Saturnin répondit à cette excommunication en portant devant l'empereur, contre ses adversaires, une accusation de tiédeur politique et, sur le rapport mensonger d'un concile que l'archevêque d'Arles réunit au printemps de 356, à Béziers en Languedoc, Hilaire fut relégué par Constance dans le diocèse d'Asie.

Durant cet exil, où il semble du reste avoir été assez libre

i. De trinit.i i, i et suiv. : Migke, P. L., x, 25 et suiv. 2. De Synod., 91 : Miche, x, 545.

de ses mouvements, il résida surtout en Phrygie. L'étude des Pères grecs, pour laquelle le séjour de l'Orient offrait toute facilité, mûrit ses idées théologiques. Il écrivit alors son plus important ouvrage, et la première inspiration de ses hymnes remonte à la même époque. L'an 359, après avoir assisté au concile de Séleucie, capitale de l'Isa u rie, il se rendit avec les députés synodaux à la cour de Gonstantinople ; mais les intrigues des Ariens, qui le représentaient comme c le perturbateur de l'Orient *, le firent renvoyer en Gaule (1).

11 reprit donc, au commencement de 360, le chemin de la patrie, traversa l'Italie et fut reçu en Gaule avec des applaudissements universels. Son premier souci allait à guérir les plaies que l'Arianisme, que Saturnin surtout, avait faites à l'Eglise des Gaules. Par sa prudence et sa bonté, les nombreux évêques qui n'avaient souscrit un symbole arien que sous la pression de la force ou par ignorance, se virent faciliter le retour à la communion ecclésiastique. Au concile national de Paris de l'an 361, préparé par plusieurs conciles provinciaux, Hilaire parvint à réunir presque tout l'épiscopat gaulois autour du symbole de Nicée et à faire rendre une sentence de déposition contre Saturnin. Sulpice Sévère conclut le récit de ces événements en affirmant, comme « un fait constant pour tous, que les Gaules avaient été délivrées de la souillure de l'hérésie par le bienfait du seul Hilaire (2). *

L'action du grand évêque s'étendait jusqu'à l'Italie. En 364, il présida à Milan un concile qui devait examiner la foi de l'évêque de cette ville, de l'Arien Auxence. Mais Auxence sut tromper l'empereur Yalentinien, et Hilaire se vit obligé de quitter Milan. Il mourut dans sa ville natale, c la sixième année après son retour » de l'exil (3),

1. « Quasi discordifo seminarium et perturbator Orientis redire ad Gallias jubetur absque exila indulgentia. » Sulp. Sbv. Chronio, h, 45, 3. Ed. Halm.

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